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CHRONIQUE PAR ...

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Althor
Cette chronique a été mise en ligne le 04 avril 2011
Sa note : 18/20

LINE UP

-Rain Irving
(chant)

-Tom Phillips
(guitare+claviers)

-Scott Loose
(guitare)

-Jason Lingle
(guitare)

-Jim Hunter
(basse)

-Trevor Schrotz
(batterie)

TRACKLIST

1)Hour of Reprisal
2)Destroyer of Solace
3)Obsessions Now Effigies
4)Unplenitude
5)To Grieve Forever
6)Saturn and Sacrifice
7)Finality

DISCOGRAPHIE


While Heaven Wept - Fear Of Infinity
(2011) - doom metal Epic progressive metal - Label : Century Media



While Heaven Wept n'est pas un groupe qui est connu pour sa forte productivité. Ce n'est que leur quatrième album en vingt ans de carrière ! Cela dit, ces Américains-là pratiquent une musique relativement appréciée dans le milieu, c’est-à-dire de qualité. À la base, groupe de doom métal, ils se sont orientés vers un style un peu plus léger, aérien, en incorporant davantage d'éléments progressifs et acoustiques. Et la tendance se confirme avec l'album ici présent.


La pochette et son côté mystique, reflète à merveille le concept de l'album : la frayeur qu'engendre l'infini qui se trouve au-dessus de nous... Rien qu'en observant cet artwork, on est pris d'une sensation de perte et de fascination. Trêve de bavardages, rentrons dans le vif du sujet. Le groupe qualifie lui-même sa musique de métal épique. Mais force est de constater qu'il y a effectivement une nette dimension épique. Chaque titre est lourdement chargé en émotions. Les thèmes abordés ne sont pas vraiment très joyeux ; le désespoir, la perte, la souffrance, la mort... et donc l’infini.  Sept titres au total, un album relativement condensé mais très riche. En effet, la plupart du temps lorsqu'on découvre un morceau, on tente de prévoir les variations que ce dernier va suivre. Ici c'est très difficile, les titres empruntent des directions qui prennent l'auditeur à chaque fois au dépourvu. A la première écoute, ce n'est donc pas évident, c'est même déroutant.

Qu'on se rassure, après plusieurs écoutes, les titres délivrent savamment toutes leurs qualités. On trouve néanmoins quelques titres plus directs, "Destroyer of Solace" par exemple avec sa rythmique implacable, est rapidement mémorisable mais n'en demeure pas moins une réussite. "To Grieve Forever" a une approche très progressive, avec ses guitares acoustiques du début qui rappellent d'ailleurs King Crimson. La fin de ce titre est d'une beauté à pleurer. La guitare acoustique, justement fait plusieurs apparitions, notamment sur le quatrième titre à mi-chemin de l'album. Ce titre très aérien est apaisant. Il serait possible de faire l’éloge des titres un à un mais cela ne serait pas pertinent. Néanmoins le dernier morceau mérite ce traitement. Onze minutes au compteur, vous vous doutez que c'est un titre qui va offrir différents temps. On retrouve les guitares acoustiques sur la première partie, plutôt calme.  Après un deuxième refrain tragique, un long et élégant solo de guitare vient faire la transition avec une dernière partie assez entraînante qui conclura en beauté l’album.

Au niveau de la production, c’est également excellent. Chaque instrument est à sa place et remplit parfaitement son office. Les claviers sont discrets mais apportent la dimension tragique nécessaire sans surenchère. La section rythmique n’est pas en reste, le couple batterie/basse est efficace, cette dernière est d’ailleurs bien audible et c’est un régal de repérer les lignes qu’elle emprunte. Les guitares quant à elles, acoustiques ou électriques distribuent tour à tour des ambiances mélancoliques. Les soli sont relativement peu nombreux, seul l’ultime titre en contient un mais ce n’est pas un manque en soi. Vocalement, Irving fait un travail admirable et offre de belles variations, il communique une réelle émotion à travers son chant. Son timbre de voix colle parfaitement à la musique et lui donne un côté éthéré. Vous l’aurez compris, il n'y a pas vraiment de reproches à émettre à l'encontre de cet album qui est solide en tout point.


Finalement, la faible durée de l'album n'est pas un véritable défaut en soi, il recèle tellement de richesses. Mais comme toute musique complexe, il faut persévérer pour y accéder. Fear Of Infinity est élégant et invite littéralement à la contemplation, comme quoi le métal peut signifier raffinement (mais ça, on le savait déjà!). Pas de déchet, While Heaven Wept nous offre une musique fluide qui s'apprécie davantage à chaque écoute. À mes yeux, cet album pourrait aisément faire partie de ceux qu'on retiendra de 2011, pour peu qu'on apprécie les éléments doom et progressifs. En somme des ricains qui assurent !



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