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CHRONIQUE PAR ...

2
Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 16/20

LINE UP

-Robb Flynn
(chant+guitare)

-Ahrue Luster
(guitare)

-Adam Duce
(basse)

-Dave Mc Clain
(batterie)


TRACKLIST

1)Enter The Phoenix
2)Desire To Fire
3)Nothing Left
4)The Blood, The Sweat, The Tears
5)Silver
6)From This Day
7)Exhale The Vile
8)Message In A Bottle
9)Devil With The King's Card
10)I Defy
11)Five
12)The Burning Red

DISCOGRAPHIE


Machine Head - The Burning Red
(1999) - néo metal - Label : Roadrunner Records



The Burning Red, ou l'album qui fâche par excellence. Après un premier album qui lui avait valu le respect de toute la scène thrash, le groupe avait enchaîné sur un second méfait assez réussi bien que très (trop?) semblable à son prédécesseur. Et d'un seul coup, ils nous font le coup du changement d'orientation brutal!! Avec un Ross Robinson aux manettes dont tout le monde oublie qu'il a produit Roots de Sepultura et n'est pas que "Monsieur Korn", le groupe prête le flanc aux attaques de tous bords en incluant le néo dans sa palette. Mais quand c'est bon…

Je dois absolument commencer cette chronique par une remarque concernant le chant de Robb Flynn. Les critiques (et les fans) se sont focalisés sur l'utilisation du chant clair et du chant rappé, et ont évidemment hurlé au blasphème. Mais on trouve du chant clair, rarement il est vrai, sur les deux premiers albums (écoutez "None But My Own" ou "Ten Ton Hammer") et les possesseurs de la version digipak de The More Things Change… savent que le groupe avait repris "Colours" d'Ice-T à l'époque. Non, la nouveauté dans le chant de Flynn, c'est l'apparition du gros hurlement thrash, lui qui s'était contenté de l'agressif/mélodique auparavant. Et il le fait très, très bien, c'est un hurleur de première catégorie! Même son chant agressif/mélodique sonne plus brutal, et on sent en général que l'homme a acquis une technique vocale qu'il ne maîtrisait pas encore parfaitement sur les deux premiers albums. C'est à partir de The Burning Red que Robb Flynn a commencé à s'affirmer comme un excellent chanteur capable de moduler sa voix à volonté, comme il l'a ensuite montré sur Hellalive. Fin de l'aparté.

La première impression en écoutant The Burning Red est la suivante: ne faisons pas les choses à moitié, se sont dit les gars de Machine Head, et changeons les deux éléments qui nous ont rendu célèbre: nos compos et notre son. Rien que ça! Le riff du premier titre, "Desire To Fire", désarçonne à la fois par son côté très néo/hardcore et le fait que les guitares ont perdu ce côté énorme, râpeux, qui était la signature du son Colin Richardson. Elles sont plus en arrière qu'avant, et on a à peine le temps de s'apercevoir que la batterie est bien moins démonstrative qu'avant qu'un break Kornien arrive… avant le début du couplet, en rap!

Honnêtement, la première fois, ça surprend. Surtout que le titre suivant, "Nothing Left", ne casse pas des briques… On panique. En gros, en termes musicaux, Machine Head a insufflé une bonne dose de néo dans sa musique, et tenté de marier la sauce avec ses gros riffs habituels et sa lourdeur haineuse. Qui dit néo dit chant modulé, riffs syncopés "jumpy" et ambiances chelou de temps en temps (pour faire simple). Et chant rap sur deux chansons… En ce qui concerne "Desire To Fire", c'est une tuerie en live, et une fois vue sur scène je l'ai trouvée agréable à écouter sur CD. Pour le reste de l'album, et bien une fois passée la surprise (et "Nothing Left", titre faiblard) ça fonctionne vraiment pas mal…

L'avantage, c'est que la palette de Robb Flynn peut réellement s'exprimer maintenant que le groupe varie les ambiances: si le chant clair revient souvent, c'est pour exploiter le bon vieux principe de la montée en puissance s'achevant sur des hurlements de goret. Qui fonctionne, car abordée à chaque fois d'une manière différente. Et l'autre avantage, c'est que Machine Head sait toujours pondre des riffs. Et des riffs violents, comme sur "The Blood", The Sweat, The Tears", qui reste un titre qui décoiffe. Le beat de batterie disco du couplet passe incroyablement bien, et le refrain brutal comme le break mélodique donnent à la chanson une dynamique sans faille. En ce qui concerne les mélodies c'est aussi un bon point, une chanson comme "Silver" étant un exemple de la capacité du groupe à imprimer la totalité d'une ligne mélodique dans le crâne de l'auditeur. Flynn insuffle par son seul chant le côté âpre du refrain, mais c'est la cohérence du tout qui frappe. C'est bon!

En plus, il s'avère que niveau ambiances Machine Head se défend pas mal, et les tentatives de couplet à coup de guitares limite dissonantes comme sur "Five" ou "I Defy" se terminant sur un refrain heavy de chez heavy sont des succès. "Five" commence à ce propos un cycle car c'est la première chanson autobiographique de Flynn (on lui a fait des choses regrettables quand il avait cinq ans), et c'est sur ce titre que l'émotion et la rage du chant sont les plus saisissants, pour déboucher sur un final où Robb s'effondre en larmes tandis que Robinson laisse tourner le magnéto. Ce titre est glaçant, génial, écorché. Même sur le dernier album je n'ai plus entendu le chanteur laisser à ce point exploser sa rage… Après tout, un bon groupe est aussi un groupe qui écrit des chansons qui marquent l'auditeur.

On sent un groupe qui, bien qu'ayant pris une direction musicale plus accessible, l'a fait sincèrement, par goût, et s'éclate à composer les meilleures chansons possibles. Au final il y a peu à jeter, avec des titres à la fois violents, construits, accessibles et très bien exécutés. Le titre "The Burning Red" est bizarre, compo perso de Flynn sur une boîte à rythme avec un peu de clavier, qui aurait pu faire un bon slow dépressif sans le "ouuuu" aigu de la fin. La reprise de "Message In A Bottle" de Police est sujette à débat, en tout cas ça ne ressemble ni à du Police, ni à du Machine Head!


Il me semble que ce CD présente suffisamment de très bonnes chansons pour qu'on ne rechigne pas sur un ou deux titres, et si vous êtes suffisamment ouverts d'esprit pour admettre que c'est le même groupe qui a pondu Davidian, vous devriez prendre plaisir à écouter cet album, autrement plus inventif et aventureux que The More Things Change


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