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CHRONIQUE PAR ...

89
Fealakwen
Cette chronique a été mise en ligne le 05 juin 2011
Sa note : 11/20

LINE UP

-Kurt Bachman
(chant+guitare)

-Kevin Leaman
(guitare)

-Elton Nestler
(basse)

-Jeff King
(claviers)

-Joey Daub 
(batterie)


TRACKLIST

1)Lie Awake
2)G.U.T.
3)Multiverse
4)End of Infinity
5)Transfection
6)Clean Room
7)Currents
8)Traveler
9)Ego Machine
10)Being No One
11)Entanglement
12)
Mindsteps

DISCOGRAPHIE

Gabriel (2009)
Transhuman (2011)

Believer - Transhuman
(2011) - thrash metal Thrash Progifieur MetalCorisé - Label : Metal Blade Records



Believer, un groupe Américain (« et bam, un point en moins ! »), connu (« ouais, enfin par les vrais fans, pas toi.... ») pour ses précédents albums de Thrash, avec des éléments qu'on qualifiera de Sympho (« et oui, un mélange encore plus écœurant que du beurre-nutella ») et ouvertement Chrétien (« mon Dieu, que de défauts ») a décidé de se reconvertir, après avoir constaté l'épuisement de sa formule précédente. Puisque toutes les reconversions du monde Metal sont excellentes, et c'est In Flames qui le dit, on ne peut que se réjouir du passage au Progressif de ce fier étalon. Si, j'y crois.


La première écoute parle beaucoup moins à l'auditeur que celles des productions précédentes du combo qui n'étaient pas si mauvaises, bien que l'intro de cette chronique semble faire comprendre le contraire (ça fait vendre). Mais Transhuman a un gros défaut : tous ses morceaux, sans la moindre exception, sont en mid-tempo. Ce n'est pas forcément une tare, mais c'est un obstacle difficile à surmonter au vu du passif survolté de la formation. Et de façon plus globale, tout l'album est un peu mou, et donne la mauvaise impression de jouer sur un faux rythme, un peu comme un match de qualification de l'équipe de France face aux Féroé. Si tu ne regardes pas ces matchs, et bien tu n'as pas tort. N'allons pas jusqu'à dire que ce conseil vaut aussi pour l'album ici dépeint, ce serait médisant. Quoique... avec trente bpm de plus, le disque aurait pu blaster tranquillement, comme dans le bon vieux temps. Seulement, il semble bien que c'est là trop demander, le grand âge des musiciens n'aidant pas vraiment. Le seul changement de tempo aura lieu dans le mauvais sens : sur "Currents", une instrumentale électro tout droit sortie de Meteora, Linkin Park. Ouais, le niveau des références est haut.

D'ailleurs, toute la galette a tendance à s'éparpiller sans trop trouver sa voie. De l'électro donc, mais pas que. "Transfection" se fendra ainsi d'une intro sympa au xylophone, hélas classée sans suite. Le chant va chercher de l'inspiration de tous les côtés, on en reparlera. On va piquer un tremolo picking et des rythmiques complexes chez Meshuggah, le talent en moins. Les parties instrumentales sont d'ailleurs plutôt insipides. Une basse anémiée, et un batteur presque élevé au rang de poseur de mélodie, tant les guitares s'effacent : c'est simple, on a deux gratteux rythmiques. Un seul vrai solo sur ce disque, offert à "G.U.T", une des rares pistes qui ne s'oublient pas. Fuck Yeah. A part ça, on prend un riff, qu'on répète inlassablement, espérant que la sauce prenne. Et bien non. Pour compenser tout ce vide, voilà un synthé qui ouvre l'album sur un son affreusement cheap. Il nous manque donc le chant, qu'il faudra, hélas, bien aborder. Rage du Thrash adieu, bonjour les aigus screamés d'un metalcore horripilant. C'est quelque part du côté de chez Rise Against qu'ils l'auront chipé cette fois. Les vocaux sont d'ailleurs presque toujours amenés de la même façon, avec un ton montant et une note aiguë maintenue, traînante et langoureuse, franchement soporifique.

Alors, ces bons croyants ne méritent-ils pas le salut devant l’Éternel ? Globalement, certainement pas. Mais les bons points existent tout de même ! Ce chant insipide d'abord, n'est pas présent sur tout le skeud, et Kurt Bachman fait parfois preuve d'une large plage sonore, avec un chant clair sympa comme tout sur "Traveler", et un quasi growl typé Hatebreed bien comme il faut au décours d'"Ego Machine". Après de nombreuses tentatives, les mélodies de "Multiverse" et les riffs d'"End of Infinity" se révèlent enfin, et rendent l'écoute pas si désagréable. Seulement, il faudra pour cela se les farcir, ces approches infructueuses. Et ce n'est pas l'opacité première des morceaux qui y aidera, avec leur production bien trop froide. On aurait pu attendre des effets de spatialisation pour mettre en valeur ces mid tempos assez posés, et un meilleur travail sur les guitares qui auraient gagné à être plus acérées, afin de coller avec ce chant clair et froid. Au lieu de cela, le traitement est aussi neutre que le pH de votre bouteille de Volvic, ne sauvant pas ce clavier sans saveur, et ces cordes trop molles. Fade. Malgré ça, ils réussissent l'exploit (et ce sera bien le seul) d'utiliser des structures affreusement basiques du début à la fin. Si tu comprends ce jeu de mot, tu n'es qu'un sale geek.


Bref, un album qui cherche une orientation valable sans en trouver une, qui multiplie les influences trop peu judicieuses, et qui donne sérieusement l'impression d'un travail embryonnaire et non abouti. Dommage, car l'expérience de ces vieux routiers du Metal peut donner quelque chose de valable, on l'a déjà vu. Mais en l'état, ce disque risque bien de décevoir le fidèle adepte par son manque de tonus, et de rater sa cible qu'est le progueux, qui ne se penchera pas un travail trop peu fouillé et manquant d'originalité.




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