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CHRONIQUE PAR ...

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Dupinguez
Cette chronique a été mise en ligne le 17 janvier 2011
Sa note : 15.5/20

LINE UP

-Timo Kotipelto 
(chant)

-Matias Kupiainen
(guitare)

-Lauri Porra
(basse)

-Jens Johansson
(claviers)

-Jorg Michael
(batterie)

TRACKLIST

1)Darkest Hours
2)Under Flaming Skies
3)Infernal Maze
4)Fairness Justified
5)The Game Never Ends
6)Lifetime in a Moment
7)Move the Mountain
8)Event Horizon
9)Elysium

DISCOGRAPHIE

Fourth Dimension (1995)
Episode (1995)
Visions (1997)
Visions Of Europe (1998)
Destiny (1998)
Infinite (2000)
Infinite (2000)
Polaris (2009)
Elysium (2011)
Nemesis (2013)

Stratovarius - Elysium
(2011) - heavy metal - Label : Edel



Depuis son retour avec Matias Kupiainen au poste de guitariste, Stratovarius ne chôme pas. Après Polaris, sorti courant 2009, les Finlandais se sont fendus d'une tournée, d'un live (Polaris - Live), d'une nouvelle tournée prestigieuse en compagnie de Helloween et sort aujourd'hui un nouvel album, Elysium, soit un an et demi à peine après le précédent. Soit plus ou moins le rythme de la grande époque. De là à y voir un signe...

On pouvait bien évidemment craindre que cet album n'ait été composé dans la précipitation pour pouvoir absolument assurer la tournée avec les citrouilles. En effet, la popularité des Finlandais n'est pas au plus haut après tous les déboires auxquels le groupe a été mêlé et un Polaris prometteur sans être totalement convainquant (chronique ici). Heureusement, les doutes seront vite dissipés. Si le single "Darkest Hours", qui avait été présenté dans l'EP du même nom, ne vous frappera pas forcément immédiatement, comme cela a pu être le cas avec les singles de l'ère Tolkki, celui-ci s'inscrira pourtant durablement dans votre cerveau sur le long terme grâce à des mélodies soignées, un refrain catchy et des arrangements choisis avec soin. L'occasion de souligner d'entrée le travail de Matias, qui évolue dans un registre moins immédiat, mais plus varié que ce à quoi Strato nous avait habitués jusqu'ici. Pour preuve, le break hyper lourd introduisant le solo, aussi surprenant que plaisant. Une véritable invitation au headbang.

Matias étant le compositeur principal de cet album, il apparait finalement assez vite que ce guitariste est la meilleure chose qui aurait pu arriver à Stratovarius. En effet, ses compositions font preuve d'une constance dans la qualité et d'une maturité étonnantes. La construction moins simpliste de ses compositions donneront notamment beaucoup de valeur aux réécoutes. Un titre comme "Infernal Maze", par exemple, s'en retrouve grandi. Après une introduction chantée par Timo en solo, bientôt rejoint par les claviers, c'est le grand déballage : chœurs démesurés, orgue grandiloquents, accords martelés sur les temps, pour finalement déboucher sur un titre speed ficelé avec soin. Matias brille également par ses qualités de soliste. Si l'influence de Grotimo est bien présente, celui-ci a d'autres références à aller chercher dans la sphere metal prog, à commencer par Petrucci ou encore Romeo. Cela dit, loin de faire dans la copie pâle et sans saveur, Kupiainen a su se forger une identité propre, encore difficile à saisir pleinement, mais nul doute que l'avenir lui sera des plus radieux. Quand on sait qu'il s'est également chargé de l'enregistrement et de la production, très puissante et soignée, de ce dernier album, on se dit que Stratovarius a déniché là une vraie pépite.

Les autres membres ne sont pour autant pas en reste, à commencer par Kotipelto. On pouvait sentir sur Polaris que s'émanciper de l'influence de Tolkki n'était pas chose aisée, mais que le vocaliste était sur la bonne voie. Sur Elysium, celui-ci semble se faire à nouveau plaisir derrière le micro, dans un registre beaucoup moins forcé qu'auparavant et beaucoup plus en nuances. Fini les suraigus aussi improbables qu'agaçants et c'est tant mieux! Des titres comme "Fairness Justified", tout en ambiances, ou encore "Move the Mountain", lui permettent d'exprimer sa pleine mesure. Mais c'est peut-être dans "Lifetime in a Moment" que la chevelure du blondinet brille le plus. Ce mid-tempo au riff ravageur signé Porra semble taillé sur mesure, la lente montée en puissance de l'enchainement couplet-pont, mélancolique en diable, débouchant sur un refrain imposant et salvateur. Passage obligé de chaque album de Stratovarius, les speederies sont également de la partie. Moins tubesques que par le passé, elles sont tout de mêmes bien plus réussies que sur Polaris et offrent à chaque fois de bons moments, qui s'oublieront peut-être plus facilement que le reste, mais qui apportent à Elysium une dose de fraicheur et une variété bienvenues. D'autant que, contrairement à l'album précédent, elles ne semblent pas clonées l'une sur l'autre. Outre la surprenante "Infernal Maze", "The Game Never Ends" fait la part belle au synthé tandis que "Event Horizon" speede à tout va en rappelant les origines Malmsteeniennes de Strato.

Mais LE gros morceau de cet album reste sans nul doute, la chanson titre "Elysium", qui affiche plus de 18 minutes au compteur. Bien que cette durée n'ait pas grande signification en soit, on peut dire que les Finlandais ont été généreux dans l'effort ! Qu'en est-il, alors, de ce titre fleuve ? Passons sur le fait qu'il faudra bien évidemment de nombreuses écoutes pour l'apprivoiser et rentrons directement dans le vif du sujet : même si Matias n'a pas le savoir-faire de Steve Harris pour les chansons à tiroir, pour peu que vous vous en donniez la peine, l'aventure en vaut vraiment la chandelle. On décèlera éventuellement en deux trois moments des collages un peu trop visibles, mais l'ensemble se tient tout de même très bien. Et surtout, il est conclu par sept minutes de beauté musicale pure, qui débutent avec une guitare dans son plus simple appareil, c'est-à-dire sèche, et qui seront portées de bout en bout par un Kotipelto au sommet de son art. Chœurs, soli, orchestre, chant épique et fédérateur, tout y passera. Matias en profitera pour briller une dernière fois à l'occasion d'un solo impérial, et c'est bien mérité.


Elysium est donc la meilleure réponse à ceux qui ne croyaient plus en les Finlandais. Ayant déniché la perle rare et enfin libérés de l'influence de Timo Tolkki, les Finlandais sont à nouveau un vrai groupe, dans lequel les individualités s'expriment pleinement tout en se mettant au service du collectif. Peu nombreux sont ceux qui auraient misé sur le Stratovarius version 2011. Et pourtant, le groupe montre qu'il faudra continuer à compter avec lui dans le futur. Que l'on attend d'ailleurs avec impatience.


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