4315

CHRONIQUE PAR ...

17
Lucificum
Cette chronique a été mise en ligne le 27 octobre 2010
Sa note : 12/20

LINE UP

-Leonard "Lenzig" Leal
(chant)

-Steve Goldberg
(guitare)

-Nick Schendzielos
(basse)

-Brian Hopp
(guitare)

-John Merryman
(batterie)

TRACKLIST

1)The Incorrigible Flame
2)Warbots A.M.
3)Abraxas of Filth
4)Pure Horses
5)Cordyceps Humanis
6)Raped by an Orb
7)P.G.A.D.
8)Dimensional Modulation
9)Transmography

10)Ohrwurm
11)When I Arrive
12)A King and a Thief
13)Power and Force
14)Repangaea
15)Aeyeucgh!

DISCOGRAPHIE


Cephalic Carnage - Misled By Certainty



Une simple prise de température ici où là sur le Net suffit à se faire une idée de l’accueil plutôt mitigé qu’à reçu ce Misled By Certainty dans la communauté metalleuse francophone. L’objet du délit ? La relative accalmie de Cephalic Carnage. Relative, car si le groupe part peut-être un peu moins dans tous les sens qu’auparavant, il a grandi et gagné en maturité et en prise de recul pour proposer un death un peu plus posé, mais pas moins furieux, chaotique et brutal qu’auparavant. Et ça, visiblement, ça ne plait pas au fan, spécialiste par essence du « c’était mieux avant ».

Et alors ? Était-ce mieux avant ? Au final, peu importe, il y aura toujours des gens pour apprécier la musique de Cephalic Carnage, et s'ils ne sont pas les mêmes qu’il y a quelques années, ça ne chagrinera sans doute pas plus le groupe que ça. Donc, Cephalic Carnage en 2010, c’est un brutal death à la sauce américaine : massif, rapide et technique. Car si le groupe se lance moins dans des délires jazzy à base de cuivres, il reste très technique. Pas stupidement, à la Braindrill, mais avec une certaine classe. Les riffs catchy côtoient les purs passages techniques (écoutez "Abraxas of Filth", par exemple) à base de vélocité et de rythmes hachés, le tout entrecoupé de solos surprenants ("A King and a Thief" enchaine sans complexe un grind radical et un lead presque néo-classique) ou d’une vrombissante basse qui n’est pas en reste elle non plus. Le côté grind du groupe ressort ici ou là, avec comme indice la présence de trois titres durant moins de 40 secondes, et qui ne sont pas d’amusants intermèdes mais de « vraies » chansons, parfois très efficaces comme "Pure Horses" et son riff à se déboulonner les cervicales.

Mais les titres les plus marquants resteront tout de même les morceaux plus longs et plus construits – plus sérieux, diront certains. D’ailleurs, la dimension progressive du groupe se veut plus affirmée, avec de temps à autre des passages bien plus calmes (l’introduction de "Dimensional Modulation Transmography", ou les douze minutes de "Repangea" et son chant clair) qui tranche assez radicalement avec les passages les plus violents de l’opus. Du coup, pour contrasté qu’il soit, Misled By Certainty est particulièrement difficile à appréhender, et la méfiance générale qui semble s’être emparée des fans est malgré tout justifiée, au moins en partie. Est-ce une tentative d’agrandir son public, d’aérer sa fan-base ? Toujours est-il que Misled By Certainty est un album assez élitiste, qui risque de perdre son public sans octroyer au groupe de nouveaux fans. Ses nombreuses facettes sont à la fois un atout pour l’auditeur ouvert et un poids indigeste pour le fan plus radical, qui ne jurerait que par le blast ou la lourdeur. Le titre "Ohrwurm" résume assez bien l’album, avec cette intro groovy à la base, un passage bien lourd et dissonant, puis un final brutal death, le tout en moins de cinq minutes. Pas évident.



Ce disque ne plait pas à tout le monde, et sans vouloir jouer les Nostradamus arrivant après la fête, c’était prévisible. Là où Xenosapien se voulait un peu plus radical mais surtout plus cohérent sur la longueur, il est plus difficile de se focaliser sur Misled By Certainty tant l’album glisse et finalement risque de s’échapper de l’attention de l’auditeur. Pour public averti.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 4 polaroid milieu 4 polaroid gauche 4