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CHRONIQUE PAR ...

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Lucificum
Cette chronique a été mise en ligne le 21 septembre 2010
Sa note : 11/20

LINE UP

-Sahil "Demonstealer" Makhija
(chant+guitare)

-Pradeep
(guitare)

-Husain
(basse)

-Mephisto
(claviers)

-Virendra Kaith
(batterie)

TRACKLIST

1)Between Infinity & Oblivion
2)Where Dream & Darkness Unite
3)The Warriors Return
4)A Tragedy Befallen
5)The Unrelenting Surge of Vengeance
6)Bound By Blood, Fire & Stone
7)Lord of Pestilence
8)Dismembering the Fallen
9)The Final Stand
10)Omega, I

DISCOGRAPHIE


Demonic Resurrection - The Return To Darkness



Alors comme ça vous pensez être incollable sur le métal, ses groupes, ses courants et ses musiciens ? Ok. Bon, ben là comme ça, hop, citez-moi un groupe venant d’Inde. Oui ? Quel est ce silence assourdissant que j’entends là ? Je sais : moi non plus, j’aurais été bien en peine de vous répondre, jusqu’à ce que Candlelight ait la bonne idée de distribuer Demonic Resurrection, qui fait que vous comme moi dormirez moins inculte ce soir. Et si un jour, vous concluez avec une belle blonde grâce à l’étalage tactique de vos grosses connaissances en métal exotique, envoyez-moi un mail de remerciement, hein.

Donc voila, Demonic Resurrection vient bien d’Inde, ce qui est en soi une originalité, tant la quasi intégralité des productions métal arrivant à nos oreilles provient des USA ou d’Europe. Pour autant, la musique proposée par ces fakirs du métal n’est pas vraiment imprégnée de la culture musicale de son pays d’origine, ce que l’on peut regretter avant de réaliser que parmi les groupes français, bien peu utilisent un accordéon dans leur approche musical. N’en voulons donc pas à Demonic Resurrection de ne pas faire usage de sarangis ou de shehnai. A Return To Darkness est le troisième album du groupe, même s’il y a de fortes chances que ça soit le premier que vous écoutiez, vu que les deux premiers n’étaient sortis que localement – soit à 7000 km de notre bel hexagone. Et de surcroit, cet album est supposé clore une trilogie commencée avec Demonstealer en 2001, mais la session de rattrapage n'est pas une obligation pour apprécier A Return To Darkness. Voila pour le contexte, penchons-nous plus sur la musique proposée par le groupe, et disons-le tout net : pas la peine de faire 7000 km pour aller faire dédicacer une pochette.

Demonic Resurrection, ça serait un genre de partie fine mêlant intimement Dimmu Borgir, Children of Bodom, Rhapsody et un petit soupçon de Nightwish (pas pour le chant féminin, plus pour certains riffs). On regarde tout ce beau monde s’agiter, et qui en sort est donc un death/back symphonique, où gros riffs de guitares, nappes d’orchestres et growl se chevauchent, emportés par un vent qui se veut épique et glorieux. Tout cela semble fort alléchant sur le papier, mais la réalité ne montre pas un visage aussi avenant. Demonic Resurrection a bien une production parfaitement réussie, puissante et professionnelle, mais l’écriture ne flamboie pas comme elle le devrait quand on veut s’inscrire en successeur – déclaré ou non – des groupes précités. Certes, certains passages sont très réussis (et sur plus d’une heure de musique, le contraire aurait été bien fâcheux), en particulier quand Demonic Resurrection passe la cinquième comme au milieu de l’album avec "The Unrelenting Surge Of Vengeance" et "Bound By Blood, Fire And Stone", dont le petit côté mystique rappelle Nile, Aeternam voire Behemoth, quitte à laisser un peu les claviers de côté. A côté de ça, la très épique (et un peu kitch) "The Warior Return" rappelle vaguement Rhapsody (les solos et le piano) ou Bal-Sagoth (les arrangements), et "Dismembering The Fallen" ne peut manquer de faire penser à du Cradle Of Filth ou du Dimmu Borgir, mais tout cela passe bien.

Non, le sourire s’efface du visage de l’auditeur quand le groupe singe Children Of Bodom avec des riffs mélodiques mais plats, dont le contraste avec la qualité (relative, mais qualité tout de même) du reste renforce le côté « touffe de cheveux dans le potage ». Il n’y a qu’à écouter l’opener "Where Dreams And Darkness Unite", qui part bien avec un riff que n’aurait pas renié Dimmu Borgir (oui, oui, encore eux) et une suite ravageuse maitrisée, quand surgit de nulle part un riff mélodique banal, un clavecin et pire que tout, un chant clair raté au possible, sans aucun charme ni aucune présence, la superposition de ces éléments mettant allègrement à bas l’édifice construit par les Indiens de Demonic resurrection. Argh. "A Tragedy Befallen" et "The Final Stand" nous admonestent elles aussi leur côté Children Of Bodom suranné, presque incongru quand on a écouté les autres titres bien plus réussi. Seul "Omega,I" parvient à ne pas trop se gaufrer avec des petites touches de chant clair – pas mieux qu’avant, mais le contexte le rend ici plus efficace. Toutefois, finir l’album sur cette touche mollassonne ne rend pas justice à Demonic Resusrection, dont leur troisième album comporte tout de même d’intéressants passages.


Constat relativement mitigé, donc, pour ce combo Indien que l’Europe et les USA vont découvrir grâce Candlelight. On sent que les membres du groupe ont écoutés jusqu’à plus soif les groupes dont il a été question dans cet article, et qu’ils en ont régurgité une certaine partie. Malheureusement, au lieu de rendre une substance fluide et homogène, il subsiste de gros grumeaux mal digérés qui font un peu tâche. Pour autant, il va s’agir de commencer à surveiller le gros milliard d’habitant de là-bas, parce que nous pourrions bien y dégotter quelques perles.


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