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CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 13/20

LINE UP

-Rainer Nygård
(chant+guitare)

-Marko Utriainen
(guitare)

-Aadolf Virtanen
(basse)

-Heikki Malmberg
(batterie)

TRACKLIST

1)Shadow World
2)Damien
3)Together As Lost
4)In Sorrow We Trust
5)Mimic 47
6)Condition Red
7)Kalla
8)Blackheart
9)Kathryn
10)Rebellion Of One
11)D.O.A.

DISCOGRAPHIE

Mimic47 (2006)
Icaros (2008)

Diablo - Mimic47



La Terre Des Immortels propose de nouvelles chroniques relativement souvent, donc on ne saurait blâmer l'internaute qui ne prend pas sur lui de tout se farcir à chaque fois. Souvent, on clique sur un nom d'album, et un regard rapide sur la note et sur le line-up du groupe détermine si on va lire la chronique en entier ou pas. Le lecteur lambda regardera donc le line-up de Diablo et se dira en tout bonne foi « ouais, encore un groupe scandinave, ça doit être du death mélodique de Göteborg »… et se plantera complètement. Diablo est un groupe du Nord qui non seulement ne pompe pas ses petits camarades mais en plus a l'audace de proposer par moments un heavy-power-thrash carrément balaise et entraînant. Allez, lisez tout, vous verrez…

Peu de CDs m’ont autant déferlé sur la tronche à la première écoute que ce Mimic47. C’est bien simple: à première vue, tout chez Diablo est énorme, massif. Le son des guitares est éléphantesque, extrêmement distordu… mais pas autant que celui de la basse qui remplit le son et bastonne dans les infrabasses comme rarement. Le chant est non seulement très bien produit mais réellement hors-normes: Rainer Nygård possède un organe de catégorie A voire S, c’est un excellent chanteur. Il excelle en un chant clair profond et ample, mais brille carrément de mille feux quand il passe en agressif. Selon les moments il évoque un James Hetfield ultraboosté et certains de ses accents plaintifs et colériques vont même rivaliser avec un certain Matthew Balow (ex-Iced Earth). Rien que ce chant pourrait suffire à faire de Diablo un groupe au-dessus du lot, mais fort heureusement ils ne se limitent pas à ça.

La musique de Diablo brasse un nombre très large d’influences, à l’image de son vocaliste polymorphe et plus que technique. Le début de l’album cueille au menton: ce son monstrueux déjà cité se met au service de titres qui sautent allègrement d’un métal très agressif et syncopé à une approche totalement mélodique et ambiancée. Thèmes lyriques à la guitare lead qui trahissent l’origine scandinave du groupe (on ne se refait pas) s’enchaînent avec des rythmiques metalcore puis des passages terriblement européens et NWOBHM qui ne rapellent plus du tout In Flames ou Soilwork. Dans cet héritage européen très perceptible une autre influence fondatrice se détache: Paradise Lost voit son ombre planer sur les couplets calmes d’"In Sorrow We Trust", et à d’autres moments encore. Les grands noms du thrash tels que Metallica ou Megadeth vous traverseront aussi probablement l’esprit…

Il est une formule que Diablo affectionne: la mélodie à une ou deux guitares sur fond d’énorme riff rythmique. Cette recette permet au combo de pondre quelques tubes proprement imparables tels "Condition Red" donc la rythmique en salves et le côté délicieusement Göteborg se marie brillament avec un feeling heavy-metal très perceptible et un chant agressif-mélodique littéralement possédé. Dès qu’ils partent dans un métal catchy et moderne, les Diablo peuvent être réellement impressionnants, et leur sens de la mélodie est indéniable.La concurrence est enfoncée… Le problème, c’est que sur la longueur l’enthousiasme aurait tendance à retomber comme un soufflé.

En effet, après un début tonitruant Mimic47 a une vilaine tendance à ne pas assurer sur la longueur. Sorti des titres enlevés qui font sauter partout et headabanguer tel un sauvage, le milieu de l’album s’englue dans une mélasse mid-tempo dans laquelle la balance penche trop du côté européen et laisse une bonne partie de l’efficacité au bord du chemin. C’est quand l’équilibre entre ses différentes composantes (heavy, death mélo, goth) est atteint que Diablo assure réellement, et le reste du temps le groupe se contente de proposer des compos honnêtes, pas ratées mais à des années-lumières de la puissance dévastatrice de ses meilleurs titres. Proposant quelques tubes fantastiques éparpillés au milieu de titres plus quelconques, bien que réussis, Mimic47 est un album qui risque de finalement vous décevoir après une première impression enthousiaste. Quoiqu’il en soit, Diablo tient une recette prometteuse et j’espère de tout cœur qu’ils sauront réaliser leur potentiel avec leur prochain opus. A écouter au moins une fois.




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