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CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 04 mars 2011
Sa note : 12/20

LINE UP

-Sy Keeler 
(chant) 

-Nige Rockett 
(guitare) 

-Andy Rosser 
(guitare) 

-Jeff Williams 
(basse) 

-Steve Grice 
(batterie) 

TRACKLIST

1)Into the Abyss
2) Born for War
3) The Sound of Violence
4) Code Black
5) Rest in Pieces
6) Godhead
7) Hatebox
8) Antitheist
9) Suicideology
10) The End of The Storm
11) Bomber

DISCOGRAPHIE

Killing Peace (2007)
Live Damnation (2009)
Sounds Of Violence (2010)
VI (2013)

Onslaught - Sounds Of Violence
(2010) - thrash metal - Label : AFM Records



Avec le recul, je l'avoue, j'ai peut-être eu la dent un peu dure avec Onslaught à l'occasion de la chronique de leur précédent live. Sans doute l'influence du ressentiment anti-anglais inculqué depuis mon plus jeune âge. Parce que bon, faudrait quand même pas oublier qu'ils ont brûlé Jeanne d'Arc ces chiens… Mais bon, promis, cette fois, je vais faire un peu plus attention et rester mesuré dans mon appréciation. Même si avec la récente défaite sans appel lors du Crunch, c'est pas gagné d'avance…

Pour éviter tout dérapage impromptu, prenons les choses de façon factuelle. Chanteur ayant bouffé de la vache enragée : check. Batteur qui avoine pendant 45 minutes : check. Paire de guitaristes alignant riffs saignants et solos furibards : check. Bassiste qui… euh… était sans doute chargé de l'approvisionnement du studio en binouzes : check. Insertions de passages heavy afin de déclencher le headbanging : check. Morceaux mid tempo pour briser la monotonie : check. Paroles evil un peu neuneu sur les bords : check. Bon, ben voilà, à priori, on a bien tous les ingrédients nécessaires à la réalisation d'un album de thrash tout ce qu'il y a de plus basique. Pour la petite touche personnelle qui permet aux Grands de se distinguer, on repassera, mais ce n'est pas non plus comme si on s'attendait à retrouver cette griffe sur un album d'Onslaught. Cela n'a d'ailleurs rien de rédhibitoire, car de temps en temps, ça ne fait pas de mal de revenir à un bon vieux steak frites. Le hic, c'est qu'on a tout de même l'impression qu'Onslaught s'est contenté de faire les choses à moitié, un peu comme s'ils nous avaient servi une viande bien tendre et parfaitement assaisonnée avec des frites trop grasses qui sentent l'huile de friture vieille de trois jours.

Impossible de nier la présence de certains atouts dans le jeu des Anglais : la science du bourrinage à la fois puissant et digeste ("Born for War", "Suicideology", "Rest in Pieces"), la bonne maîtrise du mid tempo qui fait mal ("Code Black"), la qualité des solos ou encore quelques refrains basiques qui, à défaut d'être très soignés, sont martelés avec beaucoup de conviction ("The Sound of Violence", "Rest in Pieces" encore). On notera également que cet album ramassé (11 titres, dont une intro, une outro et une reprise de Motörhead avec Tom Angelripper en guest) ne contient pas de morceau vraiment faiblard : même les titres qui apparaissent un peu en deçà au départ sont sauvés par un petit gimmick : le break ultra heavy et le solo à la Annihilator de "Godhead", l'intro slayerienne de "Antitheist"... Ceci dit, rien non plus de très franchement marquant sur cette galette : d'une part, parce qu'on est loin d'avoir affaire à des orfèvres en matière de riff qui tue, ensuite parce que Sy Keeler a beau être brailleur honorable, son chant est beaucoup trop banal et son registre trop étriqué pour rivaliser avec les plus grands. Du coup, une fois l'album terminé, on passe très rapidement à autre chose sans en garder un souvenir inoubliable.


Il y a deux catégories d'album : ceux dont on se dit « Wow, j'ai une irrésistible envie de l'écouter là, maintenant, sans plus attendre », et ceux dont on se dit « Maintenant que je l'ai acheté, je vais quand même pas le laisser prendre la poussière indéfiniment ». A l'instar de son prédécesseur Killing Peace, Sounds Of Violence est clairement à ranger dans cette seconde catégorie : on a beau se dire en l'écoutant qu'il est plutôt bien foutu, ça manque un peu de moments forts pour tenir la distance et laisser une trace indélébile. Encore une fois, Onslaught n'est pas passé loin…


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