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CHRONIQUE PAR ...

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Flower King
Cette chronique a été mise en ligne le 21 septembre 2010
Sa note : 11/20

LINE UP

-Timmy Holz
(chant+guitare)

-Sven Podgurski
(guitare)

-Carsten Fisch
(basse+chœurs)

-Markus Schlaps
(batterie)

TRACKLIST

1)Sanctuary Demon
2)Actors of the Storm
3)Hark! The Absurd Angels Fall
4)River of January
5)Doomshine Serenade
6)The Crow Pilot
7)Cold Cypher Ceven
8)Vanished
9)Waltzhalla
10)Godhunter

DISCOGRAPHIE


Doomshine - The Piper At The Gates Of Doom
(2010) - doom metal gentil - Label : Massacre



Ça n’a l’air de rien vu comme ça, mais c’est une petite révolution qui se joue devant nos yeux, mes amis. Jugez plutôt : ce nom de groupe, déjà ! Entouré d’un halo tout ce qu’il y a de plus flashy. Cette référence à « Pink » Floyd, ensuite, l’air de rien… Et ce petit personnage à la coiffure pétaradante et la tenue bien trop moulante pour être honnête, comment on est censés le prendre ? N’en jetez plus, c’est officiel : Doomshine vient d’inventer sous vos yeux ébahis le doom metal gay. Une démarche louable et courageuse, faut bien le dire, d’autant plus que le doom, à la base, c’est quand même pas de la musique de p///FIN DE TRANSMISSION///CENSURÉ///

Bonjour, c’est Jean-Patrick Langoureau de la Halde. Au vu de l’extrême désobligeance des propos du rédacteur de la chronique, je me vois contraint d’intervenir et d’en prendre la suite afin d’éviter tout débordement ultérieur. Discriminer les artistes sur leur éventuelle orientation musicale, c’est mal. Chaque groupe a le droit de s’exprimer et de faire connaître ses revendications comme il se doit. Et c’est avec la plus grande joie que je vais me faire le porte-parole de Doumchaïne, de jeunes Allemands qui doivent être d’adorables garçons. Qu’ils soient allemands n’a aucune espèce d’importance, d’ailleurs : ils auraient tout aussi bien pu être français, anglais, pakistanais, serbes ou roms ou helvètes qu’ils auraient été tout aussi adorables. Discriminer les groupes selon leur origine géographique, c’est très mal aussi.

Doumchaïne, donc, a pour habitude de faire des morceaux assez longs, avec des rythmes assez lents, avec beaucoup de guitares. Je vois déjà protester les intolérants qui ne supportent pas le son de la guitare électrique, sous prétexte que ce serait trop « saturé » (encore une histoire de couleur ! la xénophobie a de beaux jours devant elle, je vous le dis) aussi le répéterai-je sans relâche : chaque instrument a le droit de s’exprimer comme il l’entend, sans honte ni crainte. Je compte d’ailleurs enregistrer une reprise au triangle de l’intégralité de ce Ze Païpeur Adzeged Auvdoum pour bien montrer que ces préjugés ne valent rien face à l’égalité qui nous unit. Ai-je parlé des textes ? Non, et c’est normal car je ne les ai pas compris. Tout au plus sais-je qu’ils parlent ici ou là de démon, ce qu’il ne faut pas condamner : car la liberté de culte est un droit fondamental de nos sociétés modernes, et discriminer les groupes selon leur religion c’est vraiment pas bien.

Une vieille connaissance, érudit intolérant de surcroît, m’affirmait que dans le « doum » (ah ! cette manie des étiquettes discriminantes…) il n’est pas conseillé de sonner trop propre : qu’il est mieux de bénéficier d’une production un peu poisseuse, compensée – ou magnifiée – par un sens du « grouve » ou de l’atmosphère rampante… et que le soi-disant « problème » de Doumchaïne serait justement d’avoir un son trop lisse, une exécution trop carrée et un chant assez pâlot, ce qui déforcerait l’impact des morceaux qui ont quand même assez souvent des riffs solides et des refrains bien composés (il m’a laissé une liste de titres à retenir, dont "Cinqtuary Truc", "GodInter" et "Arc! The Adnech…" enfin bon le 3ème titre quoi. Je ne lis pas l’allemand de toute façon). J’ai bien reconnu là cette affreuse tendance à l’eugénisme qui caractérise mon collègue : discriminer les groupes selon la médiocrité de leur travail, c’est limite nazi comme méthode. Et puis si vous n’aimez pas, vous z’avez qu’à faire mieux d’abord ! Rien d’autre à dire.


Chapeau Jean-Patrick ! Tu as trouvé plus de choses à dire sur cet album que je n’aurais pu le faire. Mais Halde-là (huhuhu), si cela reste, bien sûr, d’honnête facture, c’est quand même bien trop javellisé pour faire bander sur la durée. Après, pour ceux du genre à s’asperger d’écran total avant de s’installer sur leur terrasse au printemps, ça peut le faire…


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