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CHRONIQUE PAR ...

17
Lucificum
Cette chronique a été mise en ligne le 03 octobre 2010
Sa note : 15/20

LINE UP

-Jonny Davy
(chant)

-Navene Koperweis
(guitare+basse+batterie)

TRACKLIST

1)Mental Illness
2)Inner Thoughts
3)Programming the Herds
4)Weeping Hallucinations
5)Conceptual Flesh
6)State of Desolation
7)Dyslexic Interlude
8)Self-Destructive Loathing
9)Relevant Intoxication
10)Final Nausea

DISCOGRAPHIE


Fleshwrought - Dementia/Dyslexia



Fleshwrought (prononcez Flaiche Vrouft, ou quelque chose du genre) est un duo emmené par le multi-instrumentiste Navene Koperweis, que les connaisseurs auront déjà entendu chez Animosity ou Animals As Leader. Navene est réellement multi-doué : il assure sur ce premier album de ce projet rien moins que tous les instruments, de la batterie aux guitares en passant par la basse. Et dans le domaine du death technique, c’est rarement une mince affaire. Ajoutez à cela l’étoile montante Jonny Davy (Job For A Cowboy) pour assurer les vocaux, et vous êtes prêts à recevoir 32 bonnes minutes de décrassage auditif.

On aura pu lire pas mal de choses sur Fleshwrought, et bien souvent que le « groupe » pratiquait du deathcore. C’est à se demander si les ces gens-là ont bien écouté le groupe. Alors, certes, l’artwork brouille les pistes, et certains samples présents ici et là donnent une atmosphère assez glauque, dissonante et déstabilisante à l’ensemble, mais hormis cela, le ton est délibérément death métal. Assez technique, soit, mais globalement propre, policé, loin des mesures étranges et des harmonies bizarres parfois en vogue dans les courants plus core. Les riffs sont vicieux mais classiques, la batterie rapide et généreuse en break, mais pas de quoi révolutionner le genre en proposant de nouveaux concepts. Même la production, parfaitement calibrée, ne s’éloigne nullement des canons en vigueur dans le brutal death, avec ce qu’il faut de grosses guitares et de puissance. Non, il faut juste accepter le fait que Dementia/Dyslexia est un album de death technique - et en plus, loin d’être mauvais.

Car nonobstant son classicisme que seules les expérimentations samplées viennent troubler ("Self-Destructive Loathing", la fin de "Weeping Hallucination" ou encore la courte "Dyslexic Interlude"), une grande part de la réussite de cet album repose sur la performance impressionnante de Davy, toujours aussi à l’aise tant dans les growls profonds que dans les hurlements hystériques, dans la veine d’un Glenn Benton de la bonne époque. Violente, profonde et grave, sa voix se prête à merveille aux compositions de Navene dont il sublime la violence, peut être encore un peu plus que sur Ruination de Job For A Cowboy, comme si depuis cet album sa voix était devenue encore plus impressionnante. En tous cas, l’alchimie entre Davy et Navene est palpable. Ce dernier, loin d’être en reste, propose des parties de guitares efficaces et des solos rappelant The Faceless dans leur approche froide, propre et presque clinique, mais en tous cas assez techniques pour nous convaincre que Navene ne se contente pas de boucher les trous en s’emparant également des guitares, mais qu’il assure suffisamment bien à ce poste.


Malgré la relative brièveté de cet album, il remplit parfaitement son rôle et son contrat en proposant à ses auditeurs une musique râpeuse, violente, technique et maitrisée. Les petites touches expérimentales, finalement, sont loin d’être essentielles au propos mais contribuent à donner une identité à Fleshwrought qui parvient à s’imposer en ces temps de disette en matière de brutal death.


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