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CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 15/20

LINE UP

-Leif Jensen
(chant)

-Marvin Vriesde
(guitare)

-Hendrik Bache
(guitare)

-Alexander Pahl
(basse)

-Uwe Werning
(batterie)

TRACKLIST

1)Exordium (Intro)
2)Vanish Away
3)Final Warning
4)That's Why I Despise You
5)The Fraud
6)Into The Arms Of Misery
7)Perdition For All
8)Now Or Never
9)Aftermath
10)Everything Undone
11)Contraddictions
12)Retain The Scars
13)Exitus (Outro)

DISCOGRAPHIE

Issue VI (2005)
Incinerate (2007)
Invocation (2010)

Dew-Scented - Incinerate



Un groupe qui suit une courbe montante d'album en album provoque toujours une certaine fascination. Après un Impact déjà bien costaud et un Issue VI pas loin du sans-faute, le nouvel album de Dew-Scented était attendu par pas mal de monde : les thrashers allemands allaient-ils réussir à confirmer tout le bien qu'on commençait à penser d'eux? Si vous avez lu la chronique de l'album précédent, la note de celui-ci vous aura déjà fourni une partie de la réponse...

Le thrash d'Issue VI se caractérisait par une recherche constante au niveau des riffs et une technicité générale de bon aloi, surtout au niveau de la batterie. Il semble à première vue que rien n'ait changé : les chansons comportent toujours un nombre de riffs digne des grandes années de la Bay Area et si Uwe Werning est moins démonstratif sur cet album que sur le précédent il reste un excellent batteur, capable d'insuffler la violence comme le groove selon ce que les morceaux demandent. La production reste massive, la prise du chant de Leif Jensen ayant même gagné en puissance sur cet album. Le chanteur incarne d'ailleurs l'évolution la plus marquante d'Incinerate : si le titre d'ouverture "Vanish Away" épate par son côté death old-school prononcé, le phrasé de Jensen se fait très moderne et hardcore, donnant à une compo hyperviolente un côté catchy hyper-efficace.

Ces deux composantes death (au niveau des riffs) et hardcore (au niveau du chant) se retrouvent disséminées un peu partout sur l'album : certains riffs de "That's Why I Despise You" ou "The Fraud" sont purement death-metal - Werning posant pour l'occasion d'excellents blast-beats - , et le placement rythmique du chant oscille en permanence entre un débit thrash traditionnel et un sens de la syncope HxC qui se complètent à merveille. "Perdition For All" étend cette dualité aux riffs et aux structures de la chanson, preuve que Dew-Scented ne fait pas du sur-place... mais cette évolution a un prix. La technicité moindre de la batterie mentionnée plus haut s'applique également aux riffs, et l'ambiance de frénésie constante qui faisait la force d'Issue VI a laissé la place à un recentrage sur l'efficacité et l'accessibilité.

On ne peut que constater qu'Incinerate est moins foisonnant, moins touffu que son prédécesseur qui était une déferlante permanente de violence et de technique, chaque chanson ou presque sortant du lot grâce à au moins un passage « monstrueux ». On retrouve de très agréables traits propres au groupe (tels les plans de ping-pong rythmique d'une guitare à l'autre) mais il semble que la plus grande variété du tout fasse perdre de l'impact au résultat final. Certains plans ont également tendance à se ressembler, ce qui surprend car le groupe n'avait pas jusque là fait preuve d'une tendance excessive à l'auto-copie. La dynamique des compos reste excellente par contre : aucun titre de cet album ne semble trop long ou trop court, les Dew-Scented ayant visiblement un sens inné pour savoir combien de riffs mettre dans un titre pour qu'il soit varié et ne lasse pas.


Cet album est donc un très bon disque de thrash qui mettra probablement tout fan du genre en joie (surtout que Jeff Waters, Gug G. et Mille Petrozza y font des apparitions), mais malgré tout il ne parvient pas à dépasser son illustre prédécesseur. Varié, puissant, agressif, parfaitement exécuté, ce disque renferme néanmoins toutes les qualités qui font le bonheur des thrashers et vous êtes fortement invités à y jeter une oreille... et surtout à vous procurer celui d'avant si vous ne l'avez pas encore fait.


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