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CHRONIQUE PAR ...

73
Dimebag
Cette chronique a été mise en ligne le 05 avril 2011
Sa note : 11/20

LINE UP

-Avital Tamir
(chant)

-Matan Cohen
(guitare)

-Rotem Inbar
(basse)

-Roey Berman
(batterie)

TRACKLIST

1)Best Seller
2)Backstage Blues
3)Feels So Right
4)Diamond Director
5)Nothing but Opinions
6)Doomsday
7)Empty Magazine
8)Perfect Lie
9)Song for the Alcoholic
10)Heaven Sent

DISCOGRAPHIE


Betzefer - Freedom To The Slave Makers
(2011) - thrash metal power US groovy - Label : AFM Records




Quand on choisit Dimebag comme nom de chroniqueur, ça veut dire que quelque part on est assez fan de la scène power thrash des 90's et des dignes représentants qu'en étaient les immenses Pantera. On a donc tendance à être assez intransigeant avec les groupes qui s'essaient à ce style qui est qui plus est, il faut bien l'avouer, quelque peu « passé de mode », si tant est que notre holy métol of steel soit soumis à ce genre de fluctuations trendy.



Le groupe dont on va parler aujourd'hui, mes bons amis, est un groupe israëlien, fait assez rare pour être signalé. Pour autant, les mecs sont nettement moins renommés et originaux que LES stars locales, je veux bien évidemment parler des petits génies d'Orphaned Land et de leur death prog orientalisant à tiroirs. Betzefer, au contraire, fait dans le classique de chez classique : du power thrash US 90's, soit un mix des plus conventionnels entre un (tout petit) peu de thrash à la Slayer et beaucoup, énormément, excessivement même, de groove metal à la Pantera. Il serait même plus juste de dire que Betzefer fait, finalement, du Pantera. Alors oui c'est sympa, ça groove, c'est gras, sauf que dans la catégorie « plagiat et pompe sans vergogne » on atteint ici des sommets. Ce groupe n'a juste absolument aucune originalité, se contentant pour l'extrême majorité de ses morceaux de caler des riffs, des rythmiques et des soli en tout point similaires à ce que proposaient les glorieux Texans il y a déjà 20 ans. Pas besoin de 10 écoutes pour s'en rendre compte : ''Bestseller'', ''Backstage Blues'' ou ''Feels So Right'' vous convaincront du culte que vouent les Israëliens à la bande à Philou. Et même si tous les morceaux ne sont pas toujours aussi ignomignieusement pompés, l'ensemble manque foutrement de souffle et d'identité.

Et c'est dommage, car on sent que ce groupe possède un certain potentiel. Des changements de tempo assez fréquents, une cohérence dans les morceaux, une technique irréprochable (même si le batteur se contente quand même un peu du minimum syndical à mon sens et que les riffs sont plutôt salement basiques, genre pratiqué oblige), une prod' de qualité, il y avait matière à s'éclater. Le chanteur est également plutôt bon, capable d'envoyer dans plusieurs registres, sauf qu'encore une fois sa diction et sa façon de chanter sont (volontairement ?) tellement similaires à celle de Phil Anselmo sur la grande majorité des morceaux (petite exception sur ''Nothing but Opinions'') qu'on se retrouve plus que jamais avec l'impression d'écouter du sous-Pantera. Et c'est, hélas, finalement exactement ce que l'on écoute! Vous l'aurez donc compris, l'exercice touche vite ses limites et n'a d'intérêt que pour les fans hardcore du genre. N'en faisant plus véritablement partie, j'ai ressenti une assez grande lassitude à l'écoute de cet album malgré son indubitable côté coulant et groovy et un ou deux morceaux un peu plus pêchus tirant vers le thrash (notamment ''Heaven Sent''). Trop de déjà entendu, trop peu de prise de risque...Trop chiant quoi.


J'avais prévenu : quand on touche au power groove à la Pantera, j'ai tendance à être plutôt intransigeant ! Et autant les Danois de The Burning avaient su trouver grâce à mes yeux il y a quelques semaines, autant là comme dirait ce bon vieux Gandalf, « Vous ne passerez pas ! ». Car au-delà d'un professionnalisme louable et de certaines qualités indéniables, Betzefer ne s'est quand même pas foulé des masses. Quand on sait que ce n'est que le deuxième album du groupe après une première sortie en 2005, on s'attendait tout de même à un truc un peu moins convenu... Dommage.


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