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CHRONIQUE PAR ...

15
Flower King
Cette chronique a été mise en ligne le 08 novembre 2010
Sa note : 14/20

LINE UP

-Tobias Netzell
(chant)

-Fredrik Norman
(guitare)

-Emil Alstermark
(guitare)

-Pierre Stam
(basse)

-Robin Bergh
(batterie)

TRACKLIST

1)A Custodian of Science
2)Deplorable Request
3)The Nighttime Project
4)Blackness Devours
5)The Dividing Line
6)Fragile
7)Scorned

DISCOGRAPHIE

A Thin Shell (2010)

October Tide - A Thin Shell
(2010) - doom metal - Label : Candlelight



Le ciel est de couleur cendre. L’air trop lourd. Le mois d’octobre vient de s’achever et, avec lui, la promesse des beaux jours. L’automne est dans sa phase morne, l’hiver s’annonce comme d’habitude dégueulasse et chargé aux anti-dépresseurs ; le moment semble idéal pour briser sa carapace, se terrer corps et âme dans une solitude salvatrice, se complaire dans sa morose mélancolie. Tout un programme de réjouissances qu’ont testé pour vous les Suédois d’October Tide, et qu’ils vous recrachent aujourd’hui à la gueule, durant quarante minutes qui font du mal là où ça fait mal.

« Qu’il est bon de hurler ! » se réjouit-on lorsque le growl de Tobias Netzell fait son entrée. Puissant sans être perçant, il est de ces organes qui nous réjouissent dans sa violence, que l’on prend plaisir à écouter, tant sa fureur paraît naturelle, tant elle se fond au paysage qui se dessine. Un paysage douloureux, mais pas apocalyptique ni caverneux : on a beau être dans la frange extrême du doom, on ne joue pas non plus dans la même division qu’Esoteric. Non, leur musique, si lente et écorchée soit-elle, reste éprise, lyrique même par endroits, et s’en va même puiser, dans ses quelques moments d’accalmie, à une source un peu plus seventies, celle-là même dans laquelle Akerfeldt avait trouvé sa formule magique. Cela dit, pas question pour Tobias de mettre de l’eau dans son vin et de passer au chant clair : s’il arrive au groupe calme le jeu, c’est pour mieux ensuite nous mettre la gueule dans la fange, voyons. Et dans cet exercice, ils sont plutôt brillants.

Aidés par un son quasi-cristallin sans passer par la case « javellisée », October Tide nous met à mal sans avoir besoin de nous mettre la tête dans le goulot. Les riffs sont, dans leur grande majorité, très efficaces, et on trouve ici et là des refrains gentiment gaulés ("Blackness Devours") mais c’est dans son jeu sur les contrastes que le groupe marque le plus de points. Prenez "Deplorable Request" : ça démarre comme un morceau de doom/death classique, avant de marquer un encéphalogramme quasi-plat pendant 2 minutes, le temps d’une ritournelle anxieuse… et lorsque les hostilités reprennent, c’est le coup dans le plexus assuré. Déjà-vu ? Complètement, mais quand c’est bien fait à ce point, difficile de se plaindre. Dans le même exercice, bien que moins radical, l’alternance riff boueux / arpège pluvieux de "Fragile" est une belle réussite vu que le jeu de question/réponse renforce chacune de ses parties, déjà bien foutues prises individuellement.


Science de la composition - mais aussi du riff obsédant, en témoigne le redoutable "Scorned" en fermeture – voix au diapason, production béton… tiendrait-on un nouveau champion ? Un ou deux morceaux pas au niveau limitent l’emballement, mais pour ceux qui aiment leur doom avec de la poigne, de l’atmosphère et du talent, il y a une escale à faire. Faites vite, et portez-vous mal, surtout.


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