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CHRONIQUE PAR ...

71
Arroway's
Cette chronique a été mise en ligne le 29 août 2010
Sa note : 11/20

LINE UP

-Oihane
(chant)

-Beleak
(chant+guitare)

-Mikelot
(chant+guitare)

-Ibai
(piano+accordéon)

-Imanol
(violon)

-Egoitz
(claviers+basse)

-Fory
(batterie)

TRACKLIST

1)Kantauriko Trebain Erruak
2)Jentil Odola
3)Aintzinako Guduen Oroimenak
4)Akelarrearen Sua
5)Ekaitzaren Begitik
6)Arlekiña (Aiumeen Basoa)

DISCOGRAPHIE


Aiumeen Basoa - Iraganeko Bide Malkartsutik
(2010) - black metal folk pagan basque - Label : Erzsebet Records



Derrière ce nom de groupe exotique et ce titre d'album imprononçable – reconnaissons que Aiumeen Basoa commence pas mal avec cet Iraganeko Bide Malkartsutik – se tient une n-ième production de black métal folklorique. Le groupe n'est pas né de la dernière pluie puisqu'il a vaillamment subsisté, malgré des périodes creuses dues à l'instabilité de son line-up, depuis 1994 sans pour autant avoir jamais pu enregistrer de véritable album. Vous aviez pu jeter une oreille sur les folklores norvégien, celte, ukrainien… Mais cette fois c'est la contrée basque qui inspire – ou en tout cas tente de le faire – les mélodies d'Aiumeen Basoa.


Le groupe est basque. Bien. Concrètement, on a droit aux titres des morceaux et de l'album dans cette langue qu'est l'euskara, à des chants aux sonorités qui changent un peu de l'idiome norvégien, à des influences musicales que l'on rapprochera peut-être du folklore régional - sic. Au niveau promotionnel, il est certain que Aiumenn Basoa – est-il besoin de préciser que cette expression signifie « Forêt de Cris » ? Non ? Ah ben tant pis – a l'avantage de bénéficier d'une identité plutôt originale. Musicalement, c'est une autre affaire : le groupe officie dans un black/pagan métal bien ficelé mais sans surprise, qui entremêle au possible les séances extrêmes de blasts et de riffs rapides avec des mélodies en acoustique plus mélancoliques. Sur ce mélange assez conventionnel de métal folklorique se posent des chants clairs mixtes alternant avec des growls secs. Et si en ce qui concerne l'accompagnement, les musiciens s'en tirent bien, on ne peut malheureusement pas en dire autant au niveau des lignes de chant qui ne sont pas tout à fait satisfaisantes : les hurlements manquent de puissance et de coffre, les interventions au chant clair ne brillent pas toujours par leur mélodicité ou leur originalité – bien que certains passages mi-chantés, mi-criés aient un certain charme.

Il n'est pas aisé de s'approprier cet album dont les deux principaux écueils sont la longueur des morceaux – d'une moyenne de neuf minutes – et l'impression de répétition, renforcées par certains lieux communs qui s'invitent régulièrement tout le long de l'album. L'impression de nouveauté que l'on a pu avoir au tout début de la première écoute de l'album s'estompe très rapidement. Aiumeen Basoa, du métal folklorique basque ? Éliminez le dernier mot, il ne sert à rien dans la définition de la production musicale du groupe. Certains passages méritent pourtant d'être remarqués – ceux durant lesquels le groupe s'immerge complètement dans le folk acoustique ou les quelques fois où il se permet quelques digressions musicales un peu inattendues. Malgré tout, on reste dans une succession de blasts et d'accalmies acoustiques qui sonne parfois de manière routinière et qui souffre d'un manque de nuances entre les différentes atmosphères. L'album peine à susciter un véritable intérêt par certaines lacunes dans sa composition et dans sa forme : on aurait l'envie de dire, tout simplement, non pas en raison de son manque de potentiel – car Aiumeen Basoa a en mains certains cartes non négligeables - mais de maturité.


Iraganeko Bide Malkartsutik est un premier album honorable mais loin d'être transcendant. La qualité des compositions est variable entre le riff convenu et la mélodie parfois bien trouvée et bien marquée - mais sans plus. Les amateurs de black/pagan folklorique auront sans doute la curiosité d'aller y jeter une oreille, histoire de voir ce qui se cache derrière ces têtes basques.


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