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CHRONIQUE PAR ...

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Oni²
Cette chronique a été mise en ligne le 19 mars 2011
Sa note : 16/20

LINE UP

-Julien Truchan
(chant)

-Olivier Gabriel
(guitare)

-Liem N'Guyem
(guitare)

-Eric Lombard
(basse)

-Kevin Foley
(batterie)

TRACKLIST

1)Asylum Cave
2)Let the Blood Spill Between My Broken Teeth
3)Prey
4)Hostile
5)Fritzl
6)Unborn Infected Children
7)The Cold Remains
8)A Quiet Day
9)Shadows Descend
10)Swallow
11)Lethal Mercyism
12)Drowning

DISCOGRAPHIE


Benighted - Asylum Cave
(2011) - death metal death metal brutal death - Label : Osmose



Dans le registre du death très brutal, les bouchers de Benighted ont tous leurs diplômes avec mention. 6 albums qu’ils nous assènent leurs hymnes au headbanging. Et malgré 4 ans d’absence studio, ils n’ont rien perdu en hargne. Pourtant, Asylum Cave démarre sur une touche d’humour. « Good morning ladies and gentleman, it's a beautiful day, time to wake up » annonce un speaker radio enjoué sur la première piste. Une belle journée en enfer aurait-il dû préciser.

Pas de révolution ce coup-ci, ni même d’évolution tout court. Tous les titres sont extrêmement brutaux, rapides et même les très rares fois où ils ralentissent vraiment le tempo (sur les deux derniers morceaux par exemple), ça ne dure jamais bien longtemps. Kevin Foley ne peut pas retenir ses pulsions de blast-beats et c’est tant mieux ! Le batteur martyrise ses fûts avec précision et sans jamais faiblir. La subtilité n'a clairement pas sa place car ici, on bourrine, point ! Pour ceux qui arriveraient en séance de rattrapage, Benighted propose un death très direct, parsemé d’influences grind et hardcore. On leur connaît également une certaine facette délire, ici dûment représentée par l’introduction trompeuse de 12 secondes annoncée plus haut. Ils n’hésitent pas à intégrer des plans « jump-jump » que ne renieraient pas Rage Against The Machine, notamment sur le break succédant au solo slayerien du titre éponyme. Quelques passages atypiques du death sont glissés ça et là. Outre le radio-réveil déjà évoqué, un sample parlé à base de voix d’enfant plutôt lugubre introduit "Fritzl".

Des scratchs hip hop viennent aussi donner une couleur particulière au déjà très bon "Drowning". Les affinités du groupe avec le genre semblent se confirmer, on se souvient du passage rappé sur l’opus précédent, bien qu’arrivé un petit peu comme un cheveu dans la soupe. Les gratteux sont des usines à riff ultra-productives (énumérez les plans sur "Lethal Merycism"). Peu étonnant que les natifs de Saint-Étienne parviennent à nous surprendre chaque fois, bien qu’aucun gros virage n’ait eu lieu dans leur carrière. Les soli sont peu nombreux et brefs, dans le ton général de l’album : comme si, pendant une séance de torture, le bourreau s’amusait à nous planter de minuscules aiguilles entre deux gros coups de massue. Et que dire du chant… inintelligible, mais est-ce vraiment essentiel ? Julien Truchan vomit tripes et boyaux de toutes les manières possibles. Du growl caverneux (écoutez le fond de votre bidet pour vous faire une idée) au suraigu hystérique, en passant par toutes les nuances entre les deux, le monsieur maîtrise, sans l’ombre d’un doute.

Il faut l’entendre scander « Let the blood spill between my broken teeth » avant de partir dans toutes les directions vocales extrêmes possibles. Un dernier mot sur la production, irréprochable comme toujours avec Benighted. Si le trio des deux guitares et de la basse semble parfois fusionner en un seul instrument, les plans distincts mettant en avant chacun d’entre eux sont suffisamment nombreux pour apprécier leur rendu. Tous les titres sont assez courts (un seul atteint la barre des 5 minutes), ce qui est plutôt bienvenu considérant la masse de données sonores que l’auditeur doit enregistrer. En cours de route, il arrivera peut-être que ce dernier perde en enthousiasme. En effet, des titres comme le mid-tempo "A Quiet Day" ou "Unborn Infected Children" peinent à faire décoller le death-metalleux moyen et pourtant les plans dignes d’intérêt ne manquent pas. Une petite baisse de régime qui ne doit pas pour autant vous décourager de plonger dans cette galette d’immondices.


Asylum Cave a donc commencé très fort … et se termine pareil. En ne prenant que les 4 openers et les 2 derniers de l’album, on tiendrait un petit bijou de brutal death. Au lieu de ça on a juste un bon disque, mais ça, ils nous y avaient habitués. Entendons-nous bien, je ne reproche à aucune chanson d’être vraiment mauvaise, mais les moments forts de l’album se situent tout simplement à ses deux extrémités. Une 6ème offrande de qualité, qui aurait simplement pu être encore meilleure.



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