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CHRONIQUE PAR ...

15
Flower King
Cette chronique a été mise en ligne le 22 mars 2011
Sa note : 11/20

LINE UP

-Krum
(chant)

-Ade Mulgrew
(guitare)

-Sarah Wieghell
(guitare)

-David Linds
(basse)

-Lisa Howe
(batterie)

TRACKLIST

1)The Morrigan
2)An Ancient Fire Burns
3)Beneath the Frozen Sky
4)Heathen Burial
5)Visions of the Dawn
6)To Face the Black Tide
7)Poem to the Gael
8)The Last Caress of Light Before the Tide

DISCOGRAPHIE


Darkest Era - The Last Caress Of Light
(2011) - heavy metal pagan - Label : Metal Blade Records



Ils ont du cran, les mecs de Darkest Era. On parle d’Irlandais – du Nord, certes – qui n’ont rien trouvé de mieux à jouer que du Pagan Metal épique, avec toutes les caractéristiques du genre : riffs fiévreux, prédominance de la batterie, compositions qui s’étalent entre 6 et 11 minutes, et des titres aussi évocateurs que "Heathen Burial" ou "An Ancient Fire Burns". Oui, ils ont du cran, parce que les comparaisons avec Primordial vont forcément pleuvoir. Et ils savent, sans doute, qu’ils n’ont pas de quoi les soutenir.

La musique est ainsi faite, qu’aucune formule ne peut garantir un taux de réussite à 100%. Ça se confirme quand on voit à quel point les deux groupes semblent partir du même terreau, pour une différence qualitative – et c’est malheureux – fort conséquente. Enfin, relativisons, The Last Caress Of Light est loin d’être la bouse de l’année. Chaque musicien est à son poste, tous sont voués à la musique qu’ils jouent, l’envie de bien faire transparaît. Le son, s’il pourrait se faire plus écrasant sur les parties musclées, est tout à fait convenable pour une production de ce genre : chaque instrument trouve sa place dans le spectre et les parties acoustiques, dieu soit loué, ne font pas tache. Et puis, accuser Darkest Era de plagiat complet de Primordial serait quand même gonflé : à la recette du pagan metal, le groupe apporte une touche moins extrême et plus… heavy, on va dire. Sauf que, bien à tomber, c’est ce trait de personnalité propre qui explique en partie pourquoi l’album rate le coche.

Cette patte heavy se traduit principalement dans le chant de Krum, uniquement en voix claire. Dans l’absolu, il est très bon : son timbre plaintif, mais toujours mélodique, sa tessiture ténor + grosse paire de cojones le rendent fort agréable à l’oreille. Mais la musique de Darkest Era n’est pas que mélancolique ; elle veut aussi se faire vengeresse, vindicative, mais ne peut y parvenir qu’à moitié vu que la voix n’est clairement pas appropriée. Et ce qui devait être une force du groupe devient un poids… c'est alors d’autant plus paradoxal que Krum est responsable de la quasi-totalité des moments marquants du disque, à travers des refrains simples (souvent des « oh-oh-ooh ») mais bien sentis, et des lignes vocales parfois remarquables, comme sur "Visions of the Dawn". Une situation curieuse qui révèle la véritable carence de ces Irlandais : l’impossibilité à composer des riffs forts, des thèmes marquants, à créer ce maelström de larmes et de fureur qui fait la force de l’autre groupe. On est parfois un peu saisi, ailleurs un peu touché… mais jamais on ne se soumet.


The Last Caress Of Light, malgré toute sa bonne volonté, son respect des codes du genre, sa légère touche singulière, est dépourvu de cette énergie qui laisse l’auditeur exsangue et qui sépare l’honnête de l’excellent. Ce n’est qu’un premier album, tout reste donc permis, mais si Darkest Era ne se retrousse pas les manches pour pondre des mélodies imparables et apprendre à montrer les crocs lorsque cela est nécessaire, il sera difficile d’accéder à la première division du genre.



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