4467

CHRONIQUE PAR ...

82
Cedric
Cette chronique a été mise en ligne le 01 mars 2011
Sa note : 18/20

LINE UP

-Axl Rose
(chant+claviers)

-Slash
(guitare)

-Izzy Stradlin
(guitare)

-Duff McKagan
(basse)

-Dizzie Reed
(claviers)

-Matt Sorum
(batterie)

TRACKLIST

1) Civil War
2)
14 Years
3) Yesterdays
4) Knockin' on Heaven's Door
5) Get in the Ring
6)
Shotgun Blues
7) Breakdown
8) Pretty Tied Up (The Perils of Rock N' Roll Decadence)
9) Locomotive
10) So Fine
11) Estranged
12) You Could Be Mine
13)
Don't Cry (Alternate Lyrics)
14) My World

DISCOGRAPHIE


Guns N' Roses - Use Your Illusion II
(1991) - hard rock hard rock - Label : Geffen Records




Philippe Manœuvre disait, lors d’une longue interview assez chiante, que la drogue ultime, c’était la musique. Il a dit ensuite que « le sexe c’est merveilleux, le rock n’ roll c’est merveilleux, la drogue : attention, c’est très dangereux ». Steven Adler a choisi le danger, la drogue, le mal. Exit le batteur blondinet. De toute façon, il n’avait jamais rien composé pour les GNR… Alors bon…


Pourtant en regardant le livret, on découvre qu’Adler est derrière les fûts pour le premier morceau de cette seconde partie de l’album Use Your Illusion. Le morceau, "Civil War", n’ayant rien à voir avec ce que les Guns avaient fait sur Appetite For Destruction, on ne peut guère le reconnaître. Tant pis. Adieu l’ami. Après la citation de Strother Martin, après cette douce introduction, classe et sèche, déboule un long morceau protestataire assez typique de l’idéologie de la jeunesse américaine du début des 70’s, contre toutes formes de GUERRE parce que c’est le mal. Bon, on est loin de l’engagement d’un Dylan (on y revient juste après) ou d’un Zach De La Rocha, mais la chanson tue. Donc… Partant de là, l’album enchaine trois titres qui, s’ils ne sont pas mauvais, n’ont pas la classe d’un "Welcome to the Jungle" et autres "Nightrain". Sympathique sans casser quatre pattes à un poussin.

Comme pour le tome I de cette aventure des illusions, les Guns nous casent une reprise, de Bob Dylan donc, le célèbre et gavant "Knockin’ on Heaven’s Door", lourd comme une bûche de Noël à la choucroute. Pour l’instant, mis à part la première piste, rien de transcendant. Heureusement arrive le premier coup de tatane de l’album. "Get in the Ring" est un bijou de Hard Rock, bourré d’interventions Slashiennes, Rose nous fait le coup de la voix agressive légèrement rauque, McKagan assure en backing vocals, les paroles sont marrantes (un pamphlet virulent destiné aux détracteurs du groupe qui sévissaient un peu partout dans le monde, avec du « Ass », du « Bitch », huit « F@ck » en 5’41, soit un toutes les 40 secondes). "Shotgun Blues" fait penser à "The Garden of Eden" ou à "Perfect Crime", soit aux plus mauvais moments du tome I. Mais les Guns étaient des blagueurs, des vrais.

Bah oui : le bilan est mitigé à cet instant. Et pourtant… Je les imagine les gunners, rigolant sous leurs capes en plaçant cinq bombes coup sur coup… "Breakdown" commence sur quelques notes de banjo, un sifflement, un rayon de soleil et s’ensuivent six minutes d’un rock éclairé qui fout la banane, et là Slash se lâche, à deux reprises, soutenu par une rythmique simple mais au combien efficace. "Pretty Tied Up" est ultra carré, un refrain gros comme un camion, et encore des parties de lead fantastiques, "Locomotive" est complexe, bourrée de bonnes choses, se termine sur deux minutes étranges et enfumées entrainées par le clavier de Dizzy Reed. Et si "So Fine", chantée par McKagan, est banale, elle nous permet d’arriver sur "Estranged". Cette chanson, longue elle aussi, contient les parties les plus aiguisées que Slash ait pu sortir, et à mi course, la lumière s’allume sur l’espoir (c’est la musique qui dit ça), Monsieur Rose gueule un peu et c’est fini. Tout est dit.

Enfin, tout ? Non, "You Could Be Mine", vous connaissez ? Vous l’avez entendu au moins une fois. Dans Terminator 2 : Le Jugement Dernier, quand ce petit con de John Connor ne veut pas ranger sa chambre et dit à Todd : « c’n’est pas ma mère, Todd », c’est les Guns derrière, enfermé dans le poste. Le morceau est très bon, bien burné, avec un final énervé qui fait mouche en concert, aujourd’hui comme il y a vingt ans. Le "Don’t Cry" qui suit n’est qu’une redite de celui sur le premier volume d’Use Your Illusion, les paroles changées. Identiques sauf ça. L’intérêt est limité. "My World" est un trip électro composé et interprété par Rose en solo, une moche manière, il faut l’avouer, de terminer l’aventure de ce double album qui aurait gagné en qualité en suivant une cure d’amaigrissement. L’album titre à 76’, c’est long, mais il possède plus de qualités que son petit frère, des morceaux plus complexes et plus aboutis, moins de remplissage.

Sortie le même jour que UYI I. Donc même son, même prod. Une durée équivalente, un nombre de morceaux à peine inférieur. Et pourtant ces deux galettes sont radicalement différentes. Considéré comme un tout, Use Your Illusion est MYTHIQUE. Pris seul, ce volume n’est que TRÈS BON. Ça suffit à faire des Guns un groupe culte qui, en l’espace de trois albums, a laissé un héritage rock gros comme ça. Balèze hein ?


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 1 polaroid milieu 1 polaroid gauche 1