4479

CHRONIQUE PAR ...

15
Flower King
Cette chronique a été mise en ligne le 09 mars 2011
Sa note : 11/20

LINE UP

-Jonne Järvelä
(chant+guitare)

-Cane
(guitare)

-Jarkko Aaltonen
(basse)

-Jaakko "Hittavainen" Lemmetty
(violon+flûte+cornemuse+jouhikko)

-Juho Kaupinnen
(accordéon)

-Matti "Matson" Johansson
(batterie)

+

-Tuomari Nurmio
(chant sur 6)

TRACKLIST

1)Louhen Yhdeksäs Poika
2)Päät Pois Tai Hirteen
3)Tuoppi Oltta
4)Lonkkaluut
5)Tequila
6)Ukon Wacka
7)Korvesta Liha
8)Koivu Ja Tähti
9)Vaarinpolkka
10)Surma

DISCOGRAPHIE

Korven Kuningas (2008)
Ukon Wacka (2011)
Manala (2012)

Korpiklaani - Ukon Wacka
(2011) - folk speed metal humppa humppa hips - Label : Nuclear Blast



Le vieux lutin barbu est de retour ! Moins classe qu’Eddie, mais moins craignos que le bébé phoque de Riot, il a au moins l’avantage de garantir que la donne ne change pas. Ici comme ailleurs, on va respirer la Finlande, on va causer des hommes des bois et des boit-sans-soif. Plus de l’un que de l’autre, peut-être ? Là où Karkelo, dès sa pochette, nous promettait la fête à Jojo, Ukon Wacka aguiche avec ses airs de retour à la nature, sa promesse d’une étape plus sereine. On y aurait presque cru…

… peine perdue, c’est sans intro et pied au plancher que déboule "Louhen Yhdeksäs Poika" : cornemuses, violons, accordéon, refrain à boire, affaire expédiée en trois minutes chrono, le temps que l’alcoomètre prenne 2 grammes d’entrée, c’est dans la boîte ! La dite-formule est reproduite sans trop de difficultés pour les deux titres suivants, avec quelques subtilités pour que le non-buveur d’eau ne cuve pas trop rapidement (ici un solo de violon, là des chœurs bien crétins comme on les aime) ; pas de doute, on reste bien dans le folk de bistro. En même temps, comment voulez-vous faire autrement quand on a un organe de la trempe de Järvelä, tel un cousin éloigné de Lemmy à qui il aurait poussé une deuxième paire de joyeuses et qui aurait fini trop de soirées dans les bras de son pote Shane MacGowan ? Au moins, on ne pourra pas dire qu’il fait son timide : lui, il est plutôt du genre à vous prendre par l’épaule – en la déboîtant au passage – et vous entraîner sans peine dans ses joyeuses gueulantes. Si bien que quand il invite son pote Tuomari à prendre le micro pour la plage-titre, lequel est sympa mais moins vif que son collègue, l’intérêt retombe tout de suite d’un cran.

Oui, Jonne et son orchestre, c’est l’assurance d’un bon moment arrosé où chacun tient bien son rôle ; c’est un son net et ample qui vous plonge au cœur de la fanfare ; c’est une bande qui ne manque jamais d’énergie et qui – miracle ! – se paie même le luxe d’offrir ici et là des bons riffs rock&roll ("Korvesta Liha"). Mais tout de même, parfois, on aimerait bien qu’ils tentent autre chose. Qu’ils ne tombent pas dans le concept « Tour du monde des Alcools » en nous sortant "Tequila" un disque après "Vodka" : une démarche qui n’intéressera que leurs fans sud-américains les moins exigeants vu la pauvreté du titre. Bref, Ukon Wacka souffre d’un manque d’ambition d’autant plus regrettable que le seul titre à sortir du cadre « Chez Maurice », à savoir "Surma", est une vraie réussite dans son genre. Avec son thème lyrique, son ton plus épique, son jeu de chat et de souris entre les parties « heavy costaud » et les sursauts ultra-rapides, Korpiklaani concrétise en six minutes la promesse de dépaysement que laissait entrevoir sa pochette, sans pour autant renier son identité. Alors pourquoi ne pas exploiter cette voie ?


Korpiklaani, en 2011, rempile pour le rôle de Licence IV du folk-metal, et on ne peut pas dire que ça leur aille si mal ; seulement, s’y cantonner peut finir par lasser du monde. On se souvient d’Equilibrium, l’an passé, qui avait réussi à conjuguer un esprit festif avec des compositions longues et ambitieuses. Ça fonctionnait, et pas qu’un peu. Qu’est-ce que peuvent perdre les Finlandais à tenter le coup la prochaine fois ?



©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 6 polaroid milieu 6 polaroid gauche 6