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CHRONIQUE PAR ...

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Dexxie
Cette chronique a été mise en ligne le 20 février 2011
Sa note : 16/20

LINE UP

-Simon Larsen 
(chant+guitare+basse) 

-Aage Krekling 
(batterie)

TRACKLIST

1)Alucinor
2)Under the Black Moon
3)Natt utover Havet
4)Forged by Wolves
5)I Lys av Mørket
6)The Sun I Carried Alone
7)Rigor Mortis
8)These Dreams Divine
9)Burning Bridges

DISCOGRAPHIE


Iskald - The Sun I Carried Alone
(2011) - black metal - Label : Indie Recordings



Iskald est un tout jeune groupe, disons plutôt un duo (sauf en live), formé en Norvège. Oui, c’est le même pays que a-ha (« take on me, take me on, et take me encore sur le lave-linge »). Bref, là-bas, ça peut cailler dur et, sauf exceptions, ça forge son homme. Ça fait pousser les cheveux et la fourrure, surtout pour les adeptes des slips à la « Joey sur la pochette d’Into Glory Ride ». En tout cas, le duo nordique nous avait collé une sacrée patate avec leur dernier opus Revelations Of Reckoning Day, et c’est avec un immense plaisir qu’on les retrouve deux hivers plus tard...

Comme toujours, on est en présence ici d’un excellent black, que certains qualifieront de black thrash, puisqu'effectivement, les rythmiques et autres riffs s'échappent clairement de l’image classique du true black, et heureusement puisque c’est là tout l'intérêt de la musique du groupe. Les rythmiques passent habilement du blast au mid-tempo, et avec juste ce qu’il faut de roulements pour nous rappeler qu’à la base, la musique symbolise nos sentiments et que chaque coup de baguette sur la peau - de bête - de la caisse claire correspond à une gorge de racaille chrétienne tranchée. En parlant de gorge, le chant est des plus agréables, sans bavures, et bien loin des hurlements du « core », puisqu’il est visiblement inspiré de maîtres comme Immortal.

Ce constat peut être extrapolé à l'exécution en général puisque les musiciens maîtrisent leurs instruments, à savoir quatre instruments par personne dans certains cas, pour ceux que la technique intéresse. On peut dire que ces bonshommes-là donnent un souffle nouveau au black metal, composant des morceaux tout à fait excellents et sortant des sentiers battus tout en conservant une claire influence du black « classique » à la scandinave. Ceux qui ont écouté la galette précédente du groupe sortie en 2008 se souviendront des chefs-d’œuvre qu’elle contient, a savoir le triplé “The Orphanage” /  “Tartarus” / “Det Stilner Til Storm”. Un tel niveau de composition semble difficile à atteindre et bien que l’album présentement chroniqué soit de grande qualité, il n'égale pas son prédécesseur. Ça n’en fait pas pour autant une galette décevante, et nous ne voulions évidemment pas la même chose de toute manière.

Citons le titre peut-être le meilleur du disque “Natt Utover Havet”, qui, par un processus que votre serviteur à la théorie musicale limitée ne saurait expliquer (peut-être le coté prog ?), rappelle étrangement l’ambiance du générique de la série Amicalement Vôtre... (entre deux commodes) à la manière d’un “Dirge for November” d’Opeth (sur l’album immense Blackwater Park). Mais la connaissance de cette théorie musicale, qui porte d’ailleurs très justement le nom de théorie puisque contrairement à la musique elle fut créée par l’Homme, ne nous empêcherait-elle pas de savourer ce délicieux black, faisant justement le lien entre les origines chlorophylliennes de la musique et la perception moderne de cet art?


Un bon album par un excellent groupe, qui signe ici après six ans d'activité sa troisième galette (sans compter les demos et compagnie). Sans atteindre l’immense qualité de leur disque précédent qui aurait facilement pu se faire hérisser tous les poils des fesses de la mère de Sardou, nos deux vikings nous servent ici un bon moment de « que-bla »
.



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