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CHRONIQUE PAR ...

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Gazus
Cette chronique a été mise en ligne le 13 novembre 2010
Sa note : 13/20

LINE UP

-Robbe K
(chant)

-Simon Lawford
(guitare+chœurs)

-Sjaak Kassies
(guitare+chœurs)

-Gerben van der Bij
(basse)

-Melle Kramer
(batterie)

TRACKLIST

1)Illuminate
2)Breach
3)Tidal Waves
4)Radiating Light
5)Desolate Rage
6)The Upward Spiral
7)Point of Infinity
8)Incinerate
9)Spectral Pathways

DISCOGRAPHIE


Obsidian - Point Of Infinity
(2010) - death metal barré death progressif - Label : Candlelight




Formé en 2002, Obsidian pratique un death metal pouvant être qualifié de progressif, puisant ses inspirations dans la musique de groupes comme les suédois de Meshuggah et Burst ou encore leurs compatriotes de Textures. Après un premier album, Emerging, sorti en 2007, les Néerlandais inaugurent leur signature avec le label Candlelight par le biais de Point Of Infinity. L'occasion de se pencher sur cette formation dont les musiciens semblent posséder un fort beau niveau technique.


"Illuminate" ouvre le bal avec fracas : ça tricote, ça blaste et ça beugle. Un plan plus groovy pour le genre se laisse entendre, laissant voir les composantes de la musique d'Obsidian : des riffs aux rythmiques torturées, entraînés par les cassures amenées par une batterie dont le jeu privilégie autant cymbales et fûts que salves de double pédale. Sur le plan de la brutalité, rien n'est à redire, un sens certain de la maîtrise instrumentale s'en ressentant. Au vu des diverses inspirations du groupe, il est cependant évident que l'on ne va pas uniquement avoir affaire à un album ayant la même dynamique qu'un break de batterie de Stefan Arnold (Grave Digger). Ainsi, on n'est guère surpris lorsque des plans plus atmosphériques viennent nous happer, au gré du chant clair d'un Robbe K qui n'est parfois pas sans rappeler celui d'Eric Kalsbeek de Textures.

Ces brèches lumineuses ne sont cependant pas exclusivement accompagnées de chant clair, à l'image du titre "Tidal Waves", où les plans de guitare créent un tapis de mélodies distordues auquel le growl de Robbe K se marie fort bien. Les passages instrumentaux sont à l'honneur, tout de contrastes vêtus tant dans les rythmiques variées ("Radiating Light" et sa basse claquante) que dans les thèmes cycliques et mélodiques développés ("The Upward Spiral" ou "Spectral Pathways"). Des moments qui viennent briser les moments purement death, évitant à ceux-ci de sonner redondants, la faute à des riffs parfois téléphonés dans les passages les plus brutaux, au risque de les rendre presque anecdotiques. En effet, Obsidian s'avère bien plus convaincant lorsqu'il s'éloigne du bourrinage pur. Les refrains de "Breach" font ainsi le plus grand bien au titre, dont la majorité des plans brutaux, même s'ils se tiennent, ne sont cependant pas inoubliables.

Niveau son, l'album s'avère jouir d'une production de qualité, réalisée par le chanteur même du groupe, le son s'inscrivant dans la lignée des standards actuels de la scène « moderne ». C'est net, précis, sans fioritures mais aussi sans réelle personnalité. Un résultat à l'image du chant : tant au niveau du growl que du chant clair, Robbe K ne brille pas réellement; il remplit juste correctement son office, conférant un côté bien souvent générique à sa tâche (à l'image de certains riffs de guitare). Notons tout de même de bons passages où les deux registres sont mêlés (simultanés), les chœurs brisant la monotonie du chant principal. Enfin, Obsidian se fait avoir au jeu des influences trop marquées. Si Textures vient en tête, on ne peut aussi s'empêcher de penser à Between The Buried And Me en ce qui concerne certains plans, tant brutaux qu'atmosphériques.


Avec Point Of Infinity, Obsidian s'avère plutôt prometteur. Reste qu'il évolue dans une scène où les groupes du genre se font de plus en plus nombreux et de plus en plus techniques. Une scène de plus en plus homogène où l'absence de réelle personnalité s'avère plus qu'un handicap. Espérons pour les Néerlandais qu'il sera possible de les distinguer de leurs concurrents dans un futur proche.


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