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CHRONIQUE PAR ...

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Dr Gonzo
Cette chronique a été mise en ligne le 04 février 2011
Sa note : 17/20

LINE UP

-Jus Osborn
(chant+guitare)

-Liz Buckingham
(guitare)

-Tas Danazoglou
(basse)

-Shaun Rutter
(batterie)

TRACKLIST

1) Black Mass
2) Venus in Furs
3) The Nightchild
4) Patterns of Evil
5) Satyr IX
6) Turn Off Your Mind (Azathoth)
7) Scorpio Curse
8) Crypt of Drugula



DISCOGRAPHIE


Electric Wizard - Black Masses
(2010) - doom metal - Label : Rise Above



Un album d'Electric Wizard, c'est toujours la promesse d'un certain art de vivre, dont les piliers branlants seraient les films d'horreur à petit budget, l'imagerie occulte (budget serré aussi en général), Lovecraft naturellement et enfin, parce qu'il reste quelques piécettes au fond d'une poche, une quantité non négligeable de cannabis. Et mine de rien, ces bases permettent les plus folles variations.


Electric Wizard a changé depuis quelques temps, surtout depuis Dopethrone - mon coup de cœur, mon fils, ma bataille, cette petite brise qui me fait me lever du bon pied le matin. Il y eu quelques albums depuis que le trio drogué de Dorset est devenu le quatuor drogué de Dorset, et le changement de line-up a amené quelques changements dans le son, toujours opaque, mais moins dense, stone bien sûr et toujours doom. Rester doom, c'est important, et Electric Wizard met un point d'honneur à rester doom. Mais comment rester doom quand le tempo frôle l'hystérie ? En effet, nombreux seront les morceaux mid-tempo où l'auditeur n'aura même pas le temps de tirer cinq ou six lattes sur son joint entre les coups de caisse claire (plus claquante qu'auparavant) tandis que hocher la tête au rythme des coups de grosse caisse demandera un certain effort physique. Et pourtant, alors que les grooves menés tambour battant défilent a une vitesse impressionnante et que la voix se trouve suspectement mixée en avant, force est de constater qu'Electric Wizard reste doom quand même.

Les riffs sont lourds et gras comme du KFC (“Patterns of Evil” se veut particulièrement pataud) et le chant, bien que « pop » pour le registre wizardien n'ira pas s'aventurer bien loin des couinements torturés auxquels Jus Osborn nous a habitués. De même cette pointe de psychédélisme pour rappeler que la drogue, c'est important, saura toujours trouver sa place quand il le faut. (wah wah par-ci, écho par là). Forcement, lorsqu'on répète « Black mass ! Black mass ! » à qui veut bien l'entendre (sur fond de Black Sabbath période Vol. 4) ça aide. Très étoffé dans son imagerie evil stoner ultra-référencée, Electric Wizard prend par la main ses auditeurs, et puisque vrais reconnaissent vrais, malgré les petits liftings, les je-ne-sais-quoi de plus propre et abouti dans le son et l'exécution, on reconnaît bien le groupe le plus lourd de l'univers (comme ils aiment à être considérés). Et arrive “Satyr IX”, pachydermique virée de 10 minutes, où l'apathie originelle revient comme pour récompenser l'auditeur à bout de souffle après 4 pistes aux mid-tempo agités. Mais les précédents et suivants morceaux ont-ils à rougir de la comparaison face à ce retour aux sources savamment track-listé ?

Et bien non, même pas. Il y a des refrains, des solos où parfois, je dis bien parfois, on peut en distinguer toutes les notes, et même, des refrains ! Des refrains catchy, comme sur “Turn Off Your Mind”, ou “Night Child”, et même si on reste dans un registre similaire aux albums précédents, car les chiens ne font pas des chats, il est agréable de voir que Jus Osborn est capable de rester true & doom, tout en renouvelant sa façon de construire sa musique. Car oui, les morceaux sont construits, on parlera même de « chansons » par moment et non plus de jams hallucinés ponctuées de doléances hargneuses faîtes à des dieux oubliés. Tout est plus maitrisé, contrôlé, et il faut admettre que le chanteur-guitariste-compositeur-producteur sait ce qu'il fait et où il va. Une certaine mise-en-scène ressort de tout ça, gardant une façon de faire vintage, un son lourd, épais, puissant, mais old school, des thèmes vus et relus, et des plans que des pinailleurs considéreraient comme convenus.


Mais ça fonctionne, parce que c'est rythmé, inspiré, varié dans son genre. On pourrait peut-être trouver un manque de spontanéité, difficile à retrouver de toutes façons au bout du 7e album. Mise à part ça, un fan du groupe et de son univers saura y trouver son compte, et un néophyte pourra s'introduire tout en douceur dans un marais de déchets nucléaires pas forcement des plus accueillants au premier abord.


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