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CHRONIQUE PAR ...

17
Lucificum
Cette chronique a été mise en ligne le 18 janvier 2011
Sa note : 14/20

LINE UP

-Uwe Rödel
(chant)

-Bertram Tischendorf
(guitare)

-Sebastian Lau
(guitare)

-Marko Reppe
(basse)

-Christian Förster
(batterie)

TRACKLIST

1)Angel of Wrath
2)Lost in Addiction
3)Braindrill
4)Mr. Finster
5)Digested by Conspecifics
6)The Real Massacre of Knife
7)The Religious Way
8)The Fade of Poor
9)Standing at the Abyss
10)Negation of God

DISCOGRAPHIE


Defloration - Abused With Gods Blessing



Amis de la poésie, bonsoir. Nous sommes réunis ici pour évoquer un sujet qui fait polémique parmi les amateurs de rimes, d’alexandrins, d’allitérations et autres assonances : la stylistique de la rime dans les allégories du XVIIIe siècle. Nous commencerons par passer en revue les différentes césures dans l’utilisation de la coupe, puis nous nous pencherons sur le type de vers le plus fréquemment utilisé (octosyllabe, décasyllabe…) et enfin…ah…non, on me coupe pour me dire qu’en fait nous parlerons du dernier album de Defloration, Abused With Gods Blessing. Bah, tant que l’on reste dans le domaine de la poésie, moi ça me va.

Amis du brutal death, donc, bonsoir. Il n’y a sans doute pas grand monde qui connait Defloration, groupe Allemand de seconde catégorie qui a sorti, tout de même, quatre albums depuis 2005 (et une petite floraison de démo et autres splits). Après trois albums chez Remission Records, c’est au tour de War Anthem Records, label allemand, de promouvoir leur poulain visiblement fâché contre la religion et le Vatican, si l’on en croit le message subtilement distillé par la couverture, le titre de l’album et celui des morceaux. Certes, ça change un peu du gore, de la médecine ou de la guerre, mais Defloration reste sagement dans la provocation et la haine qui sont les étendards du mouvement death métal depuis sa création. Toutefois, musicalement, c’est une autre histoire. Defloration est un groupe ultra-efficace, massif, brutal et sans concession. Abused With Gods Blessing, c’est dix titres calibrés par une machine, c'est-à-dire coincés entre 3 et 4 minutes pour 70% d’entre eux, les autres passant timidement la tête au-dessus des 4 minutes. Pas d’expérimentation, d’ambiance ou autres trucs de fôlse : Defloration, c’est du pur jus crados et purulent.

La production est sans surprise tournée vers les graves, et ne jette qu’un regard méprisant vers l’autre bout du spectre sonore, uniquement utilisé par les quelques solos qui émaillent les titres de Abused With Gods Blessing. Les guitares sont graves, la basse tellement grave qu’elle est inaudible (ou plutôt, son ronronnement est perceptible si vous avez le caisson de basse adéquat), et le growl de Uwe Rödel est râpeux, hésitant entre growl traditionnel et grunt, voire grouik par endroit. Bon, ça ne va pas aussi loin que du Mortician, surtout en ce qui concerne le tempo, qui ne s’affole pas comme chez les Américains, Defloration ayant le bon goût (tout est relatif, hein) de varier les riffs et les techniques, passant d’un blast dévastateur à un mid-tempo headbanguant, tout cela seize fois dans le même titre. Ce qui nous amène à la technique, tout à fait présente comme dans tout groupe de death qui se respecte, sans non plus en faire son porte-étendard comme certains (Suffocation, au hasard). Ne cherchez aucune finesse, aucun répit : rappelons que Defloration est un groupe allemand, et dans la mentalité teutonne, on fait les choses à fond ou on ne les fait pas. Cela, Defloration l’a bien compris.


Si vous avez encore un hymen sur vos chastes oreilles, ne faites pas l'erreur d’écouter Defloration, vos tympans se sentiront très vite douloureusement violés par l’agression sonore d’Abused With Gods Blessing, qui fait les choses bien efficacement. Évitez également, toutefois, de l’offrir à votre petite cousine (ou cousin) pour son cadeau de première communion, le message risque d’être assez mal perçu.


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