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CHRONIQUE PAR ...

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Lucificum
Cette chronique a été mise en ligne le 27 février 2011
Sa note : 7/20

LINE UP

-Kimmie Tenna Nielsen
(chant)

-Niels Vejlyt
(guitare)

-Bernardo Fesch
(basse)

-Mads Damgaard
(claviers)

-Jakob Vand
(batterie)

TRACKLIST

1) The Hunger
2) The Stand
3) Angels
4) Evernight
5) Secrets
6) Back from the Past
7) Smoke and Mirrors
8) The Infinite Overture pt. 1.
9) Darkness of Mind

DISCOGRAPHIE


Infinity Overture - Infinity Overture Pt 1
(2011) - gothique shred metal prog - Label : Lion Music



Si vous aussi vous aimez les tours de magie où des choses disparaissent subitement, je vous encourage à découvrir le dernier numéro du prestidigitateur de renom Niels Vejlyt. Au début de son numéro, il arrive avec un groupe de heavy symphonique, plutôt bien fichu, riche et ambitieux. Et puis hop, petit tour de passe-passe, quelques gestes calculés et deux-trois artifices pour détourner l’attention du spectateur, et zou : il ne reste presque plus rien. Magie ! Il salut, sort de scène, et les spectateurs quittent la salle. Sans se retourner.

Circulez, il n’y a plus rien à voir : c’est un peu le message que l’on reçoit à l’écoute de ce Infinity Overture Pt 1. Là où ceux qui avaient écouté Kingdom Of Utopia en 2009 en avait gardé un souvenir agréable, ils risquent bien d’être un peu déçus par ce nouvel album, qui a fait table rase sur plusieurs choses, en particulier son line-up. En gros, exit tout le monde sauf le guitariste Niels Vejlyt (et Mads Damgaard, qui passe de la basse aux claviers sans que personne ne sache pourquoi), qui a agrégé autour de lui de nouvelles têtes. Déjà, fini le multi-chant : de deux chanteuses et un chanteur, on passe à une chanteuse (la jolie Kimmie Tenna Nielsen) certes talentueuse, mais - comme trop souvent dans le métal - au timbre relativement passe-partout et un peu tarte. Malgré la présence de la voix de Niels en contrepoint, qui propose ici et là un peu de growl sans réelle personnalité, c’est donc un groupe de métal « à chanteuse » qu’est devenu Infinity Overture, avec ce que cela implique en termes d’image vis-à-vis des fans. Beaucoup seront sans doute déçus, quelques autres seront par principe enthousiastes, mais tout ce petit monde fera sans doute la même grimace après avoir écouté l’album, qui se révèle plat, pompeux et ennuyeux.

Déjà, Niels Vejlyt est un guitariste qui aime la vitesse et les descentes de gamme, mais moins les harmonies et la composition. Du coup, l’accent est mis sur le shred stérile et les riffs communs, déjà entendus soixante-sept fois, et qui n’aident pas Kimmie à briller. Ensuite, la production met également les guitares à l’honneur, mais malheureusement, leur son est atroce. Pas puissantes, brouillonnes… elles ne dégagent aucunement l’agressivité de mise dans le métal. C’est mieux en ce qui concerne la guitare lead, mais le jeu de Niels Vejlyt, qui semble raisonnablement doué, manque cruellement de l’assurance d’un Romeo ou d’un Joe Stump. Du coup, ses gammes et ses moments de bravoure se résument à des notes enquillées à toute vitesse, sweepées par endroit, mais peu  impressionnantes et surtout trop rarement pertinentes. En cause, l’écriture des titres, bâclée, qui ne brille que très rarement ("Smoke and Mirrors" est correct, mais c’est loin d’être décoiffant), et les mélodies indigestes et naïves ("The Infinite Overture Pt. 1", "The Stand", "Secrets", ou l’affreux et dégoulinant "Back from the Past") que Vejlyt persiste durant quarante-sept minutes à nous asséner. Aucun titre ne surnage réellement et l’ennui est palpable avant même d’atteindre la moitié de l’album…


Avoir troqué un côté métal progressif symphonique pour un heavy/goth à chanteuse (avec du shred) était clairement une mauvaise opération pour Infinity Overture. Et ce ne sont pas les timides apparitions de Fabio Lione et d’Amanda Somerville (excusez du peu) qui vont relever le niveau, non plus que la production ratée de Sascha Paeth (personne n’est infaillible). Eh oui, outre la disparition des éléments intéressants présents sur Kingdom Of Utopia, il est à craindre que le magicien Vejlyt ait aussi fait disparaitre une partie de son public. Dommage.



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