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CHRONIQUE PAR ...

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Lucificum
Cette chronique a été mise en ligne le 06 février 2011
Sa note : 15/20

LINE UP

-A.J. Magana
(chant)

-Christian Kúhn
(guitare)

-Jacob Schmidt
(basse)

-Lille Gruber
(batterie)


TRACKLIST

1) Introitus
2) Consumed by Repugnance
3) Carnal Deliverance
4) Salacious Affinity
5) Engulfed in Excruciation
6) Coerced Into Idolatry
7) Blissfully Exsanguinated
8) Calculated Barbarity
9) Lurid Assimilation

DISCOGRAPHIE


Defeated Sanity - Chapters Of Repugnance
(2010) - death metal brutal death - Label : Willowtip



« Germany's answer to Suffocation », peut-on lire sur le baratin promo de Chapters Of Repugnance. Au moins, les choses sont claires d’entrée de jeu, pas besoin d’augmenter les basses sur l’equalizer de notre stéréo, on sait que de toutes façons les murs vont prendre cher, les voisins vont sursauter et les flics ne tarderont sans doute pas à se pointer pour faire cesser ce séisme de magnitude 8.3 sur l’échelle du death metal. Alors on respire un grand coup, on se détend et on appuie sur Play. Et on kiffe.

Enfin, on kiffe si l’on a la moindre affinité avec le brutal death technique, le nom de Suffocation venant naturellement, et ce même sans l’aide du texte fourni par le label, tant les points communs abondent : la production étouffée, lourde et suffocante, comme l’a été celle de Effigy Of The Forgotten en son temps (même si depuis 1991, l’amélioration du son le rend tout de même plus clair et équilibré), les riffs rapides et tordus, et surtout ces palm mutings qui résonnent et qui durent plusieurs secondes, véritables signatures du brutal death des années 90. De même pour le chant, avec le nouveau growleur du groupe, A.J.Magana (que l'on connaît dans Disgorge), à la voix relativement proche d’un Mullen en plus guttural tout de même. Le tout, donc, donne un combo aux influences évidentes, mais à l’efficacité également certaine.

Car il ne suffit pas de réunir les ingrédients cités plus haut pour être sûr que le décrassage d’oreille sera complet. Malgré son côté obligatoirement massif et peu raffiné, un album de death efficace se doit d’être subtil dans le riffing et dans la proportion de blast, de passages lents et de techniques. Ici, l’équilibre est optimal, avec dans chaque morceau une répartition intelligente du bourrinage, du blast et du gros phrasé alourdi à grand coup de palm muting rivalisant dans le bas du spectre avec la basse – que malgré tout on entend bien, ce qui fait toujours plaisir dans ce monde trop souvent exclusivement six-cordiste. Niveau ambiance, le groupe se contente de quelques samples et d’une intro fort efficace, avec cette montée en puissance imparable, et le reste n’est que poing  directement lancé dans la face de l’auditeur. L’artwork rappelant inévitablement Jérôme Bosch colle parfaitement à la violence du propos et annonce en tout cas la couleur : ça va faire mal.


Pour un troisième album, on peut dire que le groupe n’est pas à côté de la plaque. Là où la scène Brutal Death est phagocytée par les groupes US (et de l’Europe du Nord, depuis peu), il est rassurant de voir que l’Allemagne, patrie traditionnelle du thrash et du heavy (et de la bière servie dans des chopes de 2 litres, ne l’oublions pas) parvient à appliquer sa légendaire « Deutsche Qualité » au brutal death…



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