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CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 24 mai 2011
Sa note : 10.5/20

LINE UP

-Filip “Flype” Lemmens 
(chant) 

-Erwin Suetens 
(guitare) 

-Steve Deleu 
(guitare) 

-Metalpat 
(basse) 

-Tom Heijnen 
(batterie) 

TRACKLIST

1)Coastal Battery
2)The Only Way
3)Firestorm
4)Horus (Bringer Of Order)
5)1302 – Battle For Freedom
6)Moonlight Lady
7)Annihilation
8)Fly Arrow Fly (Crecy 1346)
9)Mona Lisa
10)Hold Your Ground
11)Born to Play Metal
12)Metal Rages On

DISCOGRAPHIE

March On (2011)

Fireforce - March On
(2011) - heavy metal - Label : 7 Hard




80ème mise à jour des Eternels, planning de Kroboy : Fireforce, sûrement un groupe de true metal avec un nom pareil. Et ça nous vient de… ah merde, Massacre Records. Pour les non-initiés, il faut savoir que généralement, les albums de heavy signés ou distribués par le label allemand sont plus proches d’un Wigan - Blackpool que d’un Manchester United - Arsenal. Mais bon, ne soyons pas trop pessimistes, ce genre de rencontres peu attrayantes nous réserve parfois d’excellentes surprises.


Et ça commence d’ailleurs comme un bon vieux match anglais de bas de tableau. Ah c’est sûr, niveau technique, on n’a pas affaire à des cadors, à l’image du chanteur : souvent à l’arrache, il semble même carrément à l’agonie sur certains passages. Déjà que son accent anglais est plutôt du genre douteux… Mais par contre, physiquement, ça déménage ! Flype envoie tout ce qu’il a, en rajoute un max au niveau agressivité et parvient ainsi à sauver les meubles. Derrière, ça ne rigole pas non plus : avec "Coastal Battery", les Belges attaquent fort avec une rythmique à la Running Wild servie par une production âpre et puissante, puis envoient ensuite le gros refrain musclé, pas très recherché musicalement mais qui fait mal à la tronche. On flirte même avec le thrash avec "The Only Way" : l'intro rappelle fortement celle de "Thrown to the Wolves" de Death Angel, et la suite mélange habilement heavy et thrash à la manière de Helstar.

Mais voilà, un Wigan – Blackpool, dès que l'intensité physique retombe un peu, l'absence de fond de jeu se fait cruellement sentir et on finit par s'emmerder au bout d'un quart d'heure. Les premiers signes de faiblesse se font sentir sur "Firestorm". Ce mid tempo débute pourtant de fort belle manière avec un riff carré de chez carré à la Brainstorm ; mais si le couplet est du niveau Accept, le refrain simplet est plutôt du niveau d'U.D.O. et vient instantanément gâcher le plaisir. Les Belges ne font pas davantage preuve d'imagination sur le médiocre "Horus". L'intro de "1302 – Battle For Freedom" est déjà beaucoup plus prometteuse, avec un côté thrash mélodique pas déplaisant, mais ce n'est qu'un leurre : après un plan qui dure déjà une trentaine de secondes, on se demande quel est l'intérêt de le répéter une seconde fois note pour note. La réponse est simple : parce que le reste du morceau ne présente pas grand intérêt…

La deuxième mi-temps se déroule un peu sur le même schéma : les Belges ont dû se faire remonter les bretelles dans les vestiaires car ils repartent pied au plancher, le couteau entre les dents. "Moonlight Lady" sonne le début du quart d'heure speed mélodique dans une ambiance très Gamma Raysque, dans la musique comme dans le chant puisque Flype imite Hansen à la perfection, jusqu'à reproduire les moindres difficultés techniques du nabot. Dans la même veine, "Annihilation" se situe un petit cran en dessous mais tient tout de même parfaitement la route. C'est finalement "Fly Arrow Fly", en dépit de paroles profondément débiles (ce refrain, mon Dieu…) qui rafle la mise grâce à son couplet hargneux et ses parties musicales intéressantes. Cette bonne petite triplette aurait même gagné à être mieux répartie sur l'album, car les bonnes intentions prennent vite fin avec "Mona Lisa", d'une platitude à faire peur.

Les paroles d'après-match sont elles aussi dignes des footeux (« on était bien en place », « on a respecté les consignes du coach », « on ne s'enflamme pas, on prend les matches les uns après les autres » et autres banalités de ce genre). On commence par "Hold Your Ground" qui nous parle de Metal Warriors qui raisent leur fist. On dirait du Manowar, ce qui est en décalage complet avec l'influence hard US plutôt cool qui se dégage de ce titre. Pour "Born to Play Metal", pas besoin de vous faire un dessin. Cette fois, c'est en adéquation parfaite avec ce titre à l'allemande, dont on appréciera la montée d'adrénaline sur un refrain bas du front. Quant à l'instrumental de fin, Fireforce n'a rien trouvé de mieux que de l'affubler d'un nom caricatural, en l'occurrence "Metal Rages On". Si ce morceau de 3 minutes influencé par Megadeth s'écoute sans déplaisir, il sent tout de même le remplissage à plein nez et s'oublie très rapidement.


Deux bons titres pour commencer, puis beaucoup de moyens et un peu de mauvais derrière. La sentence peut paraître sévère, mais il faut bien avouer qu'on ne vibre que très rarement au cours de ces 50 minutes. Des albums de heavy musclé et très classique comme ce March On, il y en a des tonnes sur le marché, et Fireforce est loin d'être le groupe le plus convaincant sur ce créneau déjà bien occupé. À réserver aux fétichistes du heavy bas de gamme option pochette hideuse.


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