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CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 22 septembre 2010
Sa note : 14/20

LINE UP

- Guillermo Izquierdo
(guitare+chant)

- David Alvarez
(guitare)

-Jose Izquierdo
(basse)

-Victor Valera
(batterie)

TRACKLIST

1)The Manhattan Project
2)Blast Off
3)Of Men And Tyrants
4)Clockwork

5)Take The Hindmost
6)The Misanthropist
7)Legally Brainwashed
8)Get Out Of My Way
9)My Insanity
10)One Side One War
11)Into The Storm
12)National Disgrace
13)Be Quick Or Be Dead

DISCOGRAPHIE


Angelus Apatrida - Clockwork
(2010) - thrash metal - Label : Century Media



Jusqu'ici, je dois vous avouer que je n'avais jamais entendu le nom d'Angelus Apatrida. Après recherche, ce groupe de thrash espagnol a déjà sorti deux albums sur des labels confidentiels avant de signer chez Century Media et… Non mais attendez là, ALERTE ROUGE ! Il faut dire que de nombreux groupes espagnols, quelque soit leur style de prédilection, ont du mal à proposer autre chose qu'un copier / coller de leur influence majeure. Dans le cas présent, c'est limite si l'enjeu principal n'est pas de savoir qui de Metallica ou de Slayer Angelus Apatrida s'inspire le plus. Et la réponse est…

Megadeth ! Bon, OK, c'est un peu pour la boutade parce que les Espagnols sont suffisamment intelligents pour prendre un peu de distance avec leur modèle. A la manière des Anglais de Savage Messiah et leur excellent second album Insurrection Rising, sorti l'année dernière, Angelus Apatrida a décidé que c'était un peu con de devoir choisir entre puissance et mélodie. Ils ont donc adopté comme schéma dominant un savant alliage entre couplets expédiés à fond la caisse avec un chant très agressif, limite hurlé parfois, et des refrains souvent un peu plus lents avec des mélodies plus travaillées. Plutôt l'école Metallica donc ; mais si mimétisme il y a, c'est plutôt du côté de la bande à Mustaine qu'il faut chercher.

C'est surtout frappant au niveau du chant de Guillermo Izquierdo : quand celui-ci décide de mettre le holà sur l'agressivité, ses intonations rappellent immanquablement le rouquin le plus célèbre du metal. On parle là du Mustaine d'il y a 15/20 ans hein, celui qui articulait un minimum, celui qui rendait honneur au côté mordant de ses textes. C'est donc le scoop du jour : il existe quelques personnes à travers le monde qui aiment VRAIMENT le chant de Mustaine ! Le batteur Victor Valera semble lui aussi avoir beaucoup écouté Megadeth, car il imite parfaitement le jeu de cymbales de Nick Menza. Quand tout le monde s'y met ensemble, ça donne le refrain de "Of Men And Tyrants", qui aurait pu figurer sur Countdown To Extinction.

Il ne s'agit pas d'un cas isolé : entre "Clockwork", qui lorgne du côté de Rust In Peace avec ses cassures rythmiques et ses solos à foison, et "The Misanthropist", qui rappelle l'époque plus récente de The System Has Failed, ce ne sont pas les exemples qui manquent sur la première moitié de l'album, particulièrement flamboyante. La seconde met un peu plus l'accent sur l'agressivité et fait davantage penser au Destruction post-reformation. Un choix qui coïncide avec une certaine baisse qualitative : entre manque d'idées ("Get Out Of My Face"), construction bancale ("National Disgrace") et reprise dispensable ("Be Quick Or Be Dead" avec un tempo un peu trop boosté et surtout un chant difficilement supportable), on y déplore nettement plus de déchet.

Ceci dit, cette seconde partie a le mérite de proposer un enchaînement du tonnerre. Alors qu'on sentait quelques signes d'essoufflement sur la paire "Legally Brainwashed" / "Get Out Of My Face", "My Insanity" arrive comme une bouffée d'air frais, avec enfin un refrain bien foutu et surtout chanté, ce qui fait du bien après plusieurs morceaux exclusivement braillés. Dans la foulée, "One Side One War" est une bombe mid tempo aux accents metalcore (gimmicks de guitare, salves de double pédale, cohabitation de chant clair et de chant agressif sur le refrain) parfaitement maîtrisés. Et pour clôturer le tiercé gagnant "Into The Storm", une roquette thrash dévastatrice de 3 minutes 20 en pleine face, où la puissance pure confine à l'hystérie.


Comme si ça leur suffisait pas de gagner au foot, au tennis, en cyclisme, en moto et même en golf, les Espagnols veulent donner la leçon en matière de thrash maintenant? Va falloir qu'ils se calment un peu les bouffeurs de serrano ! Plus sérieusement, très bonne surprise que cet album d'Angelus Apatrida : du bon thrash à mi-chemin entre old school et modernité, sans gros temps mort, sans pompage abusif, et avec en prime quelques titres de haute voltige. Et si la relève finissait enfin par arriver ?


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