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CHRONIQUE PAR ...

16
Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 15 janvier 2011
Sa note : 14/20

LINE UP

-S.
(chant)

-Hellpig
(guitare)

-Aries
(guitare)

-Luger
(basse)

-Harm
(batterie)

TRACKLIST

1) Necro Spirituals
2) Fountain of a Thousand Plagues
3) Sworn Divine Vengeance
4) Age of Scorn
5) In Jubilation and Disgust
6) Blessing the World in Pestilence
7) The Illuminated Void
8) Blasphemous Burden
9) Absolved in the Sight of God

DISCOGRAPHIE


Horned Almighty - Necro Spirituals
(2010) - black metal thrash metal - Label : Candlelight



Après des années d'attente, cette fois on y est : pour ma 230ème chronique, je vais enfin me frotter avec le genre musical qui sépare les Hommes des sous-merdes, celui qui consacre l'élite du genre humain : le black metôl. Et puis avec Horned Almighty, des vrais, avec du corpse paint, satanistes et tout, des qui feraient peur à Mamie Boutin… Bref, je me sens excité et mort de frousse à la fois, un peu comme un ado qui va tremper son biscuit pour la première fois. Allez hop, c'est parti ! Ah ouais… Euh, sans déconner, c'est vraiment du black metal ça ?

Horned Almighty attaque en effet ce quatrième album avec deux titres pas très conventionnels pour un groupe jouant à fond la carte de l'image black, que ce soit dans le look ou les thèmes abordés (regardez la tronche de la tracklist, difficile de se la jouer plus misanthrope que ça). "Necro Spirituals" donne dans le black n' roll, une mouvance décidément à l'honneur ces derniers temps. Et là, bonne pioche : le riff façon Motörhead passé à la moulinette black fonctionne parfaitement, et que dire de ce break mid tempo qui vous donne la sensation d'avoir la tronche prise dans un étau ! Dans la même veine, "In Jubilation and Disgust" s'avère un cran en-dessous mais tient lui aussi parfaitement la route, avec là encore un riff bien senti. On en viendrait presque à regretter que les Danois n'aient pas davantage insisté dans cette voie vu les aptitudes qu'ils y affichent.

Horned Almighty enchaîne ensuite avec "Fountain of a Thousand Plagues", qui donne carrément dans le thrash cradingue à la Sodom avec une voix black. Sans doute le registre le plus mis à l'honneur sur l'album, et paradoxalement le moins convaincant. Attention, Horned Almighty s'y débrouille carrément pas mal, notamment parce qu'ils ont compris l'essentiel : ce n'est pas parce qu'on veut mettre l'accent sur le côté bourrin qu'il faut oublier de pondre des riffs corrects. On appréciera aussi comme il se doit la place importante accordée à la basse dans le mix, chose de plus en plus rare. Mais si ce titre s'écoute sans déplaisir, de même que "The Illuminated Void" ("Age of Scorn" étant déjà un peu plus bâclé, à l'image de son break instrumental sans intérêt), ce sont loin d'être les titres les plus marquants qui viennent immédiatement à l'esprit une fois l'album terminé.

Et le black metal alors ? Patience, j'y viens ! Il faut attendre "Sworn Divine Vengeance" pour voir Horned Almighty se frotter à son style de prédilection. Un titre martial classique, avec les éructations de S. et l'apparition des tremolos à la guitare, mais fort efficace. Le tempo assez lent est vraiment caractéristique de la façon dont les Danois envisagent leur style : hormis "Blessing the World in Pestilence", qui déboule à fond la caisse, les autres morceaux black de cet album sont vraiment lents. C'est le cas de "Blasphemous Burden", dont la lourdeur laisse transparaître une grosse influence Black Sabbath. C'est aussi le cas, dans une moindre mesure, de "Absolved in the Sight of God", le titre black le plus conventionnel. Là encore, grosse réussite, que ce soit dans le début lent et malsain que dans la cavalcade finale avec la répétition d'un excellent gimmick de guitare.


Avec Necro Spirituals, Horned Almighty vient de frapper un grand coup. Les Danois nous offrent un album sans fausse note et surtout remarquablement varié. En répartissant leurs efforts sur trois registres différents, tous très bien maîtrisés, et en ne gardant que le meilleur, ils ont su éviter intelligemment le piège de la redite et de la panne d'inspiration pour un album ramassé (36 minutes, à l'ancienne) et sans le moindre temps mort. On en redemande !


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