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CHRONIQUE PAR ...

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Lucificum
Cette chronique a été mise en ligne le 09 mai 2011
Sa note : 10/20

LINE UP

-Mark Jansen
(chant)

-Frank Schiphorst
(guitare)

-Isaac Delahaye
(guitare)

-Jeroen Paul Thesseling
(basse)

-Jack Driessen
(claviers)

-Arien van Weesenbeek
(batterie)

+ guests

TRACKLIST

1)Symphony of Aggression
2)Mainstay of Society
3)Quarterpast
4)Course of Life
5)The Savage Massacre
6)Essenza Di Te
7)Bite the Bullet
8)Drown the Demon
9)Celibate Aphrodite
10)War on Terror
11)Tithe

DISCOGRAPHIE

Quarterpast (2011)

Mayan - Quarterpast



C’est une fois de plus l’histoire d’un all-stars band qui ne donne au final qu’un résultat bien en dessous de ce que l’on était en droit d’espérer quand on a vu arriver Mayan. Car des gros noms, il y en a, sur cet album : Mayan est emmené par Mark Jansen (Epica), Jack Driessen et Sander Gommans (deux ex-After Forever), complété par Jeroen Thesseling (Obscura) et deux autres membres d’Epica. Alors quand tout ce petit monde se réunit pour nous concocter un album de death symphonique, on a de quoi baver un peu.

Et c’est Quarterpast qui arrive dans nos escarcelles, sous-titré de façon pompeuse et dispensable « symphonic death métal opera ». Et même si cette appellation est amplement justifiée, la tendance est de se méfier de ce genre de sous-titre destiné à racoler le chaland qui pose les yeux sur la pochette en lui promettant monts et merveilles. Au moins, force est de constater que nous ne sommes pas en présence de publicité mensongère : il y a bien du death, du symphonique et de l’opera – en ce sens que visiblement, l’album et le groupe lui-même semblent être conceptualisés autour d’une histoire de maya. Mais concentrons-nous sur l’aspect musical des 51 minutes de Quarterpast : et là, c’est la déception. Non, Quarterpast n’est pas une bouse, il ne s’agit pas de s’en gausser en lui lançant des cailloux, mais les promesses implicites que le line-up semblait nous avoir faites ne sont pas tenues.

Certes, on reconnait la patte grandiloquente de Jansen dans l’écriture des arrangements, généreux et riches en cuivres, violons et autres pianos, donnant une certaine emphase aux compositions des trois compères, mais la sauce ne prend que trop rarement. L’album est touffu, difficile à débroussailler, et se contente souvent de riffs simples et d’enchainements de plans death progressifs/death symphonique sans que l’auditeur décèle aisément une ligne directrice. La présence, pour le chant clair, d’invités tels que Floor Jansen et (évidemment) notre rouquine favorite Simone Simons, mais aussi d’une chanteuse d’opéra jouissant – si l’on en croit le communiqué de presse – d’une certaine réputation en la matière en Italie, permet une certaine fraicheur et une certaine variété dans les timbres, mais ces différentes textures vocales ne sont jamais utilisées avec originalité. Tout coule de source, facilement, sans que jamais le groupe ne se risque à quelque excentricité que ça soit.

Du coup, malgré beaucoup de talent et une production efficace – merci Sascha Paeth – Quarterpast peine à enthousiasmer son auditeur, se contentant de tenter de lui en mettre plein la vue ne multipliant les variations et en superposant les couches d’arrangements symphoniques. Le pauvre Jeroen est totalement sous-exploité (et sera de toutes façons remplacé pour la scène par Rob van der Loo), et sa patte fretless est trop rarement identifiable. Malgré tout, il reste de belles choses, comme "Bite the Bullet", certains riffs progressifs de "Course of Life" ou le début intriguant de "War on Terror" – on pense à Dark Moor dans les arrangements, par exemple – mais qui part ensuite sur un riff death plat et classique, ruinant l’effet. Et c’est bien là qu’on se rend compte que la facette death métal est sans doute celle qui fait le plus de mal à Mayan, tant les riffs sont bateaux, rarement percutant et dont la puissance vient principalement de la production. "The Savage Massacre" en est un bon exemple : des tonnes d’arrangements masquant une écriture pauvre et banale.


Mayan déçoit, définitivement. Il y avait un gros potentiel, il en ressort un album sympathique mais absolument pas indispensable, fut-ce pour le fan d’Epica ou d’After Forever. Rien n’y brille vraiment, sinon la production, et le résultat ne justifiait sans doute pas un line-up de cette trempe. Moralité : toujours se méfier des réunions de pointures ; le risque de faire la soupe à la grimace à l’écoute du résultat est amplifiée par l’attente démesurée qu’on pourrait en avoir. A méditer.



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