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CHRONIQUE PAR ...

73
Dimebag
Cette chronique a été mise en ligne le 24 octobre 2010
Sa note : 13/20

LINE UP

-Federico Carminitana
(chant)

-Tom Kuzmic
(guitare)

-Greg Mäder
(guitare)

-Nico Schläpfer
(basse)

-Ricky Dürst
(batterie)

TRACKLIST

1)Never
2)Lost Souls
3)Reap the Outcasts
4)Killing the Eternal
5)Failed
6)Urban Waste
7)Mankinds Burden
8)Hollow Steps
9)Drain, Murder and Loss
10)The Faith You Have Misused
11)Black Ash
12)Allegory to a Dying World

DISCOGRAPHIE


Cataract - Killing The Eternal
(2010) - hardcore melodeath thrashcore - Label : Metal Blade Records




Et donc allons-y pour une nouvelle chronique hardcore métal. Cette fois-ci, la Suisse est à l'honneur. Ouais, la Suisse, pas franchement le pays auquel on pense quand on parle métal à tendance coreuse. Et pourtant, Cataract est là depuis 12 ans déjà, abreuvant ses fans d'un hardcore tirant assez sévèrement sur le thrash voire le death mélo, sans pour autant oublier d'y incorporer moultes mosh parts et autres couplets coreux à souhait le poing en l'air et la casquette posée sur le bandana.


En conséquence, si on allie la légendaire minutie hélvète à l'expérience des bonhommes, on se dit qu'on doit tenir avec ce Killing The Eternal une sorte de Rolex du genre... Sauf qu'en définitive, et après écoute attentive, ben il s'agirait plutôt d'une Swatch. C'est à dire que le produit est effectivement de belle qualité et que ses finitions sont impeccables, mais qu'on est encore assez loin de la gamme grand luxe. Mais trêve de métaphores horlogères peu à propos : Cataract c'est solide, ça fait bien le boulot, c'est carré tout ça, c'est assez varié en plus, sauf qu'en bout de course il ne se passe malheureusement pas grand chose. Pourtant, il est clair que les souisses font l'effort et balancent avec ce Killing The Eternal un album compact, contenant autant de hardcore old school que de thrash death sauce mélo à la The Haunted ou Dew Scented (influences assez flagrantes sur des morceaux comme ''Reap the Outcasts'' ou ''Failed''). Et ce serait finalement même plutôt le style dernièrement nommé qui tient le haut du pavé dans les compos, le côté coreux étant, bien plus que par le passé, relégué au rang de style secondaire. Cataract est devenu, au fil du temps, un groupe plus métalleux que coreux. Sauf que bon, si cette évolution est bien gentille, ça ne rend pas pour autant la musique du groupe plus transcendante. Le mot qui me vient à l'idée à l'écoute de cet album est ''classicisme''. Dans la construction des compos, dans le chant, dans le jeu de batterie, dans les riffs, dans la production, dans absolument tous les aspects de la musique du combo.

Pour vous en convaincre, écoutez donc l'intro de ''Urban Waste'', imaginez vous Tom Araya au chant, et là boum, vous avez Slayer. C'est prégnant. Et assez fatiguant en fait. Pourtant ce morceau est, en soi, plutôt bon, j'en veux pour preuve le très bon break brise nuque hyper efficace en fin de piste mais voilà, il pêche par manque de prise de risque et d'originalité, comme tous ses potes présents sur ce 9e opus des Helvètes. Cela m'inspire un amalgame un peu facile entre la tradition de neutralité hèlvétique et le sentiment qui se dégage à l'écoute de cet album, du moins en ce qui me concerne : tout cela est fort neutre et j'ai là encore (cf autre chronique du jour) un mal fou à sortir des aspects marquants de cet album. Ajoutez à cela une pochette quand même particulièrement vilaine et qui pour le coup ne fait pas vraiment pro (un mec en haillons avec un couteau, on a fait plus inspiré non?). Après, il convient de mesure conserver et de reconnaître que les mecs savent y faire : un morceau comme ''Mankind's Burden'', par exemple, fait très bien le boulot et présente pour le coup un mix des plus équilibrés entre mélodeath bourrin à la The Haunted et hardcore virulent. L'intro et les couplets de ''Hollow Steps'' font également leur petit effet et on se dit qu'en concert tout cela doit faire salement mal mais, une fois encore, rien que l'on aie déjà entendu environ 12 000 fois de la part d'un Hatebreed par exemple.


Bref, ça fait bien son boulot, niveau longévité rien à redire également, belle qualité et belle résistance, mais finalement ça fait moyen rêver : une Swatch je vous dis. Plus sérieusement, un groupe des plus respectables et qui continuera, je n'en doute pas, à nous abreuver de compos fortes en gueule et à tout péter en concert, mais sans jamais décoller plus que cela, du moins à mon humble avis. Dans le même genre, le Revolver de The Haunted reste pour moi quelques douzaines de crans au dessus.


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