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CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 22 février 2011
Sa note : 11/20

LINE UP

-Maurice Swinkels 
(chant) 

-Richard Ebisch 
(guitare) 

-Harold Gielen 
(basse) 

-Erik Fleuren
(batterie) 

TRACKLIST

1)Descent Into Chaos
2) Night of the Sabbath
3) War Is in My Blood
4) Schrapnel Rain
5) Holy Blood, Holy War
6) Killzone
7) Lord of the Flies
8) Desolation Empire
9) The Hand of Darkness
10) Repossessed

DISCOGRAPHIE


Legion Of The Damned - Descent Into Chaos
(2011) - death metal thrash metal - Label : Massacre



Dans la chronique du dernier Sodom, je vous racontais que je trouvais un peu sévère le sempiternel procès en immobilisme intenté aux Allemands. Par contre, si vous remplacez Sodom par Legion Of The Damned, j'aurais effectivement du mal à trouver des arguments contraires. Parce que bon, les albums des Hollandais, c'est un peu comme les Police Academy (ou les Saw, pour prendre un exemple qui me fera moins passer pour un vieux con) : quand vous en avez vu un, vous les avez tous vus…

Et pourtant, au vu du début de l'album (abstraction faire de l'intro ridicule aux allures de bande-annonce pour un actioner nanar), j'avoue, j'y ai cru… L'espace des trois premiers titres, j'ai eu l'impression que les Hollandais avaient retrouvé leur mojo, en tout cas leur sens du riff ravageur. Qu'il s'agisse de sonner une charge 100% thrash ("Night of the Sabbath"), de se la jouer rouleau compresseur avec une petite pointe de death ("War Is in My Blood") et d'envoyer du mid tempo heavy qui donne immédiatement envie de headbanguer ("Shrapnel Rain"), les Hollandais assurent. On relèvera aussi la maîtrise du break mid tempo qui fait mal sur les deux premiers titres, où l'effet de contraste fonctionne parfaitement. J'aurais presque pu ajouter "Killzone" à cette liste, histoire de former le carré d'as à 100 points. En effet, au beau milieu de ce titre, on retrouve LE break de l'album, qui voit Legion Of The Damned renouer avec une vieille spécialité : le riff tronçonneuse qui vous explose la tronche. Dommage que ce passage n'ait qu'une portée très limitée, puisque le reste du morceau, sorte d'ersatz au rabais de "Son of the Jackal", n'a rien de mémorable. Les Hollandais retombent alors dans leurs travers, qui vont polluer le reste de l'album.

En effet, sorti de ces trois titres de départ, pas de miracle. De prime abord, la recette de Legion Of The Damned est pourtant au metal ce que le quatre quarts est à la cuisine : le truc le plus simple du monde. Pour composer un morceau, les Hollandais n'ont besoin que de trois riffs : un pour le couplet, un pour le refrain et un pour le break. Après, il peut y avoir quelques fioritures comme une intro (très rare), un solo (à peine plus fréquent) ou un changement de tempo, mais la base reste invariablement la même. Mais apparemment, trouver trois bons riffs et savoir les assembler correctement, c'est loin d'être si facile. Legion Of The Damned nous le démontre en enchaînant les titres sans relief. Les tentatives de bourrinage en règle ne fonctionnent pas en raison de riffs peu inspirés ("Repossessed", cousin dégénéré de "Beneath the Remains") ou de transitions inexistantes donnant l'impression de collage à la va-comme-je-te-pousse ("Holy Blood, Holy War", étalage de plans sympas n'allant pas forcément bien ensemble). Quant aux mid tempos, ils se font moins fédérateurs ("Lord of the Flies") ou carrément ennuyeux ("The Hand of Darkness"). Hormis l'accrocheur "Desolation Empire", pas grand-chose de bon à se mettre sous la dent sur cette seconde moitié.


Le sursaut d'orgueil du début d'album n'était qu'un mirage, et rapidement le carrosse redevient citrouille. En s'imposant un cahier des charges aussi limité au niveau du style, Legion Of The Damned se condamne à ne disposer de quasiment aucune marge de manœuvre. Même si Descent Into Chaos se place un bon cran au-dessus du décevant Cult Of The Dead, on peut tout de même se permettre de douter que les Hollandais puissent un jour rééditer leur performance sur Sons Of The Jackal, où il n'y avait vraiment pas grand-chose à jeter. En tout cas, ce n'est pas pour cette fois.


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