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CHRONIQUE PAR ...

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Flower King
Cette chronique a été mise en ligne le 21 février 2011
Sa note : 10/20

LINE UP

-Arnold Petit
(chant)

-Jean-Christophe Guillard
(guitare)

-Steve Cheney
(guitare)

-Marie "Eira" Koscianski
(claviers)

-Paul-Emmanuel Bastit
(basse)

-Matthieu Henocq
(batterie)

TRACKLIST

1)Paranoisia
2)Alone & Hostile
3)Flesh Made Mad
4)Septischism
5)The Alternate Eve
6)Ex-Stasis
7)Dig-It-All
8)Shape Her Death

DISCOGRAPHIE


Beyond The Pain - Swallow The Real



Toute bonne histoire vous le dira : après la douleur, vient le plaisir. Mais au-delà de la douleur, qu’est-ce qu’il y a ? Un puits de jouissance inextinguible ? Un torrent de sève visqueuse et pénétrante à vous inonder les chairs ? Un nirvana où les âmes auto-destructrices s’épanouissent dans le rut ? Beyond The Pain, malheureusement, ne pratique ni le funk salace, ni l’EBM sado-maso, et sera donc bien en peine de fournir des réponses à cette question. En revanche, en termes de métal torturé mais pas trop, ils peuvent peut-être se montrer intéressants… peut-être.

On ne pourra pas reprocher au groupe de manquer d’ambition. Sortir un album avec ses petites mimines, sans EP préparatoire, il faut être sûr de son coup. Pratiquer une musique oppressante, tourmentée, est encore plus casse-gueule : d’une part parce que le terrain a déjà été bien arpenté, et qu’il vaut mieux sortir de la masse ; d’autre part parce que pour en sortir, justement, il faut être bon sur tous les tableaux : la technique, la composition, et la gestion des climats. Sur le premier tableau, rien à dire : le groupe n’usurpe pas son nom (au-delà du pain… bon, voilà, c’est fait), tout ce beau monde joue avec classe et propreté, mention spéciale aux lignes de basse fort distinguées. Le chant, essentiel dans ce genre d’exercice, ne déçoit pas. Arnold enchaîne growls, murmures et chants clairs sans peiner, avec une puissance qui fait particulièrement mouche dans les sections les plus violentes. Un certain maniérisme ici et là, ainsi que quelques Maynardises (le début de "The Alternate Eve") peuvent chiffonner les plus pointilleux, mais ce n’est pas le problème majeur de Swallow The Real

Non, ce qui gêne, ce sont les deux tableaux qu’il reste à évoquer, et qui sont ici intimement liés. Les compositions de Beyond The Pain manquent de dynamiques, de contrastes, de moments percutants ; et ce manque, l’autoproduction le souligne au lieu de le pallier. Le son est uniforme, en vase clos, il empêche la musique de respirer, et donc, paradoxalement, de la rendre aussi étouffante qu’elle le souhaiterait. L’instrumental "Paranoisia" expose bien le problème : des battements de cœur, des murmures, une respiration qui s’accélère pour aboutir à un cri… sauf que la progression n’est pas assez insidieuse, trop vite envahissante, et le final se fond dans la mélasse au lieu de nous saisir de peur. Et le reste du disque passe ainsi, une fois, deux fois, X fois, sans que nous soit permis d’y retenir autre chose que des bribes de morceaux, dans le bon sens (la montée finale de "Dig-It-All") comme dans l’autre (un gimmick vocal insupportable à base de « wou-ha-ha-ha » dans "Septischism"). Mais jamais on ne décolle.

Qui c’est qu’on appelle ? S.O.S. Producteur ! Avec un mec compétent aux manettes, la musique de Beyond The Pain ne peut que grandir, car il y a, c’est sûr, quelque chose à tirer de ces six-là, et de ces morceaux qui ne demandent qu’à être polis, réarrangés et à sonner avec bien plus de profondeur qu’en l’état. Et là, oui, on avalera le réel avec plaisir. Mais pas tout de suite.

www.myspace.com/beyondthepainmusic


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