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CHRONIQUE PAR ...

73
Dimebag
Cette chronique a été mise en ligne le 20 décembre 2010
Sa note : 16.5/20

LINE UP

-Kristof Bathory
(chant+claviers)

-Valkar Kael
(guitare)

-Bahemoth
(claviers)

-Othuum
(basse)

TRACKLIST

1)Conjuration of the Maskim's Black Blood
2)Nyarlathotep's Children of the Void
3)Seething the Flesh in the River of Phlegethon
4)Transformation Within Fictional Mutation
5)The Ancient Draining Room
6)Reanimation of the Dark Ages
7)London's Anthem for the Pleasure of Mutilation
8)Sacrilegious Reflection
9)God-Like Demon
10)Carnal Consummation in the Empty Space
11)Beginning of the End

DISCOGRAPHIE


Dawn Of Ashes - The Genocide Chapters
(2010) - death metal black metal dimmu borgir sauce US ultramoderne - Label : Metal Blade Records



J'avoue que j'ai eu assez peur. Un groupe de métal électro-indus renommé dans l'underground cyber goth, un look à faire passer Marduk pour des mecs sobres, pas véritablement ma came à la base. Un album annoncé comme un virage complet dans la carrière du groupe vers quelque chose de plus bourrin. Mouais, ce serait pas le premier groupe à annoncer un truc du genre et à se foutre un peu du monde à l'arrivée. Mais mes bons amis, en musique comme en toute chose, il ne faut pré-juger de rien (mangez cette philo de comptoir au passage!)

Et là, j'ai bien failli passer à côté d'un truc. Car non seulement Dawn Of Ashes n'a pas menti en disant qu'il allait complètement changer de direction avec cet opus au titre (et aux titres) un brin pompeux, mais il ne s'est pas contenté de s'essayer à ce nouveau genre plus violent : non, il l'attrape, le maîtrise, le met à sa sauce, et sort une tuerie, comme ça... Plus concrètement, et sans vouloir donner dans la dithyrambe, cet opus est une véritable réussite dans presque tous les domaines. Déjà niveau production, ce Genocide Chapters est une vraie bombe de puissance, et de clarté et de lourdeur. L'équilibre entre les instruments est quasi parfait, le tout n'est pas noyé sous une nappe de synthés sur-mixés, lesquels synthés, samples et autres chœurs féminins (groupe électro-goth à la base, remember?) s'intègrent parfaitement au sein des compos du groupe. L'ensemble convient parfaitement à la musique de Dawn Of Ashes : puissante, épique (pas sans rappeler un certain Dimmu en plus death), ambitieuse. Un ensemble sacrément cohérent qui rend l'écoute très agréable. Mais c'est bien sur le fond de son propos que Dawn Of Ashes emporte l'adhésion de l'auditeur assez heureux d'entendre qu'il reste des mecs suffisamment inspirés et couillus pour lancer des ponts entre les styles et proposer un truc certes pas totalement nouveau, mais indéniablement original et en tout cas foutrement personnel. Merde, tout y est : inspiration, exécution parfaite et technique au poil, variété dans les morceaux tout en gardant une identité quasi immédiatement reconnaissable, ce Genocide Chapters est en fait assez monstrueux...

La toile de fond, et la majeure partie du propos du combo est, indéniablement, black : la voix de Kristof Bathory, qui livre au passage une performance de haut vol, les nombreux samples de cordes et autres chœurs rappellent les gros groupes de black sympho, au premier rang desquels Dimmu Borgir, certainement LA plus grosse influence des américains sur cet opus, écoutez les couplets d'un ''Nyarlathotep's Children of the Void'' ou l'opener ''Conjuration of the Maskism's Black Blood''. Mais comme je le disais, le groupe ne se contente pas de pomper Dimmu. Il fait son propre truc, intègre plus de groove, de lourdeur et de séquences mid-tempo, bref des touches définitivement plus typées « US » dans sa musique, comme par exemple sur le refrain d'un ''Seething the Flesh in the River of Phlegethon''ou l'intro (par ailleurs absolument énorme) de ''The Ancient Draining Room'', réussissant un mix de qualité entre deathcore et black. Après tout les mecs sont Californiens (ce qui est d'ailleurs sacrément dur à croire la première fois qu'on écoute l'album...). Et même quand ils font du black pur jus, on a le droit à des compos de haute volée, comme sur le monstrueux ''Transformation Within Fictional Mutation'' et son riff d'intro à se fracasser la tête contre le mur tellement il envoie ou sur ''London's Anthem for the Pleasure of Mutilation'', rappelant un Cradle des grands jours (en un peu plus musclé cependant), le genre de morceaux que le père Dani aimerait bien être encore capable de sortir. Bref, nul besoin d'en dire beaucoup plus : ce groupe tue salement. Quasiment aucun morceau faible, une puissance et une classe folles du début à la fin de l'album, une inspiration constante dans la composition et la construction des morceaux, du grand art quoi.


Seule ombre éventuelle au tableau, on l'a dit, cette filiation peut-être un poil trop évidente avec les indépassables (en tout cas dans leur créneau) Dimmu Borgir, dont on sent que les Californiens se sont enfilés et ré-enfilés les albums. Mais encore une fois, point de pompe facile ou de paraphrase appliquée du travail des Norvégiens, plutôt une relecture ultra moderne, plus variée et plus typée US, certainement. Très franchement, du très gros boulot. Dire que les mecs faisaient de l'électro goth avant ça...Le moins qu'on puisse dire, c'est que leur reconversion est indubitablement réussie, et pas qu'un peu.


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