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CHRONIQUE PAR ...

88
Mita
Cette chronique a été mise en ligne le 08 mai 2011
Sa note : 17/20

LINE UP

-Carmen Simoes
(chant)

-Rune Eriksen
(guitare)

-André Sobral
(guitare)

-Joana Messias
(basse)

-Joao Samora
(batterie)

TRACKLIST

1)Onyx
2)The Living End
3)A Portal
4)((Ghostlights))
5)Majesty
6)The Heathen Island

7)By Candlelight & Mirrors
8)Venice in Fog

DISCOGRAPHIE


Ava Inferi - Onyx
(2011) - doom metal doom metal gothique - Label : Season Of Mist



Aaaaah le Portugal, son Fado, sa morue, son équipe de footballeurs plongeurs … Hé minute, ce genre d'introduction, elle a déjà été faite, toujours pour désigner des groupes sans aucune originalité, une qualité rare aujourd'hui. Ouais parce que Ava Inferi, du pays sus-nommé, l'originalité ça ne leur a jamais effleuré l'esprit, et comme qualité principale, on pourrait aller se brosser pour en trouver chez eux. Toujours déçus ? Parce qu'il faut dire qu'après 3 flops consécutifs, franchement, on a de quoi être méfiants. Je suis médisante ? J'avais peur de l'être sur Onyx. Après tout, c'est encore un album de ce combo inutile, qui n'a jamais marqué et a même eu du mal à montrer un quelconque talent.

Mais parfois, les bonnes surprises, ça arrive... Oui, Ava Inferi a évolué, et dans le bon sens, très bon même. Fini les morceaux atrocement longs, qui tiraient dans des longueurs pas possibles avec une mayonnaise qui ne prend jamais. Les Portugais, s'ils ne font toujours pas spécialement dans l'originalité, arrivent à surprendre, et même à convaincre du début à la fin. Une belle ambiance s'installe au fur et à mesure, sombre et inquiétante avec ces guitares lourdes qui caractérisent si bien le doom, tournant que le groupe a pris au détriment de son metal gothique foireux. Du coup, ces ambiances oppressantes transmettent moult obscures émotions, le ton étant déjà donné par la superbe "Onyx", titre idéal pour donner un aperçu de la suite royale. Rune Eriksen fait du bon travail, comme d'habitude, et sa guitare qui semblait être inutile auparavant est désormais une arme de premier plan. Pour la façon dont les belles perles sont posées, il faut lui dire merci. Grâce à sa performance, "The Heathen Island"et "Venice in Fog" sont sublimes, tout ce que l'on aurait pu attendre de la part de ce groupe, qui parvient même à égaler les plus beaux moments de Draconian, c'est dire.

La beauté ambiante, on la doit aussi au magnifique organe de Carmen Simoes. Mais qu'est-il arrivé à la Portugaise ? Elle qui n'était précédemment qu'un pigeon roucoulant sans prétention ni charisme s'est métamorphosée en une superbe alouette dont la voix mélodieuse et lyrique envoûte continuellement. Modulée à souhait alors qu'elle semblait tout droit sortir d'un mauvais manuel de chanteuse débutante dont la linéarité était son défaut majeur. Son timbre, en revanche, garde sa tournure dramatique et mélancolique qui lui donnait malgré tout un potentiel, qu'elle confirme totalement sur cette nouvelle oeuvre. C'est pleine d'émotion qu'elle pose sa voix sur une musique raffinée, délicate, subtile et tellement attachante. Car cet univers de noirceur, de désespoir et de mystère se voit être tout ce qu'il y a de plus prenant, à l'image des cordes vocales de la belle. Les titres, eux, sont tous bons, presque au niveau de l'excellence, franchie sur la sublime "The Living End" morceau le plus beau de tous, et qui ne donne plus envie de le quitter. On embrasse les notes, on se délecte des accords, surtout qu'en matière d'être prenante, "Majesty" fait de l'effet.


Non, vraiment, on reste ébahi par une telle prestation. Ava Inferi, en 2011, c'est ce groupe moyen, presque au bas de gamme, qui a su se transformer pour devenir merveille des merveilles, et livrer un joyau étincelant dans l'univers torturé du doom, au point que Onyx devient un des albums les plus marquants de l'année. Si la perfection vocale avait un nom, alors elle s'appellerait Carmen, tant ce délicat cygne est exempt ici de tout reproche. Vous voilà prévenus, alors plus la peine d'attendre et foncez directement dans vos magasins. La messe est dite, et moi, je vais me le remettre.


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