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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 14/20

LINE UP

-Silenoz
(chant+guitare)

-Tjodalv
(guitare)


-Shagrath
(batterie+chant)

-Stian
(claviers)

-Tristan
(basse)

TRACKLIST

1)Det Nye Riket
2)Under Korpens Vinger
3)Over Bleknede Blaner Til Dommedag
4)Stien
5)Glittertind
6)Før All Tid
7)Hunnerkongens Sorgsvarte Ferd Over Steppene
8)Raabjørn Spejler Draugheims Skodde
9)Den Gjemte Sannhets Hersker
10)Inn I Evighetens Mørke (Part 1) (Bonus)
11)Inn I Evighetens Mørke (Part 2) (Bonus)

DISCOGRAPHIE


Dimmu Borgir - For All Tid
(1995) - black metal - Label : Nuclear Blast No Colours



De lents claviers oniriques et théâtraux, un monde où souffle le froid vent des contrées nordiques, une voix à la fois suave et lointaine… voilà comment s’ouvre la musique de Dimmu Borgir. Leur premier album les installera comme un groupe à fort potentiel, ce qu’ils confirmeront. Les guitares arrivent ensuite, une électrique et une sèche. La batterie et les claviers aussi. Le rythme est lent, posé. Nous sommes loin des déflagrations sonores auxquelles nous a habituées le groupe. La voix est typiquement black metal et d’époque, c’est-à-dire très raclée et sans variation. N’attendez pas la diversité dont Shagrath nous abreuve maintenant. Le chant clair fait des apparitions, mais il est loin d’être aussi maîtrisé qu’à l’heure actuelle et aussi varié.

Le riff de cette "Under Korpens Vinger" (oui, le groupe ne manie pas encore la langue de Shakespeare) est vraiment calme. Les claviers renforcent une impression de quiétude latente sans nous faire oublier que quelque chose se cache derrière cela. Il y a comme une espèce de brouillard qui semble poindre à l’horizon. Jolie description non ? Et bien si elle est telle quelle, c’est simplement que la musique du Dimmu Borgir première version est très atmosphérique. Vraiment beaucoup d’ambiance… mais bizarrement pas excessivement lugubre. Il y a quelque blasts pour les inconditionnels de la chose, sur "Over Bleknede Blaner Til Dommedag", mais très étrangement ils n’agressent pas. C’est un blast, mais il reste dans le ton de la musique du groupe, atmosphérique, mélancolique, triste mais pas de violence, de haine. Ou alors celle est renfermée, cachée dans cette voix black très abrasive. Mais pas d’explosion brutale.

"Stien" essaie bien d’aller dans cette voie, mais la production très sommaire et l’ensemble du disque jusqu’à présent confine cela dans une relative douceur. Et les claviers derrière qui imitent la flûte apportent une petite touche traditionaliste limite viking. Néanmoins le groupe cherche par la suite à appuyer sur la pédale. C’est alors que la batterie se fait plus présente et la guitare aussi. Ses riffs qui restaient discrets se font plus entendre. Ils créent une trame musicale plus affirmée. Mais toutefois cela ne reste que temporaire. Les claviers restent les maîtres du jeu et reprennent leur place. Ils sont forts présents à un moment sur "For All Tid" qui nous fait découvrir quelques passages à la gratte sèche du plus bel effet, rendant la musique toujours plus atmosphérique, plus ambiante.

Quoiqu’il en soit, même si on peut noter un compréhensible manque de maîtrise des instruments avec une musique qui reste simple techniquement, il faut rendre à Dimmu Borgir (qui ne s’appelle pas encore Dummy Burger ou Dino Burger, c’est selon) ce qui lui appartient, c’est-à-dire un black metal original, qui porte tout sur la variation des atmosphères et des ambiances. D’ailleurs, on pourrait rapprocher à ce niveau cet album du Hvis Lyset Tar Oss (ne me pendez pas) de Burzum. Pas que la musique soit similaire, loin de là, Burzum est beaucoup plus déjanté et dangereux, mais on retrouve cette approche qui cherche, au-delà finalement du simple rythme, de la simple musique même, à rendre une ambiance. Et les ambiances distillées sont très convaicantes. La mélancolie étant le sentiment dominant avec une dose certaine de désillusion. Des fois un peu de haine, de violence, mais souvent refoulée.


Un excellent premier album.

N.B.
:Un paragraphe sur le digipack, ce qui n’était pas le cas à l’origine, il s’agit d’une réédition qui inclut deux chansons bonus, "Inn I Evighetens Morke Part 1 et 2", tirées de leur EP Inn I Evighetens Morke… Un long souffle puis le clavier-piano entre en scène, guitare sèche et la musique dans le style de l’album. Rien de spécial à rajouter. Toujours aussi mélancolique.




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