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CHRONIQUE PAR ...

73
Dimebag
Cette chronique a été mise en ligne le 24 octobre 2010
Sa note : 12/20

LINE UP

-Brock Lindow
(chant)

-Steve Holt
(guitare)

-Mick Whitney
(basse)

-Thomas Noonan
(batterie)

TRACKLIST

1)In the Midnights
2)White Water
3)Mercy and Grace
4)Death Renames the Light
5)Anchors
6)Long Roads to Late Nights
7)Trenches
8)Reviver
9)Caving in Spirals
10)The Deserter
11)Waterhaul II

DISCOGRAPHIE


36 Crazyfists - Collisions and Castaways
(2010) - metalcore emocore - Label : Ferret Records



Quand j'ai reçu cette promo, je me suis dit : ''merde, ils existent encore ces mecs là ?''. En effet, j'avais découvert ce groupe quand j'étais jeune et fougueux et pas encore addict aux trucs toujours plus bourrins et barrés avec leur second opus, A Snow Capped Romance, que j'avais trouvé sacrément bien foutu pour de l'émo-néo vaguement core. Mais depuis, j'avais complètement perdu la trace de ces types. Force est de constater qu'ils sont toujours là 6 ans après, et c'est donc avec un certain plaisir teinté de nostalgie que je me suis attelé à la chronique de ce Collisions And Castaways, 5e sortie du groupe.

Un constat tout d'abord : le propos s'est légèrement alourdi avec les années. Moins de tubes calibrés, des riffs un peu brin plus complexes et moins immédiats que par le passé, un côté métalcore plus affirmé certainement, mais aussi, et c'est plus étonnant, la sensation d'une inspiration plus thrash voire heavy bien old school dans les compos (''Whitewater'', ''Death Renames the Light''). Cependant ces nouveautés, probablement consécutives à une certaine évolution dans le jeu de Steve Holt, compositeur principal des 36 Poings Fous, restent assez relatives et l'on retrouve sans peine les éléments formant la base de la musique du groupe : l'ensemble reste assez direct et facile d'accès, et si certains riffs sont effectivement plus travaillés que par le passé, la grande majorité dans d'entre eux reste plutôt « easy listening » si je puis m'exprimer ainsi (''Collisions and Castaways''). Les morceaux sont courts, leurs structures plutôt linéaires et surtout forment un ensemble des plus cohérents, ce qui est toujours agréable. Ce groupe possède clairement son identité, incarnée au premier plan par le chanteur, dont le style n'a pas changé d'un iota depuis les débuts du groupe. Quelques hurlements plutôt bien maîtrisés sur les couplets, rarement sur les refrains, et le reste du temps, cette voix claire aux modulations très caractéristiques et que l'on identifierait sans peine si on écoutait n'importe quel morceau du groupe, plaintive sans être trop émo, et encore une fois hyper maîtrisée. On appréciera ou pas.

Moi qui ne suis pas foncièrement allergique aux voix claires tant qu'elles n'en font pas trop, je suis plutôt fan du bonhomme. Seulement voilà, si l'ensemble passe plutôt bien à l'écoute et qu'aucune lassitude ne se fait ressentir, force est de constater qu'il n'y a pas non plus de quoi se taper le cul par terre de joie : tout cela est lisse, très lisse même. On retient quelques bonnes idées de ci de là, un riff qui sort un peu du lot ou un refrain plus accrocheur que les autres, mais aucun morceau ne m'a réellement marqué, tant et si bien que cela a été une véritable galère de sortir des ''tueries'' de cet album et de coller 3 morceaux en rouge dans la tracklist. Que ce soient les compos pêchues ou les morceaux plus calmes (l'enchaînement ''Reviver'' et ''Caving in Spirals'', qui ramène le groupe à ses premières amours émo un peu facile), tout cela ne casse pas des briques et manque singulièrement d'originalité. Oui ce groupe est pro, carré au millimètre et maîtrise sacrément bien son propos, mais c'est justement cette impression d'un groupe un peu en pilotage automatique et qui se contente de faire le job qui laisse votre serviteur sur sa faim. J'entends par là zéro prise de risque, et dans un style aussi largement pratiqué aujourd'hui que l'est le métalcore US et où la concurrence est plus que rude, c'est en ce qui me concerne un défaut rédhibitoire.


En conclusion, on pourrait dire que ce n'est pas avec ce genre d'album que les 36 Crazyfists mettront leur carrière en péril. Mais clairement, ils ne mettront pas non plus leur public sur le cul et auront bien du mal à conquérir d'autres fans de métalcore tirant sur l'émo tant des groupes similaires pullulent sur la scène américaine, et de plus en plus en Europe également. Bref, si vous êtes déjà fan, vous serez satisfaits. Sinon ben passez votre chemin, car vous risquez de vous trouver vite incommodés par l'écoute de cet album à qui il manque définitivement quelque chose pour dépasser le stade de vague sortie aussi vite écoutée qu'oubliée.


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