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CHRONIQUE PAR ...

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Le Moustre
Cette chronique a été mise en ligne le 18 janvier 2011
Sa note : 17/20

LINE UP

-Thomas Gabriel Fischer
(chant+guitare)

-V. Santura
(guitare)

-Vanja Slajh
(basse)

-Norman Lonhard
(batterie)

TRACKLIST

1) Goetia
2) Abyss Within My Soul
3) In Shrouds Decayed
4) Shrine
5) A Thousand Lies
6) Descendant
7) Myopic Empire
8) My Pain
9) The Prolonging

DISCOGRAPHIE


Triptykon - Eparistera Daimones




Il n'est pas un groupe de Dark Metal ou ou de Death Metal qui n'ait été influencé de plus ou moins près par Celtic Frost. La liste serait longue, mais, pour les néophytes, sachons que My Dying Bride, Misanthrope, Paradise Lost, Obituary, Cathedral, et tant d'autres formations sont parmi les plus grands fans de feu le groupe de Tom G. Warrior, chanteur-guitariste-principal compositeur.




À peine une année et quelques mois après le monstrueux Monotheist de Celtic Frost, dernier album en titre, et une tournée en compagnie de Kreator, Tom G. Warrior saborde le groupe suisse, ne supportant plus les caprices de son batteur. Il monte dans la foulée ce projet, en compagnie notamment du guitariste de Dark Fortress, V. Santura. Compte tenu des expérimentations géniales ou hasardeuses (au choix) de son groupe précédent, nous étions dans l'expectative sur le contenu de l'œuvre qui allait en découler. L'album ouvre sur un riff glaçant, et la machine, monstrueuse, glauque à souhait, se met en place : "Goetia", premier titre, met les points sur les "i". Une composition qui donne le ton, froide et morbide, tout en restant prenante ! L'album, fort de ses 9 morceaux, est tout à l'avenant : Tantôt rugueux, tantôt beau comme une église sous la neige, cet album présente des morceaux mid-tempo pour la plupart.

Quelques accélérations speed ("A Thousand Lies", "Abyss Within My Soul") rappellent parfois le passé et les deux premiers albums de Celtic Frost. On s'approche ici même du fameux "Into the Pandemonium" (le fantastique "In Shrouds Decayed") et de ses voix plaintives. De-ci, de-là des vocaux féminins glacés en forme de lueurs d'espoir flirtent avec cette grotte suintante que représente cet album noir comme un corbeau. On peut ainsi s'attarder sur le travail des voix qui est assez hallucinant, idem pour les guitares et ce son d'outre-tombe, qui sied parfaitement au combo. Au fur et à mesure des écoutes, ce son prend tout son sens et fait partie intégrante de cet album qui s'écoute en un seul bloc. Les riffs se prolongent à l'envi, les boucles se succèdent parfois d'un bout à l'autre d'une chanson. L'esprit Doom est bien là. Un point faible toutefois, quelques longueurs se font jour après de multiples écoutes ("The Prolonging", 13 minutes au compteur), mais c'est vraiment à la marge et cela n'altère en rien le plaisir.

Pari gagné donc pour Tom G. Warrior qui confirme qu'il est bien un musicien d'exception ; pas techniquement, les morceaux étant assez simples, mais dans le feeling qu'il met dans ses compositions et le côté morbide qui s'en dégage, également point fort de l'album à l'instar du dernier Celtic Frost. Des cendres d'Hellhammer est né Celtic Frost ; Triptykon naît de celles de Celtic Frost.



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