4275

CHRONIQUE PAR ...

17
Lucificum
Cette chronique a été mise en ligne le 03 octobre 2010
Sa note : 15/20

LINE UP

-Dennis Schreurs
(chant)

-Marvin Vriesde
(guitare)

-Thijs van Laarhoven
(guitare)

-Patrick Boleij
(basse)

-Seth van de Loo
(batterie)

TRACKLIST

1)Grave Condition
2)Unholy Misconception
3)Deride Jesus
4)Defective Fornication
5)Slaughtered
6)Feeding on Cadavers
7)Inferior Divinity
8)Incarnation of Impurity
9)To Relieve the Mortal Flesh of Pain
10)Swallowing Decay

DISCOGRAPHIE


Severe Torture - Slaughtered



C’est assez marrant comme on reconnait un groupe qui a de la bouteille à la première écoute. Ce qui, quand on y pense, est assez mystérieux, tant les caractéristiques qui rentrent en jeu dans ce genre de considérations sont subtiles, voire presque indéfinissables. Un groupe qui a traversé une partie des années 90 dans le monde du death métal en a-t-il inévitablement gardé certaines séquelles ou certains traits ? A l’inverse, un groupe récent ne pourra-t-il jamais sonner comme, par exemple, le nouveau Severe Torture, puisque c’est cela qui nous occupe aujourd’hui ?

Nous ne nous risquerons pas à théoriser la chose dans cet article, mais nous nous bornerons à constater que le death metal des groupes à papa possède un cachet qui semble s’être perdu aujourd’hui. Attention, ne généralisons pas : les vieux pots, dans le death, sont loin de faire systématiquement les meilleures soupes, peu s’en faut. Mais ce quelque chose qui semble marquer les groupes ayant un nombre certains de bougies à poser sur le gâteau d’anniversaire transpire à l’écoute du sobrement nommé Slaughtered. Et même si le groupe n’a « que » 13 ans d’âge, on peut lui reconnaitre autant de mérite qu’un Suffocation ou qu’un Cannibal Corpse, et pas uniquement quant à son acharnement à se faire connaitre en se cantonnant depuis tout ce temps-là aux premières parties (même si parfois prestigieuses : Vader, God Dethroned…), mais aussi simplement pour la qualité de la musique produite. Slaughtered ne va pas chercher de midi à quatorze heures : le mot d’ordre est ici « death métal ».

Aucune surprise donc à attendre de la part de Severe Torture. Et aucune surprise il n’y aura. Trente-sept minutes, dix titres et une pochette gore, nous y sommes. Les petits frères spirituels de Cannibal Corpse nous assènent donc ici un brutal death bien fagoté, avec ce qu’il faut de blast, de breaks et de growls pour rassasier les affamés. L’ajout de mélodies, surtout dans certains soli, contribue à donner une valeur ajoutée à l’album qui ne se contente pas d’enchaîner les riffs à turbo propulsion et le bourrinage intensif mais décérébré. Comme dans les années 90, temps béni où le riff était roi, Severe Torture tente d’emmener son groupe non par une violence systématisée mais par des changements de tempo, de tonalité, bref : d’atmosphère, même si le terme se voudra sans doute mal choisi pour un disque de brutal death. Mais les faits sont là : "Deride Jesus", "Slaughtered", "Feeding on Cadavers"… si les grandes lignes sont les mêmes, l’auditeur n’a pourtant pas (trop) l’impression d’entendre à chaque fois le même morceau.

Le groupe se permet même le luxe d’un mid-tempo, "Inferior Divinity", avec une introduction acoustique et un rythme très heavy métal, pesant et poisseux, avec l’inévitable accélération à la fin avant un retour plus posé vers un lead mélodique qui clôt le morceau de fort belle façon. De même, la petite instrumentale "To Relieve the Mortal Flesh of Pain", très mélodique, parvient à aérer très intelligemment l’album avant de finir sur "Swallowing Decay", qui fera immanquablement penser à du Cannibal Corpse avec ses riffs acérés et son ambiance gore. Slaughtered est donc bien une réussite, un album efficace, à la production robuste et puissante – un peu plus de place laissée à la basse n’aurait pas été de trop, même si l’oreille aguerrie l’entendra ronronner sagement dans son coin de mix.


Alors bien sûr, si un côté un peu retro/old-school vous rebute au plus haut point, n’hésitez pas à faire l’impasse sur cet album. Vous ne rateriez qu’un album classique, réussi et efficace, mais vous ne passeriez pas à côté de la nouvelle coqueluche de la scène métal. Depuis treize ans que le groupe existe, il est peu probable qu’on le retrouve du jour au lendemain en tête d’affiche d’un gros festival. Ce qui n’empêche pas de lui donner sa chance sur CD…


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 5 polaroid milieu 5 polaroid gauche 5