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CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 14.5/20

LINE UP

-Mike Kameron
(claviers+chant)

-Eyal Levi
(guitare)

-Emil Werstler
(guitare)

-Jeremy Creamer
(basse)

-Kevin Talley
(batterie)

TRACKLIST

1)Subterfuge
2)From The Blind
3)Cosmic Forge
4)Sightless
5)Under A Bomber Sign
6)Ovum
7)Festival Mass Soulform
8)Above Lucium
9)Who Will Take The Blame
10)War Born (Tri-Adverserenade)
11)Dead On The Dancefloor
12)Blessed Through Misery
13)The Hinderers

DISCOGRAPHIE

The Hinderers (2007)
The Concealers (2009)
Daath (2010)

Daath - The Hinderers
(2007) - death metal indus - Label : Roadrunner Records



Daath est un groupe qui fascine un peu. Sortie plus ou moins de nulle part, voilà une formation qui se fait signer sur Roadrunner dès son deuxième album, qui se fait produire par James Murphy et qui compte en ses rangs un des meilleurs batteurs de métal du monde, j’ai nommé Kevin Talley (ex-Chimaira). Alignant un métal aussi fouillé et recherché que brutalement efficace, explorant les thèmes de la Kabbale sans s’y associer, étant capable d’évoquer tout aussi bien le death old school que le black symphonique ou un metalcore furieux et écorché, The Hinderers est une sacrée bête, un album qui ne laisse clairement pas indifférent. Analyse.

James Murphy n’est décidément pas le premier venu. Après avoir marqué toute une génération de guitaristes lors de ses passages dans Death, Obituary et Testament (rien que ça), l’homme est désormais une valeur sûre en ce qui concerne la production qui tâche. Le son de The Hinderers est absolument massif, très moderne tout en étant clair et brutal au possible. Chaque instrument bénéficie d’une prise de son exemplaire, et le mix d’Andy Sneap est à la limite du parfait. Une fois cet atout dans la manche, le groupe en profite pour poser ses compos qui touchent à tous les styles de métal, le growl écorché de Mike Kameron (Sean Farber ne chante pas sur l'album) servant de liant à la sauce. C’est ainsi que l’opener "Subterfuge" combine avec une facilité déconcertante feeling death, syncopes core et mélodies heavy, avant qu’un break amène des ambiances contemplatives au piano fort jolies. Kevin Talley se paye la part du lion, et ses parties de double-pédale hypersoniques émaillent l’album avec bonheur : quand cet homme part en blast-beat il fait limite froid dans le dos et mérite amplement une place auprès de références du genre telles que Gene Hoglan ou Max Duhamel de Kataklysm.

Dès la première écoute, Daath marque par sa capacité à lier efficacité et violence sans jamais perdre une once de crédibilité. Un titre comme "For The Blind" possède des passages extrêmement catchy qui rallieront les fans de Korn sans souci... tout en déchaînant un chaos thrashcore qui décoiffe. Le groupe étonne très vite par sa capacité à rester lui-même alors qu’il va piocher dans des domaines assez différents, en partie grâce à une utilisation du clavier très versatile. C’est ainsi que "Cosmic Forge" est un titre à la fois épique, gothique et mélodique, que "Festival Mass Soulform" rappelle autant les scènes scandinaves qu’américaines et que "Under A Somber Sign" renvoie directement à certains titres de Cradle Of Filth. Daath maîtrise l’art consommé du patchwork comme peu de groupes, réussissant à conserver un esprit général assez death tout en y ajoutant une foultitude d’éléments différents, tels l’electro, le heavy mélodique, des éléments pop / dancefloor / indus ("Who Will Take The Blame"), j’en passe et des meilleures... le seul problème étant que l’identité du groupe se dilue au passage et qu’aucun plan ne sonne vraiment Daath.


Car telle est la limite de ce The Hinderers : passée la baffe des premières écoutes et le respect qu’inspire la capacité du groupe à enchaîner tous les styles sans heurt aucun, il faut bien avouer que tout ça relève plus de copier-coller que d’une véritable identité de groupe. Ça reste impressionnant et arrache-molaires, mais on finit par être un peu frustré de voir le groupe ne pas suffisamment s’approprier ses (très) diverses influences. Espérons que Daath saura très vite corriger ce défaut, car sorti de cette critique on ne peut pas reprocher grand-chose à cet album. A écouter!


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