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CHRONIQUE PAR ...

39
Pietro
Cette chronique a été mise en ligne le 26 avril 2011
Sa note : 17/20

LINE UP

-David Coverdale
(chant)

-Doug Aldrich
(guitare)

-Reb Beach
(guitare)

-Michael Devin
(basse)

-Briian Tichy
(batterie)

+

-Timmothy Drury
(claviers)

TRACKLIST

1)Steal Your Heart Away
2)
All Out of Luck
3)Love Will Set You Free
4)Easier Said Than Done
5)Tell Me How
6)I Need You (Shine A Light)
7)
One of These Days
8)Love and Treat Me Right
9)Dogs in the Street
10)Fare Thee Well
11)
Whipping Boy Blues
12)
My Evil Ways
13)Forevermore

DISCOGRAPHIE


Whitesnake - Forevermore
(2011) - hard rock bluesy et classieux - Label : Frontiers Records




Ouf ! Good To Be Bad n’était pas qu’un one shot, David Coverdale a réellement décidé de démarrer une véritable nouvelle carrière pour Whitesnake comme le prouve ce nouvel album qui sort moins de trois ans après son prédécesseur. Oh bien sûr on est loin du rythme de stakhanoviste du groupe dans les années 70-80 mais cela est à la fois respectable et rassurant pour un groupe de cet âge là.


Les petits problèmes de voix de la Diva qui avaient gâché la toute fin de la tournée précédente sont donc déjà loin et oubliés. Coverdale revient en pleine forme avec un groupe au line up modifié, puisqu’on a affaire à une toute nouvelle section rythmique. Exit donc le bassiste Uriah Duffy (parti faire du thrash avec Paul Bostaph et Dan Nelson, le très éphémère ex-chanteur d’Anthrax !) et le cogneur Chris Frazier, remplacés respectivement par un certain Michael Devin et par le mercenaire Briian Tichy (ex Ozzy Osbourne, Billy Idol, Pride & Glory, Slash's Snakepit... et plus récemment Foreigner). Ce dernier est l’une des grosses satisfactions de Forevermore, son jeu puissant et racé se mariant particulièrement bien aux compos du Serpent Blanc (Frazier était peut être légèrement trop subtil ou trop… prog). Autre changement, le claviériste Timmothy Drury a lui aussi quitté le groupe juste avant la sortie de l’album. Il apparaît donc ici en tant que guest et ne sera pas remplacé officiellement, le groupe se contentant d’engager un musicien de session pour la tournée. Les claviers sont d’ailleurs nettement moins à l’honneur que précédemment, laissant plus de place aux guitares.

En dehors de ces «détails», l’essentiel n’a pas été bouleversé: Coverdale s’appuie plus que jamais sur la paire de six cordistes Aldrich/Beach, qui s’en donne à cœur joie tout au long de l’album. Le chanteur semble même avoir trouvé un nouvel alter ego en la personne de Doug Aldrich qui co-signe une fois de plus avec lui l’ensemble des compositions de l’album. La signature Coverdale/Aldrich rentrera-t-elle dans la légende au même titre que Coverdale/Moody et/ou Marsden, Coverdale/Galley (RIP) ou Coverdale/Sykes selon les époques ? L’avenir le dira mais cela semble bien parti tant Forevermore s’inscrit facilement dans la lignée des grands albums du groupe. Encore plus que sur Good To Be Bad, on retrouve ici un peu de tout ce qui fait Whitesnake, comme le prouvent la guitare slide et l’harmonica de ce "Steal Your Heart Away" qui ouvre le bal comme il aurait pu ouvrir Trouble ou Lovehunter une trentaine d’années en arrière ! Coverdale n’a rien perdu et semble même plus en voix et motivé que jamais, comme boosté par ces jeunots qui l’entourent et le poussent à se dépasser et à faire montre d’encore plus de feeling et de bagout, David se permettant de cabotiner comme jamais pour notre plus grand plaisir. Rarement le chanteur aura été accompagné par un groupe si crédible et à l’aise pour jouer ce style de musique !

Forevermore n’est pas loin du sans faute : chaque morceau ou presque marque rapidement les esprits, que ce soit les couillus "All Out of Luck" et "Tell Me How" et leurs chœurs puissants, les tubes irrésistibles débordant de mélodie comme le single "Love Will Set You Free" ou ce "I Need You (Shine a Light)" proprement jouissif. Les ballades ne sont bien entendu pas en reste, elles font même partie des meilleurs moments de l’album ! Coverdale est tellement à l’aise sur des titres comme "Easier Said Than Done", l’acoustique "One of These Days" ou la sublime "Fare Thee Well" (sorte de suite donnée à "We Wish You Well") que l’on ne peut que laisser notre côté romantique prendre le dessus… pour mieux conclure après sur les entrainants "Love and Treat Me Right" ou "Dogs in the Street", très 80’s dans l’âme (John Sykes apprécierait !). Derrière salve bourrée d’énergie sexuelle avec le bluesy et sensuel "Whipping Boy Blues" et un "My Evil Ways" sur lequel Briian Tichy se lâche littéralement lors de nombreux breaks endiablés. Fidèle à son habitude, Coverdale clôt les débats de manière magistrale. Le morceau titre de l’album est une perle qui commence comme une ballade acoustique, Coverdale se penchant une nouvelle fois sur son passé comme il avait pu le faire sur "Blindman" ou "Ain't Gonna Cry No More" par exemple, avant d’éclater dans une ambiance orientalisante inattendue. Du grand art.


Vous l’aurez compris, Forevermore est une nouvelle grande réussite pour Whitesnake. Le groupe, ou plutôt la paire Coverdale/Aldrich, a réussi à surpasser assez nettement le pourtant déjà réussi Good To Be Bad. Bien sur tout n’est pas parfait, les thèmes évoqués dans les paroles de Coverdale tournent notamment particulièrement en rond, même pour lui. Mais l’album est d’une telle cohésion, les compos sont d’un tel niveau, et l’interprétation est si parfaite que l’on a affaire à un grand album, un de plus. Après plus de trente ans de carrière, c’est quand même la classe ultime.


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