4685

CHRONIQUE PAR ...

15
Flower King
Cette chronique a été mise en ligne le 21 juin 2011
Sa note : 13/20

LINE UP

-Bastien Emig
(chant+piano)

-Daniel Wicke
(basse)

-Dennis Otto
(batterie)

TRACKLIST

1)Heaven Inside
2)Pandemonium
3)Elekbö
4)At Her Side
5)Vortex
6)Life Is Up To You
7)The Healer (incl. Remedy)
8)Yue
9)Soul Apart
10)Stardust (feat. Inga)
11)A Hanging Matter
12)Prestinate
13)Heya
14)Universe

DISCOGRAPHIE


In Legend - Ballads 'N' Bullets
(2011) - heavy metal piano forte - Label : Steamhammer



J’ai un pote pâtissier, il a eu une idée géniale. Il a pris un livre de recettes de desserts, et il s’est dit, comme ça, qu’il allait toutes les refaire, mais en dégageant systématiquement le chocolat et en le remplaçant par des fruits ! Trop extra ! Du coup, on a testé, et il y a des fois où ça marchait du tonnerre (la tarte aux pommes, c’était carrément la même quoi !), d’autres fois où ça ne marchait pas trop (le mi-cuit aux fruits, bof) et dans l’ensemble, c’était sympa mais au final, bah… ça manquait tout de même de chocolat.

Le concept est simple : prenez votre metal, épurez-le de toute guitare et mettez –y le piano en instrument central. Si cette idée – ainsi que la pochette – vous rappelle un groupe français produit par monsieur Robinson, n’y pensez plus : l’optique d’In Legend est complètement différente. Pas de catharsis ici, mais du morceau court et profilé en tube, aux lignes vocales travaillées et au refrain qui claque dans la mesure du possible. Bastian, chanteur/pianiste/leader porte le projet à bout de bras et il s’en donne les moyens : sa voix chaude et au léger grain agressif se place au premier plan de ses compositions et ce n’est pas un mauvais choix, en particulier sur les titres les plus directs et costauds, où il donne le change et permet presque de faire oublier l’absence de guitare. « Presque », car il a beau taper dans les graves de son piano pour remplacer la lourdeur et la distorsion des six-cordes, on a souvent l’impression qu’il manque une couleur sur la palette.

"Pandemonium", par exemple, aurait de quoi briller avec sa rythmique en béton et son refrain aux petites oignons ; mais en l’état, elle sonne comme la demo-track de ce qui pourrait être un gros carton. Même chose pour "Heaven Inside", ou pour "Soul Apart"… me seul titre « in your face » où l’on puisse faire abstraction de ce manque est l’excellent "Prestinate", où l’attention est constamment portée sur les lignes de chant – particulièrement le refrain, énorme – grâce à un Bastien qui sonne bien revanchard pour l’occasion. Mais conscient que le projet ne peut pas miser sur une seule carte, son meneur prend des chemins de traverse, quitte à engendrer quelques anomalies : lorsque démarrent la rythmique « boom-boom » et le chant rocailleux d’"Elekbö" on a l’impression de se retrouver devant du Scooter, et plus loin le piano de "Vortex" a de sérieuses réminiscences de Robert Miles, à croire que Dance Machine 96 s’est retrouvé dans la platine…

Ce n’est pas désagréable en soi, et les 2 morceaux sus-cités ne se limitent pas à cet aspect, mais tout de même, on est un poil décontenancé. Et bien sûr, qui dit album avec claviers dit ballades obligatoires, et comme bien souvent, l’attention se dissipe à ses moments critiques. On appréciera que Bastien ait autant bossé les refrains de cette facette que sur la partie la plus agressive, mais tout de même, un trop plein de mielleux se fait ressentir. Du coup, lorsque débarque sur la pointe des pieds l’instrumental piano solo, on serre les dents en se répétant que ce n’est qu’un mauvais moment à passer… et on se retrouve avec l’excellente surprise du disque. "Yue" montre que le bonhomme a le chic pour composer des thèmes simples, forts, et touchants, le tout sans la moindre esbroufe. Pas d’école Rudess ici, pas de virtuosité déplacée : juste une ritournelle qui se développe et s’étend le temps de cinq minutes en suspension, on est bien, et voilà. Pas besoin de plus.


Ballads ‘N’ Bullets n’aura sans doute pas le retentissement d’Apocalyptica en son temps : la formule est sympathique, mais pas révolutionnaire, et ses résultats ne sont pas toujours concluants. Mais derrière ce gimmick « piano metal » se cache un faiseur de tubes et un compositeur solide qui gagnerait à sortir de l’ombre, qu’il ait besoin ou pas de rebrancher les guitares pour ce faire. À surveiller.



©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 1 polaroid milieu 1 polaroid gauche 1