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CHRONIQUE PAR ...

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Flower King
Cette chronique a été mise en ligne le 09 mars 2011
Sa note : 12/20

LINE UP

-Laura Binder
(chant)

-András Ficzek
(chant+guitare)

-Tadeusz Rieckmann
(chant+batterie)

-Mátyás Németh Szabó
(guitare)

-István Molnár
(basse)

-Barnabás Ungár
(claviers+chœurs)

+

-Jonne Järvelä
(chant sur 10)

-Attila Fajkusz
(violon+tambourin)

-Gergely Szõke
(viole+luth)

-Ernõ Szõke
(contrebasse)

TRACKLIST

1)Intro
2)Hajdutanc
3)Hozd el, Isten
4)Mennyei Harang
5)Ígéret
6)Igazi Tüz
7)Kinizsi Mulatsaga
8)A Hadak Utja
9)Leszek A Csillag
10)Leszek A Hold
11)Outro

DISCOGRAPHIE

Ígéret (2011)

Dalriada - Ígéret
(2011) - heavy metal folk La Hongrie pour les nuls - Label : AFM Records



Ígéret est kitsch. Depuis sa pochette aux fleurs des champs qu’on jurerait peinte par la fille spirituelle de Rika Zaraï, jusqu’à sa production « Air Wick vous présente le folklore hongrois », Dalriada privilégie le parcours touristique un brin faisandé à la grande escapade en terres sauvages. Si, lors d’une longue nuit d’insomnie, vous avez laissé fureter votre télécommande jusqu’aux sombres recoins des chaînes 280, 300, et que vous êtes tombés en hébétude devant les programmes traditionnels des « Duna TV » ou « Bulgaria TV », vous comprenez de quoi je parle. Pour les autres, une petite mise au point s’impose.

Dalriada joue du folk-metal, c’est ce qui est indiqué dans le dossier de presse et techniquement, c’est le cas : on retrouve les guitares saturées, les claviers, les solos des uns et des autres, de la double pédale et même du growl qui pointe le bout de son nez à de rares occasions. À cela, on rajoute la louche habituelle des instruments et airs typiques du pays et/ou région considérée, et on y est. Sauf que cette louche, pour Ígéret, pèse plus lourd sur l’estomac que d’habitude. On le sent dès l’intro, qu’on croirait repiquée d’un vinyle des anciens temps, et la tendance se confirme tout au long du disque, par la présence d’un ingrédient unique, mais crucial : le chant. Celui de la sémillante Laura Binder, qui tient le micro sur 95% du disque, et dont le timbre rustique et ultra-nasillard évoque une laitière bien gironde en costume tradi plutôt que les canons auxquels le pays est souvent associé – du moins pour le plus grivois d’entre nous. Bref, ce chant sent le salpêtre et son omniprésence aura sans doute raison des metalleux les moins portés sur le caractère « vieillot » du folk. 

Et c’est dommage, parce que ce côté rupestre du dimanche – on imagine – assumé donne de fameux résultats. Les couplets de "Hadjutanc" peuvent faire rire au départ, mais en y revenant on se rend compte que l’on aura bien du mal à s’en débarrasser, vu qu’au-delà du côté kitschouille, ils démontrent un talent pour les lignes vocales accrocheuses. Ça se confirme sur un certain nombre de refrains, notamment celui de "Kinizsi Mulatsaga", pris en charge par l’autre chanteur du groupe, András, dont la voix claire évoque un Hansi Kursch qui serait un chouïa moins porté sur le grain… sauf quand il lâche les chevaux, comme sur le refrain en question, et dans cet exercice il assure carrément. Autre réussite que le morceau-titre, par la force de son thème, par l’équilibre de sa composition entre salves speed et respirations folk. On adressera les mêmes compliments à la pièce épique finale, "Leszek A Hold", où le poivrot du coin, Jonne de Korpiklaani, vient prêter main forte à ses camarades de l’Est. Mais lorsque le côté terroir prend trop le dessus, c'est la débandade : voir "Hozd el, Isten", qui s’effondre lors d’un break calamiteux à l’harmonica (?), ou la ballade "Mennyei Harang", qui sent trop « la guimauve de mon pays » pour être honnête.


Dalriada, c’est pas le grand frisson, ça a l’odeur du faux-vieux papier et ça peut irriter les bronches des plus endurcis, mais c’est zouli tout plein, et en tant que Reader’s Digest de la folk hongroise, ça fait son petit effet. Faut juste ne rien avoir contre les visites guidées un peu mielleuses sur les bords.



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