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CHRONIQUE PAR ...

17
Lucificum
Cette chronique a été mise en ligne le 31 janvier 2011
Sa note : 06/20

LINE UP

-Kenji Sato
(chant)

-Yusuke Sumita
(guitare)

-Haruhisa Takahata
(basse)

-Takahiro Okada
(batterie)

TRACKLIST

 1) From Alpha
 2) Lethal Agitator
 3) Retrogression
 4) Unconscious Slavery
 5) Paradoxical Chaos
 6) In Crisis
 7) Behind You Pray
 8) Resentment Without End
 9) Intolerant
 10) Maze of Nescience
 11) Revelation of Doom
 12) To Omega

DISCOGRAPHIE

In Crisis (2011)

Defiled - In Crisis
(2011) - death metal Old School - Label : Season Of Mist



En général, les métalleux occidentaux ont une tendresse toute paternelle pour les groupes s’extrayant de leur improbable pays d’origine pour arriver jusque dans nos contrées expérimentées ayant donné naissance à des légendes musicales (il n’est pas forcément ici question de la France, hein). C’est pour ça que lorsque l’on reçoit un CD venant des Philippines, du Bangladesh ou du Mali, on essaye de ne pas être trop lapidaire vu les conditions de vie difficiles de ces contrées. Mais quand ça vient du Japon, grande puissance – certes un peu en déclin – industrielle et technologique, il n’y a aucune raison d’être indulgent.

Defiled vient donc du pays du soleil levant, et pratique du brutal death old-school, actif par intermittence depuis 1992, et qui vient nous revoir après une absence de huit ans et – disons-le – en ayant été quasiment oubliés des quelques personnes les ayant connus autour des années 2000. Ce qui, à l’écoute de In Crisis, n’était sans doute pas un mal tant cet album est pénible. C’est simple : tous les titres sont identiques, et se résument, à part à une intro parfois un peu sympa ("Unconscious Slavery", "Lethal Agitator"), à un salmigondis de riffs tordus et improbables, à une batterie lourde et hystérique, et à un growler sans charisme, passe-partout, qui traine sa voix sur les quarante-cinq minutes que dure In Crisis avec la même conviction et la même passion qu’un ouvrier n’ayant pour seule fonction qu’une tâche répétitive et vaine. Le tout, bien évidemment, embrouillé par une production chaotique où la batterie et la basse mangent tout le spectre sonore, donnant à l’ensemble la même consistance qu’une soupe de légume mal digéré : y a des trucs qui flottent et ça pue.

Certes, la technique semble bien omniprésente, comme souvent dans le brutal death. Les riffs sont tordus, tout à fait dans l’esprit dissonant et agressif de ce que doit être un bon album de métal extrême, les mélodies et les solos brillent par leur totale absence, mais la production brouillonne et ce côté inconstant, rapide et âpre rend l’écoute de In Crisis sacrément difficile, même pour l’amateur rompu à la violence sonore. Il n’en faut pas plus pour qu’à terme de l’écoute de cet album, on se demande bien ce qui a pu passer par la tête de Bill Metoyer, plus habitué à produire du thrash avec Slayer, Exodus ou Sacred Reich. Ne soyez donc pas trompés par la chouette couverture, très typée année 90 et rappelant immanquablement l’esprit de Suffocation : la musique que vous y trouverez ne vous procurera sans doute pas les mêmes sensations, tant la puissance dégagée par moment par les Japonais est gâchée par une production désuète.


Rien à garder ici. Le Japon, sous-représenté en terme de métal en Occident, ne gagnera rien à être popularisé par Defiled, malgré leur longévité. Même Intestine Baalism, pourtant pas vraiment non plus des génies, parviennent à produire des choses plus intéressantes. Vite, la suite.



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