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CHRONIQUE PAR ...

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Malice
Cette chronique a été mise en ligne le 03 avril 2011
Sa note : 17/20

LINE UP

-Georg Neuhauser
(chant)

-Thomas Buchberger
(guitare)

-Mario Hirzinger
(claviers+chœurs)

-Fabio D'Amore
(basse+chœurs)

-Andreas Chipflinger
(batterie+chœurs)

TRACKLIST

1)Set Sail to (Intro)
2)
New Horizons
3)
The Chevalier
4)
Far from Home
5)
Heavenly Mission
6)
Prayer (Interlude)
7)
State of Siege
8)
Changing Fate
9)
When Canvas Starts to Burn
10)
Serenade of Flames
11)
Youngest of Widows
12)
Below Eastern Skies (Interlude)
13)
Beyond Desert Sands
14)
To India's Shore
15)
Lament (Interlude)
16)
My Legacy

DISCOGRAPHIE


Serenity - Death & Legacy
(2011) - metal symphonique chevaleresque - Label : Napalm Records



Il y a des jours comme ça, où tout semble se liguer contre vous: Il faut se lever alors que toute la flemme du monde s'est abattue sur vos épaules et dès que vous êtes enfin dehors, le temps est pourri et les gens tirent tous une tête d'enterrement. Dans ces cas-là, on ne peut rien faire d'autre qu'attendre la fin de ce long jour... ou pas. En réalité, il y a une autre solution, bien plus agréable: se visser les écouteurs dans le crâne et laisser la musique de Serenity nous raconter des histoires.

Et pas n'importe lesquelles: De Casanova à Marco Polo, Serenity nous livre à travers 16 chansons les épopées d'hommes et femmes qui ont fait partie de notre Histoire. Le concept a de quoi faire rêver, mais qu'en est-il de la musique, des paroles, du chant ? Hé bien, il serait un peu simple de dire qu'ils sont sans défaut. Et pourtant... c'est presque le cas. Si les Européens de Serenity s'étaient contentés d'un concept sympa, cela aurait été déjà bien. Mais le pire, c'est que les bougres se sont donnés du mal ! Que ce soient les chœurs héroïques ou les efforts prodigués pour varier les atmosphères de l'album, il y a là un véritable travail qui rend pleinement justice à nos figures historiques (le très beau "My Legacy", dédié à Galilée, est peut-être le morceau le plus juste dans ce sens-là). Quant à la musique, elle ne se contente pas d'être simplement bourrine avec des passages orchestraux: les guitares se mêlent admirablement à l'accompagnement symphonique ("State of Siege"), malgré un côté parfois « brouillon » dû à l'abondance de chœurs.

Parlons-en, des chœurs. Ils sont - avec le chant de Georg Neuhauser - un atout considérable qui ajoute un véritable punch aux compos. "Far from Home" en est un parfait exemple: Le refrain en est si épique et fort qu'il en devient magistral. Quant aux voix féminines, elles ne sont pas en reste avec trois invitées: Mon amie Ailyn (Sirenia), Charlotte Wessels (Delain) et Amanda Sommerville. Ces trois chanteuses remplissent leur rôle de manière exemplaire ("Changing Fate" surtout est une ballade magnifique et prenante). Il est difficile de faire se côtoyer plusieurs ambiances dans un même album sans se perdre aux quatre vents, pourtant Serenity a relevé le défi sans problème: trois interludes et une intro leur ont permis de changer d'atmosphère tout au long de l'album, que ce soit par la très orientale "Below Eastern Skies" ou la touchante prière en sixième place. Ces pistes permettent à l'auditeur de ne pas se lasser: C'est une astuce admirable, même s'il serait préférable d'éviter les longueurs. Et malheureusement Death & Legacy n'en est pas exempt.

"New Horizons" est la plus longue piste de l'album avec ses sept minutes. Et je persiste à croire qu'elle traîne trop: Vraiment pas terrible pour une deuxième piste. Certains autres morceaux ("Youngest of Widows", "Heavenly Mission", To India's Shore") laissent parfois passer l'attention, et c'est dommage pour un album aussi prenant. Autre point négatif, mais discutable: La linéarité dont fait preuve Serenity. Il ne s'agit pas là de faire du Frank Zappa, mais trop d'héroïsme à répétition peut carrément... tuer le héros. Peut-être aurait-il mieux valu à ce groupe de raccourcir, voire supprimer certaines pistes. Cela n'empêche pas que les compos soient réussies écoutées séparément, mais je persiste à croire que l'auditeur ne s'en porterait que mieux.


Ça y est, les dernières notes de Death & Legacy se sont évaporées, et vous revoilà sous la pluie ou au boulot, en train de vous demander si tout cela n'a été qu'un rêve. Et pourtant, ces hommes ont bel et bien existé, vous avez plongé l'espace d'un instant avec bonheur dans leur existence. Et si je peux vous rassurer, il y a fort à parier que ces gens-là ont eu aussi de ces matins où - décidément - tout semblait se liguer contre eux...




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