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CHRONIQUE PAR ...

17
Lucificum
Cette chronique a été mise en ligne le 11 avril 2011
Sa note : 16/20

LINE UP

-Dahan
(chant+basse)

-Davidov
(guitare)

-Mayer
(guitare)

-Steel
(batterie)

TRACKLIST

1)We Who Worship the Black
2)I Sing His Words
3)Sonne Adam

4)Solitude in Death
5)Take Me to Where I Belong
6)Shine
7)I Claim My Birth in Blood
8)Tranformation
9)Apocalypse

DISCOGRAPHIE


Sonne Adam - Transformation
(2011) - death metal doom metal - Label : Century Media




« La haine de l’humanité »
 : voilà ce que signifie Sonne Adams en…hébreu, la langue maternelle de ce groupe de death metal que nos contrées découvrent cette année, malgré un EP sorti en 2008. Il faut dire que, Israélien ou pas, être signé par Century Media, ça aide un peu. Alors, le nez de ce légendaire label est-il toujours aussi fin ? Il semble que oui, tant ce Transformation est, pour un premier album, une bonne petite claque, transportant l’auditeur ravi au début des années 90…

Eh oui, cette époque tant regrettée par certain où le death metal avait encore tout à dire et où chaque nouvel album (ou presque) était une nouvelle pierre à l’édifice blasphématoire qui jour après jour continuait de monter vers les cieux. Las, des années plus tard, tout semblait être dit, et le socle de l’édifice se fissurait. Cet âge d’or, s’il n’est pas de retour en 2011, a connu toutefois un revival intéressant depuis quelques années, avec une résurgence de groupes traditionnels, coupant court à toutes les influences nouvelles qui étaient venus diluer le mouvement pour en revenir à quelque chose de brut, d’essentiel, vision un peu fantasmée de ce qui se faisait à cette époque révolue dont seuls quelques dinosaures épuisés en sont encore les représentants. Sonne Adam se place clairement dans cette optique, mais n’a pas oublié que durant les années post-2000, des choses intéressantes ont vu le jour.

Ainsi, on pourra classer ce Transformation sans hésiter dans la case death metal old school, mais il serait réducteur de l’y confiner : Sonne Adam est lent, lourd et par moment complètement doom, torturé et noir comme a su l’être un groupe comme Bethlehem avec Dark Metal, posant plus des ambiances que de l’agressivité. On pense à Cathedral, mais aussi à Dismember pour le son énorme, très électrique, crade et ample, grossi à grands coups de reverb qui n’en finit plus de résonner. Le tout est froid, malsain, presque black-metal dans l’approche. Mais l’élément qui achève d’ancrer Sonne Adam dans le camp du death metal, c’est la voix de Dahan, véritable atout du groupe. Son growl a quelque chose de terrifiant, monolithique et impitoyable, lui aussi gonflé de façon indécente par une réverbération qui lui confère l’ampleur de qui hurlerait dans une cathédrale. L’effet est indéniablement réussi : l’alliance du son et du chant donne un ensemble flippant, du death metal sombre et macabre, rappelant les premiers opus de Morbid Angel, la vitesse d’exécution en moins.

Car les compositions sont bien plus orientées, cela a été dit, vers une pesanteur et une langueur poisseuse, sans blast, avec une double pédale loin d’être hystérique la plupart du temps, donnant à Transformation des allures de char d’assaut pesant mais innarrètable. Le riff terrifiant de lourdeur de "I Sing His Words", qui n’en finit plus de descendre dans les graves, les cloches de "Sonne Adam" et ses chœurs discrets rappelant les riches heures de Limbonic Art, les chorus de guitares de "Through Our Eyes Hate Will Shine"… sans être un joyaux d’originalité, Transformation regorge de petites mises en ambiance qui l’enrichissent et lui donnent un vrai relief. Les Israéliens n’hésitent pas à saupoudrer leurs titres d’interludes bruitistes, alourdissant l’atmosphère de décrépitude et de mort qui rôde sur les neuf morceaux de Transformation. On vous l’a dit : pour un premier album, c’est d’une étonnante maturité que fait preuve Sonne Adam.


Assurément, un groupe à suivre. A l’heure où certains, dans le death, rivalisent de rapidité et de violence (parfois avec un certain succès), d’autres misent sur une ambiance d’apocalypse, une production bien travaillée et des compositions bien trouvées pour se faire un nom. Une chose est sûre : pas la peine de blaster à 200 km/h pour faire venir l’apocalypse sur l’auditeur : Sonne Adam en est la terrifiante preuve.



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