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CHRONIQUE PAR ...

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Gazus
Cette chronique a été mise en ligne le 22 mai 2011
Sa note : 15.5/20

LINE UP

-Julien Deyres
(chant)

-Claude Abi Rached
(chant)

-Jonathan Rauzy
(guitare)

-Mikael André
(guitare)

-Florian Rubio
(basse)

-Théo Astorga
(batterie)

TRACKLIST

1)From Beginning...
2)Wake Me Up When I Am Dead
3)
Satan Is Love
4)
A Journey Begins
5)
Drop the Shell and Climb the Mountain
6)
Sleeping Rug
7)
The Memorial Part I - The Obsidian Age
8)
The Memorial Part II - First Death Experience
9)
Six Billions White Stains
10)
I Believe In Ghosts
11)Leila
12)
Solitude
13)
Women Are Dead
14)...to End

DISCOGRAPHIE


Zubrowska - Zubrowska Are Dead
(2011) - postcore death metal barré - Label : Bollocks Records



Non, il n’est pas question ici d’alcool issu de la fermentation du seigle agrémenté d’herbe de bison. Non, il n’est pas question non plus d’une musique entraînante agrémentée de skanks de guitare et de pêches savantes de cuivres. Non, il n’est pas non plus question d’un jeu de mot entre les deux notions précitées. Ce dont il est question ici relève plus de la violence, de la rage et de la tourmente. Bon ok, on peut y trouver un rapport avec l’alcool tout compte fait...


Cela dit, depuis le temps que les Toulousains de Zubrowska trainent leurs guêtres dans la scène française, nul doute que les allusions sur leur nom aux consonances délicieuses ont dû fuser jusqu’à essorage. Venons-en alors au principal sujet, soit la musique dégagée sur ce Zubrowska Are Dead. Si la courte introduction "From Beginning..." tape dans l’atmosphérique, sachez que ce n’est qu’un leurre. Trente-huit secondes plus tard, il est temps de se prendre la décharge qui représente l’essentiel du répertoire du groupe, soit "Wake Me Up When I Am Dead". On a ici affaire à du post-hardcore chaotique nourri de riffs dissonants, d’un chant tantôt vomi, tantôt growlé, tantôt hurlé, sur fond de blast-beats bien sentis. Avant que les breaks ne fusent, ralentissant la cadence et laissant transparaître un groove bien senti dans cette masse explosive. Les plans alternent climats et intensités variées et en un seul titre, on sort rincé.

En en redemandant. Zubrowska joue donc dans cette catégorie de groupes qui lâchent la purée de manière quasi-constante, dans un rythme soutenu et éprouvant, où chaque plan mélodique, chaque beatdown n’est rien d’autre qu’un ordre à reprendre son souffle pour se rejeter de plus belle dans la mêlée.  "Satan Is Love" illustre bien la chose. Départ sur les chapeaux de roues, riffs et patterns hardcore, intensification, break syncopé, plan aérien avant de repartir de plus belle dans le chaos pour se chopper un pré-final déjanté sur tous les plans (« Satan is full of love ») et se conclure dans l’énergie punk. Comme dit précédemment, les riffs sont la plupart dissonants sinon torturés (l’interlude "A Journey Begins", "Sleeping Rug") et ont même tendance à aller voir du côté du Black Metal ("Drop the Shell and Climb the Mountain") tandis que l’ambiance globale tape parfois quant à elle dans le death brutal (sinon le grind). On nage donc dans une variété de violence qui réussi à garder une homogénéité bienvenue.

Et même lorsque le groupe allège sa musique, tandis qu’il envoie un passage post-rock enfin apaisant ("The Memorial Part II – First Death Experience"), il conserve cette même atmosphère étouffante. La masse s’est affinée, le rythme est moins soutenu, le tout est plus allongé et reste pourtant intégré dans une harmonie poisseuse. On le devine bien, l’accalmie ne sera que de courte durée et les cervicales sont vite de nouveau réquisitionnées. Car il faut bien l’avouer, dans tout ce déluge servi, on se prend facilement à onduler la tête d’avant en arrière. Une preuve que toute violence n’est pas vaine. D’autant qu’alors que la fatigue peut commencer à se faire sentir, la vapeur s’inverse vers la fin du disque et l’ensemble se calme, enfin... sans non plus abandonner totalement l’intensité du début ni laisser de réel repos à l’auditeur ("Women Are Dead"). Le propos est juste plus mélodique, presque plus mature et posé ("Leila" et sa chouette ligne de basse ou encore "...to End"qui conclut en beauté l’album).

Zubrowska Are Dead
, non content d’être un vilain mensonge (le groupe n’en a évidemment pas fini) s’avère être un concentré de tension et de violence noire et maîtrisée, sachant se couvrir de lumière, le temps de reprendre les forces nécessaires pour se replonger dans le maelström. Un breuvage étrange où bourrin et mélodie se mélangent pour enivrer dans une danse chaotique. À consommer avec modération. Ou en allant au travail, c’est pas mal aussi.



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