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CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 17 octobre 2010
Sa note : 9/20

LINE UP

-Hannes Klopprogge
(chant+guitare)

-Tobias Scheid
(chant+basse)

-Dennis Lidak
(guitare)

-Florian Sanden
(batterie)

TRACKLIST

1)B.T.M. (Brutal Thrash Maniacs)
2)From the Basement to the Pit
3)A Backpack Full of Flashsnacks
4)Immortal Attitude
5)Mind Your Own Shit
6)Damned Souls
7)23 Thrash B.C.
8)Modification
9)Human Decay
10)Struggle to Survive
11)Avoid Dull People
12)Surf Nazis Must Die
13)Honor.Torture.War.

DISCOGRAPHIE


The Prophecy23 - To The Pit
(2010) - thrash metal + un peu de tout - Label : Massacre



Tiens, ça faisait longtemps, je vais faire péter une intro « la vie du chroniqueur ». Donc voilà, quand vous vous lancez là-dedans, vous vous dites que vous allez avoir accès aux nouveaux albums de plein de groupes inconnus, et que du coup vous allez forcément mettre la main sur une pépite cachée. Mais avec le recul, quelle naïveté… En réalité, qui dit groupe inconnu dit généralement groupe qui ne mérite pas d'être connu, voire carrément, comme dans le cas de The Prophecy23, groupe dont on ne sait même pas comment ils ont réussi à se faire signer…

D'après la bio, The Prophecy23 est un mélange unique de thrash façon Bay Area, de crossover à la D.R.I. / Suicidal Tendencies et de mosh core style Municipal Waste. OK, sauf que dans le metal, c'est un peu comme en cuisine : les conventions, ça existe, et c'est pas pour les chiens. Il y aura toujours des gens qui sauront s'en écarter avec talent, mais le pékin lambda, s'il balance tous ses ingrédients au pif dans la gamelle en attendant de voir ce qui va en sortir, il y a de grandes chances pour que ce qui arrive dans l'assiette soit dégueulasse. D'autant que chez The Prophecy23, pas question de faire ses courses à l'épicerie fine, on préfère accumuler les points sur la carte Leclerc où l'on privilégie au maximum les produits Eco +. C'est incroyable à quel point tout sonne au rabais sur cet album : les deux chanteurs rivalisent de médiocrité, la timbale revenant à Tobias Scheid et son growl vraiment cheapos ; les riffs, plus bateaux les uns que les autres : faut vraiment être fainéant ou n'avoir aucune exigence envers soi-même pour construite un morceau entier autour des riffs de "Thrash B.C.", "Struggle to Survive" ou "Surf Nazis Must Die" pour ne citer qu'eux ; enfin, les refrains sont d'une pauvreté absolue, et se limitent quasiment tous à la simple répétition du titre : même Grave Digger n'a jamais osé pousser le bouchon aussi loin.

The Prophecy23 a choisi de traiter une multitude de genres plutôt que de se concentrer sur un seul, même si le thrash constitue en quelque sorte le fil rouge de l'album. Le groupe nous rappelle un peu ces artisans multi-services qui touchent un peu à tout, mais qui se montrent incapables de finir un chantier correctement. Les Allemands se décrédibilisent surtout par une approche très caricaturale de certains styles : non, il ne suffit pas de copier la scansion du chanteur de Sick Of It All pour faire du hardcore ("Mind Your Own Shit") ; il ne suffit pas d'envoyer des riffs syncopés sur fond de double pédale pour faire du metalcore ("Damned Souls") ; il ne suffit pas de bourriner pendant 27 secondes pour être l'égal de Napalm Death ("Honor.Torture.War", la grosse blague de l'album). On peut être sûr que si The Prophecy23 avait eu envie de faire parler ses influences hip hop, on aurait eu droit à des « Yo motherfucking bitch » rabâchés 25 fois, et que niveau électro, le groupe aurait casé quelques beats sortis tout droit des compil' DJ Tuning… Les passages intéressants se comptent sur les doigts d'une main (le passage pop 60's de "Surf Nazis Must Die", qui fait très Tarantino dans l'esprit, ou le passage « Megadeth se met au doom » à la fin de "Human Decay") et ne suffisent pas pour autant à sauver les morceaux en question.


L'album commence par la meilleure imitation du Slayer période South Of Heaven jamais entendue, avant de partir complètement en sucette avec le chant et le passage instrumental minable : voilà un avant-goût très représentatif To The Pit. Aucune direction claire sur cet album, The Prophecy23 bouffe à tous les râteliers tout en réussissant l'exploit de n'assurer dans aucun des nombreux registres abordés. Au final, on ne dénombre qu'un ou deux titres corrects, comme "From the Basement to the Pit" : ça fait pas lourd… À zapper, et sans regrets.


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