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CHRONIQUE PAR ...

17
Lucificum
Cette chronique a été mise en ligne le 11 avril 2011
Sa note : 13/20

LINE UP

-Steffen Kummerer
(chant+guitare)

-Christian Muenzner
(guitare)

-Jeroen Thesseling
(basse)

-Hannes Grossmann
(batterie)

TRACKLIST

1)Septuagint
2)Vortex Omnivium
3)Ocean Gateways
4)Euclidean Elements
5)Prismal Dawn
6)Celestial Spheres
7)Velocity
8)A Transcendental Serenade
9)Aevum
10)Concerto [Deluxe Edition bonus]

DISCOGRAPHIE


Obscura - Omnivium
(2011) - death metal metal prog technique - Label : Relapse Records



J’aime autant vous prévenir : vous allez en prendre plein le ciboulot. Car Obscura, nos Allemands tant attendus avec ce troisième album, ont décidé d’en mettre partout, dans tous les sens, quitte à sacrifier la facilité et l’accessibilité sur l’autel de la technique et de la complexité. Et l’efficacité, là-dedans ? Quid du plaisir d’écoute ? Eh bien, tout dépendra de la persévérance de l’auditeur à pénétrer dans l’univers tordu et délicat d’Obscura – et il y a gros à parier qu’un certain nombre de ceux qui s’y essaieront resteront sur le carreau…

Car Omnivium a tout de l’album d’élitiste : un concept à base de philosophie et une écriture complexe, virtuose et imprévisible, voilà qui sera assurément trop pour certains. Ceux ayant plié le genou devant le très bon mais néanmoins touffu Cosmogenesis peuvent rester sagement chez eux, quant aux autres, respirez un grand coup et c’est parti pour plus de cinquante minutes où la violence côtoie la virtuosité et la complexité. Les premières notes de l’album rappellent étrangement Metallica, tant ce petit pattern mélodique de guitare acoustique aurait pu figurer sur Master Of Puppets ou …And Justice For All. Mais c’est bien tout ce qui rapproche les Metz et Obscura, et Kirk Hammett aurait sans doute bien du mal à suivre Obscura dans ses délires progressifs à base de riffs tordus, de changements de rythmes et de cassures incessantes.

La recette, par rapport à Cosmogenesis, n’a pas foncièrement évolué, et on reconnait dès le premier morceau les traits caractéristiques d’Obscura : cette basse fretless au glissando si particulier, le chant de Kummerer, toujours aussi proche d’un Chuck Schuldiner et surtout – surtout – ces guitares qui s’entremêlent, se croisent, se battent, et ne se reposent quasiment jamais sur un riff facilement digérable : Kummerer et Muenzer ont décidé d’aller jusqu’au bout. Jusqu’à l’écœurement, est-on presque tenté de dire. C’est bien simple, suivre les guitares tient de l’exploit, quand bien même on se contenterait de les fredonner on d’essayer d’en retenir l’essentiel : incapables de rester en place, les six-cordistes en balancent en veux-tu en voilà. Un titre comme "Vortex Omnivium" en est un bon exemple : pendant plus de quatre minutes, ça ne s’arrête jamais. Difficile du coup de retenir quelque chose d’un titre comme cela, sinon l’exploit technique.

Pour autant, les choses s’éclairent de temps en temps, le temps d’un riff plus posé ou d’une ambiance moins chaotique. "Ocean Gateways" est plus sombre, plus posée, "Prismal Dawn" développe de jolies mélodies et de très bons passages, quand "Velocity" nous offre un solo très progressif dans sa seconde partie, sur fond de guitare acoustique et de groove légèrement jazzy. Aucun doute, nos Allemands n’ont rien perdu de leur superbe, et lorsqu’ils ne tentent pas à chaque mesure de battre le nombre de notes sur chaque temps, ils savent réserver des moments plus intéressants, avec un peu de ce chant clair vocodé caractéristique de l’ambiance froide et futuriste qui fait partie de leur marque de fabrique. "A Transcendental Serenade", l’instrumentale du lot, souffre finalement du même défaut qu’"Orbital Elements" sur Cosmogenesis, à savoir ne pas se détacher suffisamment du lot. En effet, on imaginerait sans peine du chant se greffer dessus sans qu’il n’y ait rien à retoucher à l’écriture du titre.


Un travail de titan, des musiciens dans une forme olympique : Omnivium est un album impressionnant, redoutable mais excessif dans son approche. Il en rebutera plus d’un de par son aspect jusqu’au-boutiste et sans pitié, sa virtuosité débridée et totalement assumée. Un album quasiment scolaire tant chacune de ses facettes est peaufinée à l’extrême et qui du coup manque peut-être un peu de spontanéité et donc d’efficacité…



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