4631

CHRONIQUE PAR ...

2
Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été mise en ligne le 29 mai 2011
Sa note : 13/20

LINE UP

-Marko Romero
(chant)

-Frederic De Cecco
(guitare)

-Fabian Ferraglia
(basse)

-Alex Anxionna
(batterie+machines)

TRACKLIST

1)Propagate
2)Subversive Mind
3)Retribution Engine
4)Ruins
5)Digital Structures
6)Falling
7)EC-10
8)Customized Genotype
9)Spirals
10)System Failure

DISCOGRAPHIE


Breach The Void - The Monochromatic Era
(2010) - indus electro - Label : Coroner Records



Un truc marrant et frustrant à la fois, c'est que certains genres ne permettent visiblement pas de sortir de certains thèmes. Pourtant ce ne serait pas cool un groupe de power mélodique qui parlerait d'apocalypse zombie au lieu de licornes et de dragons ? Ou un groupe de métal indus qui parlerait de cuir, de bière et de bécanes, pour changer... non ? Ah ben non, pas cette fois-ci. Il suffit de mater la tracklist de cet album de Breach The Void pour constater qu'une fois encore, l'exploration d'un monde futuriste et la relation entre l'homme et la machine vont être au menu. 'Sont pénibles ces groupes, franchement. Aucune inventivité, tiens.

Récapitulatif rapide : l'univers cyber susmentionné comme toile de fond, incarné par des claviers volontairement froids. Une musique rythmique à basse de riffs en salves guitare / double-pédale. Un chant qui alterne hurlements et passages en clair. Vous me voyez venir ? Et oui, Breach The Void va avoir droit à la traditionnelle comparaison avec Fear Factory, et s'en sortir moyennement amoché. Moyennement, car si les parallèles énoncés ci-avant ne sont pas une vue de l'esprit et que le grain comme le placement rythmique de Marko Romero rappellent fortement l'ami Burton. D'un autre côté Alex Axionna vient de Sybreed et ça se sent, car les machines sont bien plus présentes que chez Fear Factory et viennent apporter un côté dansant assumé à la mixture des Suisses. On est un peu face à une musique hybride entre ces deux références du métal électro, ce qui constitue la limite artistique évidente du combo. Le groupe navigue entre deux eaux, et sait être clairement plus orienté efficacité que violence à bien des moments : un titre comme "Falling" lie ainsi un couplet mélodique à la "Hyperdrive" de Townsend à un court bridge hurlé avant de repartir sur un refrain chanté, mettant clairement la barre du côté de l'accessible.

Les transitions entre plans syncopés beuglés et envolées lyriques en clair sont systématiquement soignées : Breach The Void maîtrise son sujet, sait utiliser les claviers pour assurer la cohésion de ses chansons et chaque musicien est calé à la milliseconde. Malheureusement cela ne suffit plus pour espérer s'en sortir quand on est un groupe de métal indus suisse : la scène est quelque peu surchargée et un groupe qui se contente de très bien émuler les qualités de ses modèles ne peut prétendre à être autre chose qu'un second couteau. Après il reste le critère propre au genre pratiqué, fait aussi pour faire sauter des gens dans le pit : l'efficacité. De ce côté il faut reconnaître que The Monochromatic Era se défend pas mal, se révélant un album qui fout la patate le temps d'une demi-douzaine de chansons. Et même si au bout d'un moment le retour systématique du chant clair peut finir par lasser, nul doute qu'un set d'une quarantaine de minutes de cette mixture saura combler le fan de cyber-métal qui les découvrira en première partie d'une de ses idoles. C'est pêchu, bien torché, ça envoie le bois d'une manière raisonnable et on le fredonne une fois le disque fini... c'est juste dépourvu d'âme. Ça ne dépasse jamais le stade du simple divertissement.


The Monochromatic Era se hisse dans la tranche supérieure de la moyenne grâce à une exécution sans faille et un sens certain du plan catchy que l'on retient. Mais si l'emballage est attrayant la part de réelle créativité est bien réduite, et Breach The Void ne risque pas de marquer réellement les esprit avec ça. De bons faiseurs, mais des faiseurs tout de même...


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 1 polaroid milieu 1 polaroid gauche 1