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CHRONIQUE PAR ...

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Oni²
Cette chronique a été mise en ligne le 31 mars 2011
Sa note : 14/20

LINE UP

-Jörn Preidt
(chant)

-Tim Marxcors
(guitare)

-Domink Ballreich
(guitare)

-Stefan Trautmann
(basse)

-Mark Brückmann
(batterie)

TRACKLIST

1)Bloodritual
2)Cruel World
3)The Gift and the Curse
4)City of Ghosts
5)Everything Falls Apart
6)Remember Me
7)The Great Disaster
8)Embracing Darkness
9)Dead Lights I: The Rising
10)Dead Lights II: The Path to New Hope


DISCOGRAPHIE


But We Try It - Dead Lights
(2011) - thrash metal death metal rock - Label : Massacre



« Mais on essaie ! » c’est affublés d’un curieux patronyme que ces messieurs teutons nous livrent leur tout premier album. Leur seule production antérieure étant un EP, acclamé par la critique, selon leurs propres dires. S’auto-qualifiant comme un groupe de « thrashcore », ils n’ont peut-être finalement que peu à voir avec le hardcore. L’affiliation au thrash est bien plus évidente. Un thrash flirtant avec l’extrême et surtout doté d’une instrumentation très riche.


But We Try It utilise une formule similaire tout le long de ce premier disque : guitares très mélodiques mais véloces sur les passages speedés, voix écorchée, plutôt black metal, s’aventurant parfois dans les tréfonds du growl caverneux et quelques rares tentatives de chant (certains passages de “The Gift and the Curse”, le refrain de “The Great Disaster”). De temps en temps, des incursions dans l’extrême à gros renforts de blast-beats (“Everything Falls Apart”) et surtout, un feeling quasi rock’n roll dans les soli de guitare, pour tout l’album. Les musiciens ont une belle science du riff, ils savent et osent varier les plans quand il le faut, mais sans jamais chercher trop loin. La paire de guitaristes en particulier emprunte régulièrement au melodeath et au heavy ses mélodies entêtantes.

Leur force : ils parviennent toujours à vous faire dresser l’oreille à un moment ou un autre d’une chanson: break tout en tapping sur “Embracing Darkness” suivi presque immédiatement d’un martelage de fûts sans pitié ; passage à la guitare clean, avec growl discret sur “Cruel World”, précédant un solo épique (d’ailleurs quasiment tous les soli sont de bonne facture, ceux de “Remember Me” font partie des plus mémorables). Même un titre un peu en dessous du reste comme “City of Ghosts” parvient à captiver le temps d’un break central très réussi. Leur faiblesse : on l’a déjà annoncé plus haut, la formule est identique, tout le temps. Forcément, pour le coup, tous les morceaux se ressemblent un peu.

L’exception : le morceau final en deux parties, “Dead Lights”. Son introduction “ The Rising” est un joli instrumental qui passe presque pour un morceau de doom, en comparaison du rythme effréné maintenu jusque là. La seconde partie est pratiquement un morceau de hard rock à chant black/death. En compensation de la répétitivité que l’on peut percevoir à la longue, Dead Lights a le bon goût de ne pas s’éterniser, on y reviendra donc avec un certain plaisir de temps en temps. La production sonne un peu datée (pensez aux albums d’Obituary dans les années 90). On est loin des monstres de la loudness war, mais le son ne dessert pas pour autant l'efficacité de la musique. Le mix laisse l’impression que la section rythmique n’est qu’un seul et même instrument, excepté sur les passages vraiment énervés où la batterie se démarque.


En n’écoutant que le début et la fin, on croirait presque à un disque de prog : pas de disto sur la guitare en ouverture et du piano en outro. Mais c’est bien un brûlot de thrash qui attend les auditeurs. Violent, groovy et franchement prometteur. Dead Lights ne révolutionnera pas le genre, ni le metal, ni la musique, mais fera passer un bon moment. Si But We Try It ne se contentait pas « d’essayer » à son prochain coup, il pourrait bien faire sensation et ne pas juste devenir un énième groupe de thrash allemand.





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