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CHRONIQUE PAR ...

2
Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 13.5/20

LINE UP

-Vx69
(chant+programmation)

-Miss Z
(guitare+percussions+chant)

-P.r-Lox
(guitare)

-X.av
(batterie)

TRACKLIST

1)XX Judgement
2)Come On Come On
3)Dead White Skin
4)Mothra Lady
5)The Dexedrine Ritual
6)Sister Apocalypse
7)Worms
8)For Every Man a Bullet
9)Gun
10)Las Vegas 2060's
11)Voodoo Virus
12)Doctor Doom

DISCOGRAPHIE


Punish Yourself - Gore Baby Gore!
(2006) - indus electro - Label : Active Entertainment



L'album précédent Sexplosive Locomotive a catapulté au devant de la scène les Punish Yourself, déjà repérés depuis un moment pour cause de concerts réputés monstrueux et inoubliables. Il faut dire que l'approche live visuelle du groupe est de celles qui marquent: les membres jouent quasi-nus derrière des grilles de chantier et le corps recouvert de peintures fluo qui ressortent encore plus sous la lumière ultraviolette, cette ambiance "stroboscopique" convenant particulièrement bien au cyber-punk-indus-techno-trance pratiqué. Ce Gore Baby Gore à l'excellente pochette était donc assez attendu au tournant…

Le style cartoon de la pochette tranche avec les tableaux abstraits des albums précédents, ce qui signifie généralement un changement musical. Et effectivement on sent que la part de violence punk a fortement décru, Gore Baby Gore se posant fort logiquement en "album de la maturité" comme on dit. Ce cliché de journaliste musical signifie en général une canalisation de l'énergie créatrice et la mise en avant des talents de composition, et "Come On Come" On est bien représentatif de cette tendance. Le titre d'ouverture est en effet assez soigné, l'énergie du tempo et du chant décadent et ultracorrosif se trouvant joliment compensée par les arrangements et les effets ambiancés. C'est en toute logique un tube que le groupe nous pond-là, et c'est là ce qu'on trouvera de meilleur sur Gore Baby Gore: un certain nombre de compos indus qui assument leur côté catchy à outrance et qui se gravent directement dans la mémoire de l'auditeur dès la première écoute. Des compos comme "Mothra Lady" et "Gun" vont quant à elles chercher du côté des dancefloors et sont donc également dotées de cet aspect "pop" qui pourra accrocher à peu près n'importe qui sensible aux sons synthétiques et non allergique aux guitares.

A côté des tubes en question, on trouve également une petite part de titres résolument expérimentaux: "Dexedrine Ritual" et ses explorations sonores, "Sister Apocalypse" et son tempo lent, ses cuivres sous LSD et son refrain Mansonien, "Voodoo Virus" (featuring Jean Luc De Meyer de Front 242) qui se pose en compo cyclique et hypnotique tablant sur une montée perpétuelle… pas mal, mais tout ça reste bien en arrière face à cette avalanche de "singles" qui constitue le reste de l'album. Et le problème qui se pose rapidement, c'est que les titres les plus catchy déjà mentionnés sont indubitablement efficaces, mais qu'ils puent Marylin Manson à plein nez. Les meilleurs exemples sont probablement "Las Vegas 2060's" au rythme sautillant imparable mais déjà entendu chez le Révérend des dizaines de fois et le chant hurlé dans les aigus qu'on retrouve sur tant de refrains est une autre référence constante à celui qui semble avoir marqué de son influence toute une scène électro-indus qui a bien du mal à s'en dépêtrer depuis.


Gore Baby Gore est finalement bien paradoxal: il est gorgé de compos instantanément jouissives et de bonnes idées, mais les meilleurs morceaux sont également les moins originaux et les plus pompés Manson. C'est sympa, ça fera sans aucun doute bouger les gens en soirée et en concert, mais ça ne passe pas l'épreuve de l'écoute calme et attentive pour cause d'influences trop présentes. Il reste les compos expérimentales, intéressantes mais trop sous-représentées sur l'album et qui tournent quand même parfois (mais rarement) à l'exploration stérile de forme.. Cet album qui sera sûrement très apprécié par les fans du groupe et donnera vraisemblablement lieu à de mémorables moments live garde donc pour moi le cul entre deux chaises, même s'il est révélateur d'un talent certain. Punish Yourself reste donc encore aujourd'hui un groupe plus intéressant sur scène que sur disque, mais on notera tout de même que la migration est en route, et on les encouragera à persévérer dans leur quête de musicalité tout en les enjoignant à se libérer du carcan Mansonien qui les dessert pour l'instant plus qu'autre chose.


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